Archives pour la catégorie Souvenirs d’un enfant du (hard) rock… la suite !

Dans les Brumes Électriques #40

053Bonjour à tous !

Alors que cet édito était bien parti pour remettre une couche sur cette plaie que représente l’écriture de ces Brumes, travail de fourmi pour une contrepartie quasi-nulle, voilà-t-y pas qu’au gré de mes pérégrinations sur la toile pour savoir quand les billets pour le Hellfest 2017 seront enfin mis en vente (ils l’ont été depuis !), je visite la page Facebook du festival. Et sur cette page FB, à la suite d’une interview sur un « inconnu du festival », une discussion prend feu dans les commentaires. Point de départ de la rixe, je vous le donne en mille : le Hellfest, ben c’était mieux avant ! Autant vous dire qu’il n’a pas fallu 2 réponses pour que tout cela parte gentiment en vrille et se termine par quelques insultes (le metalleux étant poli à la base, ça n’a pas dépassé le stade du « con »). Ainsi, après plus de 10 ans d’existence, le Hellfest devient bel et bien victime de son succès et ce, par la main des « intégristes », ceux là même qui se proclament fans de metal. Ceux-là qui vous expliquent que le Hellfest, c’était mieux quand il y avait moins de groupes, moins de monde et que cela était réservé aux « vrais fans« . Ok, alors primo, depuis quand le metal devient une affaire d’élites ?  Il faut quoi pour être un « trve » ? Quel CV faut-il afficher ? Deuzio, pour un style dont les « fans » se veulent plus tolérants et ouverts que les clichés auxquels ils font face, comment peut-on faire des raccourcis aussi débiles que « y’a du monde que pour les têtes d’affiche et les mecs c’est que des touristes » ? Rammstein, c’est grand public ? Gojira, c’est grand public ? Faudrait arrêter de se la jouer deux minutes et stopper l’hémorragie de conneries comme quoi aller écouter les groupes qui passent sous les tentes (thématiques) est plus intéressant que se déplacer pour ceux sur les mainstages (génériques, et encore !). Quand on voit le prix du billet, qui avoisine les 200 euros, c’est évident que la majorité du public (qui avoisine, selon un commentaire éclairé, les 95% au doigt mouillé) ne vient que pour voir Rammstein et c’est marre. C’est vrai que le billet à ce prix, acheté sans savoir qui serait à l’affiche (en plus !), c’est vraiment donné. Quel dommage que le vrai metalleux soit pauvre, il se fait piquer la place par des opportunistes qui n’aiment même pas cette musique ! Les salauds ! Ils ont dénaturé notre festival qui n’appartenaient qu’à nous, entre consanguins bien contents d’être les seuls à écouter nos groupes inconnus qui refusent de percer parce qu’ils ne veulent pas être mainstream. Et dire que maintenant, ce sont des familles entières qui se rendent à ce festoche ! Des familles avec des ENFANTS !!! Mais ce sont même pas de vrais « fans » !!! Si par curiosité vous voulez toucher du doigt la philosophie de ce genre de pisse-aigre, essayez de supporter l’indigente vidéo d’un abruti qui compile tous les clichés du « vrai metalleu à ki on la fé pa, non mais ! » C’est ici ! Non, je ne fais pas apparaitre la vidéo sur ma page, je ne veux pas souiller mon travail.

 Bref, sorti de ce baratin de vieux croupis (qui continueront à exister) et sans vouloir entrer dans un détail et un débat sans fin, le Hellfest est la meilleure chose qui me soit arrivé cette année. Pour ma première édition, j’ai été transcendé car ce festival m’a emmené au-delà de mes espérances les plus folles. J’ai écouté de la musique, j’ai bu, mangé, ri, headbangué… Je me suis rarement senti aussi bien et aussi « chez moi » qu’à ce festival où tous les gens que j’ai pu croiser étaient gentils. Tout simplement gentils. Juste quelques centaines de milliers de kikis qui se rassemblent pour se sentir bien et se couper d’un monde absurde. 3 jours de paradis sur terre, sans haine ni violence, sans peur ni préjugés. Alors oui, tout n’était pas parfait : j’ai raté plein de groupes pour raisons diverses et variées, la boue, il faut faire la queue pour tout, avoir les yeux derrière la tête pour éviter un slammer fourbe… mais cela pèse assez peu comparée à l’euphorie durant ces trois jours. Alors si quelques dinosaures trouvent que « leur » festival a changé, rien ne les empêche de rester chez eux l’année prochaine et de faire la place à des gamins comme moi qui s’émerveilleront pendant ce long week-end. D’autant que d’autres sortent de terre et n’attendent que la passion de ces fiers auditeurs pour perdurer. Alors si le Hellfest ne vous plait plus parce que c’est très français de cracher dans la soupe, allez porter votre passion dans d’autres festoches plus confidentiels, ils n’attendent plus que vous. Après, vous pourrez consciencieusement les pourrir une fois qu’ils marcheront. Prochaine victime : le Motocultor ?

 Bon allez, on attaque ce numéro 53, novembre 1999, 38 FF. Pardon ? Où est passé octobre 1999 ? Mystère de la publication, mon cher lecteur. Et si tu insistes, je serai encore plus tenté de te répondre dans ton cReconnaissons déjà qu’il y a du mieux niveau couverture. C’est la même idée, c’est un portrait comme le mois dernier mais, au moins, cette fois on voit le visage. Bon, Fernando Ribeiro semble revenir de la mine avec son air maussade mais ne pinaillons pas, l’ensemble fait moins mille-feuille que précédemment. Tout est plus clair et lisible, mieux rangé et moins flashy… sauf les intertitres aux jeux de mots bien pourraves et surtout le petit Zack « force rouge » de la Rocha en bas à gauche !? WTF ? Il est dans la position du mec qui va te tordre les petites cuillères par la pensée (Uri Geller, si tu nous lis…). Bref, il y a du mieux et pas seulement niveau couv’, le magasine semble retrouver un peu ses marques. Je dis « un peu » parce que c’est encore corné par endroits mais j’ai la désagréable sensation que le numéro précédent n’était qu’un gros brouillon. D’autant qu’on y retrouve un peu les mêmes groupes, dont Moonspell qui a droit à une VRAIE interview et de vraies belles photos. Justice lui est rendue et il n’est pas le seul mais ne nous précipitons pas. Le chanteur lusitanien a donc loisir de s’exprimer plus avant sur ce nouvel album, The Butterfly Effect, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est une véritable pipelette. Cinq questions en tout, vous me direz que ça ne fait pas beaucoup, mais le bonhomme nous remplit tranquillement deux pages. Déjà, il nous expose le concept de l’effet papillon, que tout le monde a découvert en regardant Jurassic Park (et si vous ne l’avez pas vu, arrêtez tout de suite cette lecture, allez emprunter le film à un ami qui a bon goût et revenez une fois cette faute réparée !). Le chanteur ramène ce concept à un « niveau social et humain » et s’en sert comme « métaphore pour souligner l’importance de l’insignifiant. » Il développe l’idée que nos vies sont bien plus conditionnées par « les petits événements, par l’aléatoire que par toutes les choses que nous considérons comme absolues » et que ces « petites choses sans importance que nous vivons génèrent des émotions intenses et deviennent nos priorités.« 

 (Bon, faisons une pause. Histoire de joindre l’utile à l’agréable, je vous propose un petit interlude détente afin de parfaire votre art de l’origami en réalisant un superbe papillon en papier (rapport à l’album, tout ça…). Ne me remerciez pas, c’est cadeau ! Et suivez bien les numéros, un mauvais pliage peut tout foutre par terre !)

origami-cocotte

 Mais attention, car si « tout est conceptualisé« , The Butterfly Effect n’est pas un concept-album car même si on y trouve « une tension générale entre les morceaux qui se répondent mutuellement« , il s’agit surtout… d’un album de Moonspell ! « Un voyage qui, à la fois, t’emmène quelque part mais te permet aussi d’avoir ton propre espace de recherche. » Voyez ? Du coup, la religion, thème récurrent de leurs albums précédents, semble moins présente sur ce nouvel album et à cette question, le beau Fernando s’emballe et on commence à entrer dans une formulation rhétorique biscornue. Pour la faire simple, il est fasciné par les « effets totalitaires » de la religion, nous parle du matérialisme de l’église et mélange tout cela avec ses nouvelles chansons. On passe un peu du coq à l’âne, comme, par exemple, quand il nous parle d’une chanson (Soulitary Vice) qui traite au départ de la masturbation et qui finit par « la création de quelque chose ou quelqu’un par une autre personne » : « C’est l’idée que la mythologie égyptienne ou les dieux ont été créés par la masturbation. » Voyez ? Mais tout cela n’est qu’un échauffement : à la question suivante, le journaliste, cet inconscient, dresse un parallèle « lyriquement parlant » entre Moonspell et Marilyn Manson, au sujet de la religion et de leur intérêt pour l’humanité. Et alors là mes petits poulets, arrêtez de mâcher votre chewing-gum, coupez Maitre Gims qui passe en fond sonore pendant que vous lisez cet article et respirez un grand coup car je vais reproduire la réponse du musicien à cette question somme toute assez attrapable. Action !

 « C’est sûr qu’il est plus difficile de parler de sujets réalistes, mais ça l’est encore plus d’éviter d’en parler.Je crois que les Européens ont toujours été plus abstraits que les Américains. Je pense que tout le concept de la pop culture a détérioré beaucoup de choses. Même dans la culture abstraite européenne, les choses prennent aujourd’hui des significations qu’elles n’avaient pas avant. Si Andy Warhol était là, il prendrait sans doute cette bouteille de Perrier, la poserait sur la table et l’exposerait dans un musée. Il aurait soustrait l’objet son utilité première et fonctionnelle pour créer une œuvre d’art à partir de la réalité. C’est quelque chose qui est parfois difficile à endurer pour les Européens et que j’ai compris en lisant beaucoup de litterature americaine. Pas en l’étudiant, mais en étant du moins attentif à toute cette culture pop junk, si l’on peut appeler ça comme ça. Mais mis à part ces formes culturelles, quand tu réfléchis sur tes paroles ou sur le message et les valeurs qui se dégagent de ta musique, ils sont toujours humains. Si tu parles de dragons, tu en parles avec une approche humaine. Je ne crois pas que les dragons existent, mis à part dans l’esprit des gens. C’est une vision assez simpliste (ah bon ?!?) mais quand tu commences à réfléchir, disséquer et humaniser toutes ces choses, tu te retrouves devant une réalité qui est même plus étrange que la fiction. Je ne parle pas de réalité qui se manifeste quotidiennement mais de ce pont fragile entre la réalité et la fiction. C’est sur cette confusion que je base mes paroles.« 

Drunk 2

 On viendra me dire que les metalleux sont des viandards assoiffés de bières après ça. Heureusement qu’il y a Manowar pour se dégager un peu la tête. Bref, tout ça pour au final expliquer que les paroles de Marilyn Manson sont plus réalistes et personnelles que les siennes et que la différence tient au style d’écriture, plus dans l’abstrait et dans le jeu avec les différentes significations d’un mot. Et comme l’interview est sous le signe de la philosophie, il conclue sans prévenir par un « plus un groupe se développe et grandit, moins il fait la différence entre sa vie et sa musique et devient du coup plus transparent, plus cristallin. » J’ai pas compris !

 Je vous fais grâce de la dernière question qui aborde le sujet des femmes, autre thématique commune aux précédents albums, mais sachez que le brave Fernando y pense toujours beaucoup même s’il a laissé tomber l’idée de les comprendre. Et je ne peux qu’être d’accord avec lui sur sa dernière phrase : « Tout cela est vraiment déroutant. » A noter que le chanteur s’est aussi prêté à l’explication de textes de chaque titre de l’album, nous donnant sa version des choses, ses inspirations et ses sujets. Intéressant, comme cet entretien dans son ensemble.

 Bon, comme j’ai rien trouvé de bien probant de cette époque, je vous place un clip récent, vous n’y perdez pas au change.

  Allez, on reprend tout depuis la couverture, comme d’habitude. Et comme d’habitude, l’édito pose LA bonne question : « Le metal serait-il intelligent ? » Je vous épargne la réponse (regardez vous dans la glace si vous avez des doutes…) et, sacrebleu, « La rédaction » signe de nouveau ce navet cette bafouille. L’angoisse nous étreint. Ont-ils mangé Bonnet, excédés par ses phrases interminables dont le sens lui-même se perdait en route ? Autant stopper net ce suspens insoutenable : en réponse au courrier du Trasheur Fou (qui vomit sur le magazine « nouvelle formule » avec presque les mêmes remarques que moi et non je n’ai pas copié sa lettre !) s’interrogeant sur la disparition du sieur de ces augustes pages, HnH confirme qu’effectivement, Bonnet a pris la tangente « pour écrire ailleurs et sur tout autre chose que le metal. » Voilà, plus vague, tu meurs ! Et n’oublie pas d’envoyer une carte de temps en temps, hein. De mon souvenir, le bonhomme s’était reconverti en journaliste pour magazines avec de grosses carrosseries dedans. (WARNING : Blague machiste ahead !!!) C’est con, la vague des female-bands n’allait pas tarder à déferler sur une scène metal qui n’en demandait pas tant. (Vous pouvez revenir.)(Mais si, revenez, je déconnais je vous dis !)

 Pour le reste du courrier (interminable), citons Mathieu Lety qui vomit la nouvelle formule du magazine (décidément !) et trouve qu’il y a trop de black-metal au menu. Il a pas fini, le pauvre ! Oscar Aburto Hernandez (« El Oui-Oui ») d’Aix-En-Provence passe un petit coup de cirage, ce qui ne fait de mal à personne. Kurt trouve que les groupes de metal sonnent trop dark et que ce revival gothique n’est pas intéressant. Il prédit même qu’à ce rythme « les années 2000 risquent d’être glaciales et, à mon avis, on ne rira pas beaucoup. » C’est pas faux, mon gars ! Mlle Pauline Gerald de St-Jean de la Ruelle nous décrit avec une naïveté confondante sa passion pour le metal, le tout enrobé d’un art de la poésie sombre dont je vous fais grâce par pure charité chrétienne. Enfin, Corben Tanathos du 29 gueule que les groupes de metal français soient si peu représentés dans la presse spécialisée. Pas bégueule, HnH répond à sa longue lettre d’un lapidaire : « C’est promis et enregistré, on fera plus sur la scène française. » Et va jouer maintenant, tu nous embêtes ! Le pire, c’est que le monsieur avait raison, les groupes étrangers bouffaient tout l’espace pendant que des groupes bossaient dur pour essayer de faire vivre cette scène hexagonale. Ceci dit, mis à part quelques noms, la majorité n’était pas encore franchement intéressant. Mais ça va venir, c’est bientôt là, soyez patients…

 La Heavy Rotation affiche le tiercé gagnant suivant : Rhapsody, Iron Maiden (pour Virtual XI… heu… hein ?) et Children Of Bodom. Passons aux news qui sont… attendez… non… pas là non plus… non… mais mais… HO PUTAIN !!! C’est tellement bourré de pubs qu’on ne les voit même plus ! Sans rire, à titre d’exemple, sur deux pages, les news tiennent sur une DEMI-PAGE ! UNE DEMI-PUTAIN-DE-PAGE ! C’est la banqueroute à ce point pour en foutre partout ? C’est plus un magazine, c’est le site web de Canal + ! Enfinbref, serrées comme des sardines, on y trouve quelques news intéressantes comme la sortie de pleins de live en vidéos de Queen, du plus culte (Live At Wembley) aux plus rares (Rare Live le bien nommé), ainsi que tous leurs vidéoclips (Box of Flix), documentaires (Magic Years, Champions Of The World) et concert hommage (The Freddy Mercury Tribute de 1992). Un menu copieux dont on bouffe encore les restes aujourd’hui, ô joie du marketing à outrance ! Mais ne faisons pas les dédaigneux, Queen est un très grand groupe dont le line-up n’a pas changé en près de 20 ans d’existence. Un exploit ! C’est pas Iron Maiden qui dira le contraire !

Et si ça te plaît pas, tu retournes chez ta mère !

 On poursuit avec l’arlésienne Guns N’Roses (ou le Axel Rose Band, je ne sais plus trop…) qui annonce UN nouveau titre à paraitre sur la bande originale du film End Of Days (La Fin Des Temps pour les anglicistes raffinés), un gros navet avec Arnold « T2 » Schwarzenegger. Le morceau est présenté comme « une description des émotions vécues lors d’une agonie » ce qui résume parfaitement l’état du groupe en 1999 ainsi que celui de ses fans encore vivants (27 au dernier recensement avant l’an 2000). Loin de tout ça, le groupe bordelais Nihil s’attelait à la tâche de leur premier album, comme Deftones avec son futur White Pony tandis que Metallica se voit biographer d’une honteuse merde d’un petit bouquin dans la collection CD Rock, encore trouvable aujourd’hui à 15 euros (de trop) sur Amazon. La rubrique nécrologique ce mois-ci se rallonge grâce à l’arrivée en France du label grec Black Lotus, via Wet Music (déjà « responsable« , comme le souligne le journal, des sorties des Semitones, Artsonic, Shovel et Watcha, tous décédés depuis) qui va se charger de distribuer quelques poulains en nos vertes contrées. Je vous passe les noms des trois gagnants qui iront bouffer les pissenlits par la racine en moins de deux, j’ai une âme charitable. Et en parlant de funérailles, un ‘tite news sur Type O Negative qui a tourné le clip de Everything Dies. Petite explication du chanteur/bassiste Peter « Green Man » Steele : « (…) je ne suis pas très content de la façon dont la vie est faite et je ne suis pas très satisfait de Dieu qui, s’il existe, donne puis reprend. Si c’est censé me rendre plus fort, alors ça a l’effet inverse. » Clap your hands if you’re happy ! Toujours dans le domaine du clip, Marilyn Manson s’est encore attiré les foudres de la bien-pensante Amérique avec sa nouvelle vidéo, Coma White, remake de l’assassinat de JFK avec Manson dans le rôle du président, président qui se fait mettre en croix d’ailleurs à la fin du clip. Évidemment, ça coince (l’eusses-tu cru ?) et Manson se justifie de façon alambiquée, jurant qu’il ne voulait pas offenser mais rendre hommage « à des hommes comme Jésus Christ et JFK, morts entre les mains d’une humanité assoiffée de violence. » Ouais mais trop compliqué quand même, Mary ! Et puisque nous sommes dans la religion, parlons des punks de Amen (ces enchainements, mes enfants ! Tu verrais pas ça dans L’Obs !). Vous ne le savez pas encore mais ces joyeux troubadours ont à leur tête un zozo du nom de Casey Chaos (toute une promesse !) qui n’a rien trouvé de mieux, durant une session d’enregistrement, que de se couper la main avec une lame de rasoir, sectionnant l’artère principale au passage. Et il s’est aussi fracturé une côte en fendant une étagère. L’histoire n’explique ni pourquoi, ni comment et c’est bien dommage, les occasions de rigoler un peu manquent en ce moment. Loudblast sort une compilation mettant un point définitif à sa carrière (on en rit encore !) et des rumeurs mauvaises annoncent un avenir mal emboité pour Alice In Chains. Malheureusement, elles auront raison.

 Allez, pour se remonter le moral, on rejoint Peter Steele une nouvelle fois pour la rubrique Mes Skeuds A Moi et vu la tronche qu’il tire (une imitation réussie de François Fillon lisant son programme !), ça va être une bonne tranche de rire. Le gars reste assez sobre, citant pêle-mêle les Beatles, Cocteau Twins, Black Sabbath, My Bloody Valentine et… Type O Negative pour la pochette d’album la plus laide avec The Origin Of The Feces. C’est un peu dur, elle est pas si mal (je parle de la version « censurée »). Pour le Quizzzz, c’est Flake Lorenz, le clavier de Rammstein qui se fait humilier de toutes les manières possibles à chaque show, qui s’y colle et c’est illustré par une photo de Till Lindemann au micro. Tout va bien… Pour le reste, Flake nous apprend que si il était président de son pays, il arrêterait la production de voitures, qu’il aime bien Nina Hagen, que le malentendu le plus répandu sur le groupe est qu’il joue pour un public de fachos et qu’être le jouet sexuel de Till sur scène ne le dérange plus : « C’est un jeu !« 

buck dichIl y a des jeux qui finissent en prison pour moins que ça…

 Alors, n’ayant pas eu l’occasion de m’organiser un peu mieux lors de la rédaction du précédent numéro, je chamboule le nouvel ordre de notre HnH pour revenir à l’ancienne méthode. Comme je vous l’avais expliqué, les courtes interviews Spots sont désormais reléguées parmi les chroniques de disques. Pourquoi pas, l’idée n’est pas plus mauvaise qu’une autre. De mon côté, afin de rendre l’ensemble un peu plus digeste et moins bordélique, j’ai décidé de reprendre ces mini-interviews ici avant d’attaquer les « grosses » interviews et terminer avec les chroniques de disques. Je me doute que vous vous en foutez éperdument mais cela permettra de garder une lecture plus facile. Dont acte, voici les Spots :

 – Bewitched nous présente son troisième album, At The Gates Of Hell, qualifié de « black-metal old-school » au milieu des chroniques heavy. Ce dernier terme convient mieux à la musique du trio de cuir vêtu, tant sa musique se rapproche plus d’un Venom avec une voix plus criarde mais loin des canons black du genre. Pour le reste, départ et remplacement de musiciens et un discours sur le satanisme moins bas du front qu’à l’accoutumé, le chanteur ayant lu la Bible en entier afin d’analyser son contenu. Chapeau !

 – Nightmare était de retour, se reformant après un hiatus de douze ans. Je ne comprends rien à l’article (qui n’est même pas une interview mais une lettre d’amour de Rabasse au groupe). Bon, faudrait mener plus avant l’enquête mais vu que j’en ai rien à branler de Nightmare et de cette scène metal française poussive des années 80… Raus !

 – Je passe l’entretien avec At Vance (sauf si leurs trois derniers fans me le demandent… Non ? Merci !) pour prendre un peu plus de temps avec Opeth. Permettez-moi d’ailleurs de revêtir ma cape de vieux con une minute, tel un Dr Strange du metal.

shazam-logoTransformation !

 Opeth, c’était mieux avant ! Voilà, c’est dit, j’assume ! C’était beau, c’était fort, c’était mélodique et, surtout, c’était metal, un terme que Mikaël Akerfeldt ne semble plus apprécier aujourd’hui. Tant pis pour lui si il dédaigne avoir gravé des chefs-d’œuvre au prétexte d’une liberté musicale qui lui paraissait étranglée dans ce style. Alors c’est bien sûr un vaste débat et j’accepte qu’un artiste veuille « évoluer » mais cracher dans la soupe comme il le fait depuis trois albums, je l’avale de travers. Du coup, pardon Mika mais tes divagations progressives et autres libertés musicales, rien à foutre ! Qui plus est, quand on fait Storm Of Corrosion, on aurait même plutôt tendance à s’excuser par la suite d’avoir pris ses fans pour des dindons. Donc, le vrai Opeth est là, en 1999 et quelques années encore avant l’épiphanie musicale qui va suivre. C’est un choc de revoir un Akerfeldt au visage rond et bien portant, lui qui a dû suivre un régime Dukan hardcore pour ressembler à une brindille désormais. Enfinbref, 1999, Still Life, quatrième album, magnifique, mais Opeth restait un « petit » groupe qui avançait vaillamment, sans le moindre compromis, avec une musique labyrinthique, travaillée et émotionnelle. Et c’est un Akerfeldt timide qui analyse les prémisses du succès, notamment de la part de fans de la première heure trouvant les morceaux de l’album précédent, My Arms, Your Hearse, trop courts : « La majorité faisait quand même entre six et huit minutes ! » Si Still Life renoue avec des compositions plus longues, il est aussi basé sur une « nouvelle dynamique » qui amplifie « chaque émotion, chaque riff, chaque parole. » Et pour lui, le terme « progressif » n’est pas un genre musical mais « un état d’esprit, l’envie de repousser ses propres limites, de progresser tout simplement ! » Un état d’esprit qu’il suivra donc jusqu’au bout. Toute cette papote se termine autour de ses différents projets parallèles : Steel, Särskogen… et un certain Bloodbath, né d’une bonne biture entre lui, Dan Swano et le chanteur de Katatonia : « On a écrit et enregistré en une soirée 3 morceaux 100% pur death, rapide, violent et ne parlant que de cadavres et d’occultisme. On n’a pas pris la chose très au sérieux, contrairement à la maison de disques qui veut le sortir ! » Les choses naissent parfois de drôles de manières.

 – Un petit mot avec Agressor (cocorico !), notre père à tous qui revient d’entre les morts avec un nouvel album, Medieval Rites. Un parcours semé d’embûches pour un groupe qui était un peu là avant tout le monde et dont le leader Alex Colain-Tocquaine avait jeté l’éponge en 1996 : problèmes avec le label (avec un album enregistré mais jamais sorti au final), problèmes d’argent, problèmes de line-up… Mais après quelques boulots alimentaires, le voilà qui réanime la bête et s’entoure de musiciens de studio pour mettre en boite ce nouvel opus aux ambiances variées : death, black, acoustique, vocaux féminins… « Je n’ai rien fait pendant trop longtemps et je suis bien décidé à montrer à tous les groupes d’aujourd’hui qu’ils n’ont rien à m’apprendre !« 

 – Gothic a un nom trompeur car c’est bien de death/hardcore/grind, plus plein d’autres sons dans la tambouille (techno, rap, trip-hop, n’en jetez plus !), que l’on parle ici. « On voulait faire un album hardcore dans le sens noble du terme. (…) Notre but était que l’ensemble soit homogène et extrême (…) On ne veut pas faire du death comme on en faisait en 1988. Merde, c’est bientôt l’an 2000 ! Il est essentiel de se réinventer si on veut survivre et perdurer. » Un discours un poil présomptueux mais chargé de bien belles ambitions. D’autant que Gothic a un autre message à délivrer : « On vient de la rue, des cités dortoirs de la banlieue parisienne. Désolé mais des mecs qui se baladent avec des épées en plastoc dans la forêt, cela me fait rire. Nous, c’est le quotidien qui nous entoure : le chômage, des amis en taule, la drogue, la solitude… » Punk dans l’esprit, c’est sur leur propre label, Mafia Underground, qu’ils se développent. Indépendance, volonté de faire avancer le schmilblick, « Do It Yourself »… La scène metal française n’a jamais baissé les bras.

 – On croise Betray My Secrets, groupe allemand, et l’on sent poindre la limite de ces mini-interviews à travers ce portrait qui dresse la liste des musiciens itinérants ayant participé à ce projet et son leader devenu végétarien, écologique et très méfiant envers les médias. Ouais ouais… Et cette impression de prendre de la place sans avoir rien à dire de perdurer avec Inhaler, groupe anglais faisant de l’indus-metal et dont le leader passe son temps à composer, est très timide et écrit des chansons de science-fiction. Mais le pic est atteint avec Scheitan dont le Spots consacré n’est qu’une simple biographie du groupe sans aucune interview. Super, surtout que leur nouvel album se fait défoncer dans la colonne à côté. Pourquoi y perdre une demi-page alors ? Mystère et bubble-gum…

Comment ça, vous ne connaissez pas Jared Dines ?

 Allez, on reprend les grosses interviews avec Septic Flesh, des grecs que HnH signifie par ce joli titre « Hellénique ta mère. » Nous avons failli flirter avec le bon goût mais non ! Un entretien dense lui aussi à l’instar de Moonspell, non pas par la longueur du texte mais par les thématiques abordées. On apprend ainsi que Revolution DNA aborde les phénomènes cosmologiques et astronomiques, l’histoire (vraie ?) d’un scientifique parti au pôle nord et y sacrifiant sa vie pour le bénéfice de la science, la mémoire et, comme l’indique son titre, l’A.D.N. et les « évolutions scientifiques et technologiques actuelles et plus particulièrement [le] décodage des molécules d’A.D.N. que l’on trouve dans le noyau des cellules des êtres vivants, y compris l’Homme » avec tout ce que cela peut induire de modifications de la race humaine. Spiros, le guitariste à qui on a tendu le microphone, explique aussi que DNA pourrait se traduite par Dark New Ages à cause du passage au nouveau millénaire. Vous sentez poindre une petite migraine ? Alors, allez chercher du Nurofen parce que la suite va être d’un autre niveau ne touchant plus une minute à la sphère metal. Et tout ça démarre pourtant d’une question anodine concernant la chanson Chaostar. L’évolution de leur style musical s’éloignant drastiquement de leurs débuts, le groupe a un temps songé transformer son nom Septic Flesh en Chaostar. Le reste appartient à l’histoire : les fans rejetteront l’idée en bloc et Chaostar deviendra un projet solo néo-classique. Jusqu’ici, rien de grave. Sauf que…

 « C’est moi qui ait mélangé les termes chaos et star, cela symbolise bien mon idéologie. Cela a la même signification que Phénix ou Dragon. C’est le numéro un, la Matrice. » Donc là, Rabasse secoue son téléphone, se nettoie l’oreille et pense que c’est Bonnet qui lui fait une mauvaise blague. Du coup, il répond ce que tout homme sensé répondrait à ce moment-là : « Hein ? » Spiros, prenant ça pour une invitation à continuer, continue : « Disons que notre réalité constitue une entité et qu’il existe une multitude d’entités qui compose un grand tout. Mais la chose la plus importante, primordiale, est celle que l’on retrouve dans tous les aspects de la réalité. Ce que les alchimistes appelait (paye ta faute !) l’essence, l’Or, la pierre philosophale. C’est ce que moi j’appelle Chaostar. La conscience première. » Et quand Rabasse, le fou, le lance alors sur l’astronomie et le Big Bang et que le guitariste rétorque aussi sec : « Je ne crois pas à la théorie du Big Bang. Je ne suis pas le seul d’ailleurs« , vous comprenez que question metal, c’est mort ! Je vous fais donc grâce de la suite, sauf si parler de modèle stationnaire, d’Univers persistant, de phase d’expansion, de contraction et de Hubble vous rend tout chose auquel cas, je ne peux rien faire pour vous. Alors certes, ça sort des sentiers battus mais niveau musique et composition, vous pouvez vous brosser le crin vigoureusement.

aspirine-dans-verre-deauComme ça, on reste dans l’ambiance.

 On va se détendre un peu les neurones avec Rage Against The Machine, non pas que leur discours soit bas de plafond mais il restera plus terre-à-terre. D’autant que l’interview se faisant par fax interposé (trop rebelle !), entrainant un échange réduit à zéro, ça donne un Tom Morello (guitares) qui peut dérouler comme il veut, personne ne va le contredire. Et ça commence pied au plancher avec un « cet album est meilleur que le précédent, les chansons sont géniales, tout va très bien ! » jamais entendu ailleurs ! Et bien sûr, on en met une couche sur le côté politique de la troupe : « Rage est un groupe de rock « politique » qui ne s’excuse pas de l’être ! Aux USA, le terme « politically correct » a été inventé par les Conservateurs pour rabaisser les artistes ou les gens qui avaient décidé de prendre position sur les questions politiques. » Première nouvelle ! Le bonhomme n’hésite pas à rappeler leur concert en faveur de Mumia Abu-Jamal, un condamné à mort « injustement emprisonné dans le New Jersey« , pour mettre en exergue le pouvoir de la musique en réponse à l’injustice puisque qu’ils ont pu lever suffisamment de fonds pour pourvoir son procès en appel. Là où ça devient cocasse, c’est la façon dont Tom Morello parle de ce prisonnier : « C’est un important dissident politique que le système judiciaire américain essaie d’écraser depuis des années. » Tout est dans le choix des mots, tous empreints d’un sens de la mesure évident. Moi, ça me rappelle quelque chose…

  Compte tenu de la condition initiale de l’entretien, les questions passent du coq à l’âne et rendent tout ça fort décousu. On aborde donc le succès (évidemment inattendu puisque les riffs sont violents avec « un contenu politique révolutionnaire extrêmement agressif » et qu’ils n’ont « jamais eu d’ambitions commerciales« … À se demander pourquoi ils sortent des disques !), que le groupe n’est jamais plus fort qu’ensemble, que RATM est le pur produit de la Californie, melting-pot de punk, heavy et culture urbaine et que former un groupe de rock entraine de grosses pressions personnelles pouvant rejaillir sur la créativité. Comment, on ne le saura pas ! Si on passe l’aspect carrément auto-proclamé de Zorro musical et politique, et la certitude d’être un acteur turbulent dans l’engagement politique, Tom Morello répond exactement là où on l’attend, figé dans l’image que Rage souhaitait se créer depuis le début. Quand on démarre et qu’on est mort de faim, ça passe. Quand on sort son troisième album chez Epic/Sony Music, c’est que quelque part on arrange aussi un peu le système. Certains artistes l’acceptent, d’autres surjouent. Particulièrement quand on en rajoute plusieurs fois sur le côté « lonesome cowboy » (« Compte tenu de la particularité de notre engagement idéologique, c’est vrai que nous sommes toujours plutôt isolés sur le terrain US.« ) au point de développer une condescendance par rapport aux autres groupes qui frise le ridicule (« Cela ne nous empêche cependant pas de partager quelques fois et au coup par coup certaines valeurs avec d’autres artistes. » Messire est trop généreux…) avant de se mordre la queue (« Et puis il y a tous les artistes avec lesquels nous nous sentons bien et avec lesquels nous aimons travailler sans pour autant partager les mêmes vues. » Donc, en gros, on traîne avec tout le monde, quoi… « Et ils sont trop nombreux pour que je les nomme » No comment !). Après quelques dernières tirades sur la pression politique personnelle et l’absence de pression financière (bizarrement non développée), que la pauvreté n’est pas seulement d’ordre économique (« Je connais des gens extrêmement riches qui sont très pauvres dans d’autres domaines. Et inversement… » Wow ! Je vous laisse avec ça.) et qu’être américain n’est pas spécifiquement biologique mais plutôt culturel (surtout pour le pire, dit-il), on conclue avec un auto-compliment où, à la question de savoir si Tom Morello s’apprécie en tant qu’individu, celui-ci répond qu’il est assez content de lui. Heu… C’est moi ou il passe un peu à côté de la question ? En tout cas, une telle modestie dans le discours, un tel sens de la mesure, une telle humilité… Pfiou, j’avais pas vu ça depuis Glen Danzig dites donc.

Ceci dit, plaisanterie mise à part, RATM a été une grenade dégoupillée salvatrice dans les années 90 et quatre excellents musiciens animés d’un discours politique hérité de la ligne dure du Rap US et du hardcore ne peuvent pas faire de mal. On se retrouve aux chroniques pour parler du disque et on va se décrasser un peu les oreilles en attendant.

 Moins nombriliste (encore que…), Bruce Dickinson présentait à l’époque Scream For Me Brazil, un live enregistré… au Brésil (merci Héphaïstos !) ! Alors, pour resituer l’ambiance, le bonhomme était revenu depuis peu au sein de Iron Maiden qu’il avait quitté avec quelques pertes et fracas, les deux entités s’étant par la suite échangés quelques noms d’oiseaux par presse interposée… et voilà qu’il sort un live de sa période solo ! Sachant que c’était ce genre d’envie d’ailleurs qui avait créé cette scission originelle, n’y a-t-il pas dans cette démarche une forme de provocation ? Le journaliste de HnH prend alors sa déontologie à deux mains et s’en est allé interroger le gaillard, une interview menée par… Xavier Bonnet ?? Wtf ?? Mais c’est le Sarkozy de la presse metal ou quoi ?

 Bref, dès la première ligne, nous retrouvons ce sens de l’écriture Bonnetienne (qui va me manquer, si si…) avec une anecdote hilarante puisqu’on apprend que le sieur Dickinson, pilote professionnel de son état, a failli mourir en plein air après qu’un incendie s’est déclarée dans son appareil. Ha ha ha, arrêtez, j’en peux plus ! Donc, cette petite digression faite, on papote du public sud-américain et son rapport chaud-bouillant à notre musique favorite : « Depuis 10 ans, le Brésil est peut-être le pays le plus fidèle au metal. (…) Les gens là-bas n’hésitent pas à se laisser aller aux émotions que la musique leur suggère… Ils ont gardé cette fraicheur qu’un public européen, américain, voire japonais, ont un peu perdu. » Pour une fois, ce n’est pas de la langue de bois car qui a déjà vu l’ambiance et la ferveur d’un public metal d’Amérique du Sud s’en souvient longtemps. Bon, Dickinson reste Dickinson et ne peut s’empêcher d’écraser la craie quand il développe le sujet : « Quand tu vas en Amérique du Sud, tu sais que le public va vraiment écouter et tout partager avec toi qui es sur scène. (…) Là où dans d’autres endroits comme Los Angeles ou Londres, tu sais que tu n’as rien à attendre parce que les gens sont trop occupés à regarder leur reflet dans un miroir ! » Ben n’y va pas si ça t’emmerde ! Et rien ne l’arrête : « (…) devant un public comme en Amérique du Sud, tu te mets à son service, tu travailles pour lui, tu travailles pour lui offrir quelque chose… » ; « Sao Paulo est à bien des niveaux la capitale brésilienne du metal. Tout le monde parle de Rio-ci, Rio-là, alors que Sao Paulo a toujours été plus intense. » Blablabla…

savMerci Bruce !

Ensuite, Bruce nous joue au con. Quand Bonnet lui demande si la sortie de cet album ne va pas encore gratter quelques derniers deniers dans le porte-monnaie des fans déjà heureux mais exsangues de la grande tournée de reformation de Iron Maiden, il répond du tic-et-tac que cela n’a rien à voir. Bonnet, précurseur de Médiapart, insiste, ce qui donne un grand numéro de ping-pong :

« – Tu sais parfaitement bien qui ira l’acheter…

  – Oui, mes fans !

 – Et tu sais que c’est chez Maiden qu’on les trouve pour une grande part !

 – Oui, mais ce sont AUSSI mes fans.« 

 Cette naïveté de croire que tout ça n’interfère pas et que les fans, ces vaches à lait respectables, n’y verront que du feu. Que sortir un live est logique après tant d’albums solo mais qui si on agite un calendrier de sortie assez orienté « pognon » sous son nez, ben non, il dit qu’il voit pas le rapport… Pour Bruce « le public est tout à fait à même de faire ses propres choix » et caetera… Être le chanteur d’un des plus grands groupe de metal du monde et penser que tout ce qu’on fait ne sera pas associé l’un à l’autre, ça me laisse un peu perplexe. Ceci dit, il a raison : les gens font ce qu’ils veulent mais un « fan » peut-il être encore considéré comme une personne lambda ? D’autant que quand Bonnet lui met à plat que son activité solo forcenée peut être vue comme un retour à « mi-temps » chez Maiden, le chanteur lui saute à la gorge : « Non, non, trois fois non. Je me consacre à Maiden à 100% et l’éventualité d’un prochain album solo, je n’y pense même pas à l’heure actuelle ! » Et, si faire des albums solo est « fun« , pour prouver sa bonne foi, il précise bien que si une idée forte lui vient à l’esprit, « c’est à Maiden que je la proposerai en priorité. » C’est beau… sauf qu’à la fin de l’interview, il extrapole sur son possible futur album qui sera « étrange » et loin des desiderata commerciales… ce qui donnera Tyranny Of Souls en 2005… MOUAIS ! Pour le geste anti-commercial et l’expression artistique qui ne rentre pas dans le cadre (comme il le dit lui-même), on repassera ! Pour le reste, ça cause de ses volontés d’avenir au sein de Maiden. Bref, un Dickinson en mode mineur au final.

Et voici donc, dans une qualité dégueulasse, un extrait de ce futur album « étrange et dégagé de ses contraintes commerciales ».

 Nous terminerons avec les français de S.U.P., qui ont donc enfin droit à une véritable place et non un misérable coin de page pour rien dire comme ce fut le cas au dernier numéro. Hein ? Oui, je m’arrête avec eux puisque les groupes qui suivent, à savoir Virgin Steele, Crimson Glory, Luca Turilli (au grand désespoir de Héphaïstos !) et Consortium Project, je m’en bats les pelotes avec une force qui frise l’admiration dans certains milieux autorisés. Si vous croyiez encore que j’allais me taper TOUTES les interviews de chaque magasine, c’est que vous n’avez toujours pas compris ce blog. Voilà, ceci étant posé, revenons à S.U.P. (Spherical Unit Provided) qui fait donc suite à Supuration et SUP et est toujours tenu par les frères Loez. Un nouvel album, Chronophobia, encensé en ces pages et une ambiance de fête digne d’une première partie de Patrick Sébastien.

supPouet-pouet les n’enfants !

 S.U.P. a toujours été un groupe « difficile » à suivre, évoluant au gré de ses envies, de ses changements de nom et de style, perdant l’auditeur lambda dans ses univers tortueux. Il reste malgré tout une exigence de qualité qui ne se dément pas dans l’ensemble de ses travaux et chaque album est une occasion d’aborder un thème particulier et, en général, très peu traité dans la sphère metal. Loin des classiques paroles guerrières, sataniques ou satanico-guerrières, S.U.P. parle de l’absurdité de la vie, de la mort, de l’intelligence artificielle, de l’autisme ou, comme c’est le cas présentement, de la gémellité. Vous vous souvenez des sorties précédentes de Moonspell et de Septic Flesh ? Mesdames et Messieurs, Ludovic Loez !

 « Au départ, j’avais écrit un texte sur un mec qui vivait sa vie à l’envers. Le lendemain, c’est la veille. Le surlendemain, l’avant-veille, etc. Le mec a une trentaine d’années, donc il a vécu trente ans. Ça fait qu’il a soixante ans, mais en fait il en a toujours trente. Je le faisais mourir à la fin, dans un hôpital. Il arrive trente ans avant pour assister à sa naissance, mais avec la même apparence. Et, là, surprise, il y a des jumeaux ! Il a donc un frère. Il ne le savait pas parce que ses parents sont morts. Sa mère à sa naissance et son père après le décès de sa femme (il court dans la rue et se fait renverser par un poids lourd). Comme ça, en français, c’est assez bizarre, mais bon…« 

running-gifAttendez ! C’est pas fini !!

 « Il devait mourir à la fin normalement mais là, il s’aperçoit qu’il y a des jumeaux. Le truc, c’est que depuis le début du disque, les sept premiers morceaux en fait, il est déjà mort, coincé dans la glace. En fait, il délire complétement. Ces sept morceaux durent le temps de sa mort si tu veux. Alors, pourquoi est-il mort coincé dans la glace ? Parce qu’il est parti rejoindre son frère jumeau qui, ayant décidé d’aller vivre seul, abandonné de tous, s’est exilé dans le Grand Nord. Les trois derniers morceaux du disque, c’est la vision de l’autre frère. Celui qui vivait isolé. Comme le premier frère est en lévitation (????), il se voit marcher. Mais en fait, non ! C’est son frère jumeau qu’il voit. Après à la fin, c’est un peu comme Notre Dame De Paris (rires). Il y a un des frères jumeaux, celui qui est toujours vivant, qui, sentant la présence de son frère approcher, décide de partir à sa rencontre. Mais quand il arrive, son frère est mort gelé, coincé à la taille, et il se laisse mourir à ses cotés pour ne plus jamais être seul. Parce qu’il s’est rendu compte que l’amour fraternel est plus important que n’importe quel autre amour.« 

tex-averyMais calmez-vous, voyons, c’est fini !

 Bref, inutile d’aller plus loin, nous avons tous notre petit début de migraine qui revient après Moonspell et Septic Flesh mais comme je m’en voudrai de réduire ce disque et ce groupe à un album concept au résumé imbitable, je vous résume le reste de l’entretien qui se concentre donc sur la gémellité, la part autobiographique des textes, la relation spéciale qui existe entre frères et/ou sœurs, une observation assez négative et pessimiste des autres (découlant d’un comportement très solitaire dudit Loez) et une conclusion sur l’utilité d’avoir un travail qui nous passionne afin de lutter contre l’oisiveté « mais pas pour faire n’importe quoi » : « Si tu as un boulot qui ne t’intéresse pas, autant ne rien faire. » Vaste débat, aujourd’hui encore. Pour terminer, l’album est fascinant, typique des univers hermétiques et froid des frères Loez mais avec un petit quelque chose qui ne les enferme pas dans un projet autiste pour autant. Et dernière particularité, les textes sont traduits en quatre langues !

 Les dernières interviews expédiées comme expliqué plus haut, nous nous retrouvons pour la partie Chroniques. Et on va continuer apparemment à faire au plus court puisque l’album du mois est le dernier Vanden Plas, Far Off Grace. La mise en page reste aussi moche que pour le mois d’avant : une photo ne mettant pas en valeur le groupe (là, on a un mec tout seul avec des lunettes noires assis sur des marches… Super !), la pochette (moche) de l’album représentée façon CD cristal et un texte en tout petit. Néanmoins, reconnaissons que toute la maquette concernant cette partie du magazine est beaucoup mieux présentée (rangée ?) que le numéro 52 de sinistre mémoire : tout est lisible, plus clair et mieux ordonné là aussi, à l’instar de la couverture. Toujours coupée en trois, certes mais tout cela fait plus professionnel, ce qui confirme l’idée que le magasine précédent fut réalisé à l’arraché. Et oui, vous avez bien lu : je ne parle absolument pas de l’album vu que je m’en fous !

 Trois partie, donc. Je ne m’attarderai pas sur la partie HEAVY parce que ça m’emmerde mais, professionnalisme oblige, pour les disques mis en avant, on retrouve Royal Hunt avec Fear et Dream Theater avec Scenes From A Memory. 4 étoiles pour chacun. Voilà voilà, je suis à fond… Bruce Dickinson se prend 4 aussi avec Scream For Me Brazil mais c’est normal, ce mec est un monstre sur scène. En cherchant bien, on trouve quand même Cathedral qui balance une réédition de In Memoriam et cela me rappelle à quel point ce groupe était formidable. Rabasse, au terme d’une critique incompréhensible, lâche « sacrément culte » pour désigner le combo et je ne peux qu’agréer. Pour le reste, Great White, Lefay, Lynyrd Skynyrd et, ho ben dites donc, comment il est entré ? Yngwie Malmsteen’s Rising Force, messieurs dames ! Mort de lol, comme disent les jeunes qui fument de l’herbe de Jamaïque en bas de chez moi. Évidemment, si je dis que le sieur sortait en 1999 un album de death progressif, personne ne me croirait puisque en 2016 il continue encore à sortir les mêmes disques de heavy-speed-néoclassique plein de soli exécutés à la vitesse de la lumière. L’hibernatus du metal !

 Je cite pour la beauté du geste l’album tribute Holy Dio, en hommage à… ? Personne ne suit ! Bref, on passe à la partie EXTREME et quasi d’entrée de jeu, Brutal Truth ! Oui, « quasi d’entrée » puisqu’on croise d’abord A.N.I.M.A.L. (du thrash argentin, enchanté !) et Autumn Leaves (plutôt bien noté), deux groupes passablement oubliés, si on prend « passablement » dans le sens de « carrément ». Bref, le culte de chez culte Brutal Truth qui jetait l’éponge à la presque fin du millénaire et balançait aux foules orphelines son double pavé Goodbye Cruel World – Live From Planet Earth, mi-live, mi-nawak. C’est inaudible, ça va trop vite, c’est punk, ça défoule. Et de toutes façons, quand on a sorti comme premier album une pierre angulaire du genre, on a à s’excuser de rien. Allez, pour le plaisir… Une douceur ?

 Mais Brutal Truth n’est que l’arbre qui cache l’immense forêt car le reste se décarcasse plutôt pas mal. En disque « pas du mois mais vraiment pas loin« , on y couche déjà Ravishing Grimness des affreux jojos de Darkthrone. Moins délibérément crado au niveau du son qu’un Transylvanian Hunger, il n’en reste pas moins un brouet infâme pour tout fan de Angra. Mais en se plongeant plus avant, on découvre un sens de la composition aiguisée et une ambiance à nulle autre pareille, du genre cave humide et misanthropie palpable. Essentiel, car derrière ce bric-à-brac occulte se trouve aussi une palanquée de riffs imparables suintant le mal. Oui oui, c’est à mettre dans le panier culte aussi.

 Autre disque mis en avant, Revolution DNA de Septic Flesh qui tournait le dos à son death metal mélodique des débuts pour s’égayer, façon de parler, vers le gothique. Jamais écouté cet album mais pour info, il a été remasterisé récemment. La pochette a été modifiée par la même occasion, ce qui n’est pas un mal devant la mocheté de la première version. Dieu que c’était laid ! Rien à voir avec celle, sublime, du Still Life de Opeth (dont la réédition a un poil trop forcé sur le rouge… Je dis ça…). D’ailleurs, tout l’album est au niveau de l’illustration : les compositions à tiroirs, passionnantes alors qu’elles font du 8 minutes en moyenne, les guitares acoustiques, le son, des musiciens impliqués, l’extrême qui taquine le folk et inversement, et surtout cette putain de VOIX ! Cette capacité à la balader des abysses à la clarté avec une aisance impressionnante, renforçant cet ensemble magnifique, cette beauté mélancolique, ce chef-d’œuvre trop souvent dans l’ombre de son écrasant successeur. Ne pas écouter ce disque est passible de sanctions sévères dans certains pays, vous savez. 4 étoiles sur 5, c’est trop peu !

 Le reste des chroniques n’est pas avare de très bonnes notes pour Gothic avec Criminal Art Motivation, Devilyn avec Reborn In Pain, Deranged avec III, Animatronic de The Kovenant (ex-Covenant qui avait sorti un album de black symphonique très intéressant) et Graveworm avec As The Angels Reach The Beauty, à la pochette chatoyante et au pompage à l’inspiration très Cradle Of Filth musicalement. Cannibal Corpse revenait aussi avec une nouvelle horreur intitulée Bloodthirst et des titres fleurant bon la violette tels que Dead Human Collection, Raped By The Beast ou Hacksaw Decapitation. Une brise délicate, une senteur de muguet au printemps comparé aux ignobles et purulents (il n’y a pas d’autres mots) Last Days Of Humanity qui atomisent la notion de musique, de mélodies, voir même de notes tout simplement. 23 morceaux absolument gerbants aux titres idoines (allez, vous avez une bonne tête, je vous en sers quelques uns : Maggot Feast On A Swollen Fetus, Rectal Bowell Inquisition, Orgasmic Abortion, Defecating Anal Sludge et ouvrez la fenêtre, je ne me sens pas très bien, merci !), une pochette atroce et une ambiance générale qui ferait passer les déjà bien fermentés Mortician pour du Adele. Équivalent musical à un micro posé sur votre estomac après un bon cassoulet, Hymns Of Indegistable de Last Days Of Humanity est le disque le plus répugnant que mes chastes oreilles aient jamais entendu et… Hein ? Bien sûr que j’ai un album d’eux, voyons ! Du coup, Mortiis parait bien pâle à côté de tout cet étalage de tripes avec son The Stargate atmosphérique. Est-ce son costume de scène délirant (le gus est habillé en elfe des pieds à la tête, maquillage inclus !) qui lui vaut sa place dans cette rubrique ? Non parce que musicalement, on est plus proche d’une B.O. pour un RPG sur Playstation (la 1 !) que d’un Dimmu Borgir. Enfin, 3 étoiles, c’est bien payé… Bien plus que pour Tristania qui se mange une beigne avec son Beyond The Veil. 2 étoiles sous prétexte que sa ligne musicale est difficile à suivre : wtf ?

Je suis charitable, j’ai choisi un morceau (très) court et la pochette la moins dégueulasse.

 Terminons avec la partie fourre-tout, aussi dénommée NEO-METAL, où l’on trouve du « gothique irlandais », du « thrash/death » et du « thrash metal core millesimé. » 3 grosses sorties remarquées. Primo, The Battle Of Los Angeles de Rage Against The Machine, troisième (et dernier) album, un cran au-dessus du précédent Evil Empire mais toujours loin derrière leur intouchable premier jet éponyme. Un héritage dont le groupe semble enfin se détacher. Le message est toujours revendicatif à souhait mais musicalement RATM décolle bien, expérimente bien comme il faut et grave un disque très varié, piochant dans le hip-hop, le jazz, le funk et plongeant tout ça dans un grand bain d’acide électrique. Des riffs comme s’il en pleuvait, quelques hymnes de plus (Testify, Guerilla Radio, Mic Check, Maria…) et des soli de guitares venus d’une autre dimension. Et les quatre de réaffirmer que tous les sons sont le fruit de guitares, basse, batterie et voix. Dommage que tout soit parti en eau de boudin pour en arriver à une copie pathétique aujourd’hui avec Prophets Of Rage.

Une chose inconnue jusqu’à alors fait aussi son apparition : l’humour !

 Deuxième grosse sortie et pas des moindres : The Fragile de Nine Inch Nails. Après 5 ans d’attente, le torturé Reznor nous livre enfin son troisième album et il ne va pas mieux. Ce doit même être la pire période pour le musicien qui semble mener une lutte désespérée contre ses démons via ce double disque culminant à près de 103 minutes de vide introspectif et de dépression démentielle. Bidouillé à l’extrême, complexe et déroutant, Reznor met de côté les « trucs » de The Downward Spiral et frustre par son aspect moins rentre-dedans autant qu’il fascine par les aspérités nouvelles qu’il donne à sa musique, entre creux abyssaux et pics d’une pureté absolue. Inconfortable et exigeant, The Fragile est un disque qui demande patience et abnégation, ainsi qu’une bonne prescription de Xanax et de Prozac pour en venir à bout. La longue tournée qui suivra verra Reznor s’enfoncer progressivement, ses concerts devenant de longues thérapies cathartiques. Effrayant mais absolument essentiel. 5 étoiles de rang, ça aurait du être le disque du mois mais bon… je ne vais pas me fâcher.

 Troisième grosse sortie, pas du tout mise en avant par contre, le sixième album de My Dying Bride, The Light At The End Of The World, qui revenait à des sonorités doom et misérables. Après un 34,788%… Complete qui a déconcerté beaucoup de fans dans ses expérimentations rock/gothique/électronique (pour un résultat honorable et moins tranché que ne le fit Paradise Lost avec Host), le sextet de Bradford reprend la recette qui a fait sa gloire : pesanteur, riffs graves, ambiance de plomb et chant de condamné à mort recevant sa taxe d’habitation. C’est beau, c’est triste comme un amour perdu (thème central de cet album), c’est funeste et c’est long ! 71 minutes à la ligne d’arrivée ! Mais quand on aime, on ne compte pas, c’est bien connu.

my-dying-bride-the-light-at-the-end-of-the-worldJ’ai mis des années à comprendre cette pochette…

 Pour le reste de ces sorties « neo-metal », pas de quoi se relever la nuit. On y retrouvait Creed, Human Clay et son rock chretien, Ebony Tears, Incubus avec Make Yourself (qui se fait dé-fon-cer !), Oomph! avec Plastik et Oversoul, des bordelais qui ont La Rage. Seul Stuck Mojo relevait un peu la tête mais ils n’ont jamais percé par nos contrées. À noter aussi la descente en flammes de Drain, groupe exclusivement féminin de quatre bonnasses suédoises propres sur elles et qui connaissaient bien leur petit Alice In Chains Pour Les Nul(le)s sur le bouts des ongles. J’étais tombé amoureux d’elles à l’époque mais que voulez-vous, j’étais trop jeune… Rhalala, ce temps perdu… Pour elles, hein ! Moi, ça va, merci.

 Je vous expédie les Chroniques Import toujours sponsorisés par la FNAC sauf si Parzival, Roadsaw, Skitsystem ou Global Noise Attack sont des noms qui vous émoustillent, auquel cas n’hésitez pas à m’en faire part dans la section commentaires, je me ferai une joie de vous bannir me pencher sur la question. Par contre, on peut ostensiblement se permettre de faire quelques lignes modestes sur The Desert Sessions 5 & 6, sorte de grande partouze stoner et blues à laquelle participe entre autres les musiciens de Queens Of The Stone Age ou Screaming Trees. On fait un mini tour, vu la taille riquiqui de la rubrique, chez Born Killers et parmi les trois démos sélectionnées du mois, je signale l’apparition importante de The Old Dead Tree avec le quatre titres The Blossom. Une pochette soignée et une ambiance mélancolique qui n’ira pas en s’arrangeant marquent l’entrée d’un futur grand qui n’aura cependant pas le succès mérité. Enfin, il en aura toujours plus que ses deux camarades en ce mois de novembre 1999, Namtar et Hord Of Mammouths. Dommage que ce dernier n’ait pas percé, j’aime beaucoup ce nom !

 Bon, la partie live, comme toujours, on l’oublie et, plus particulièrement dans le cas présent tant la mise en page et les textes sont d’un amateurisme décoiffant. Rien que pour le concert de Vanden Plas, on a une photo du groupe en énorme. Du groupe. Pas en concert. Pour illustrer un concert. ?????. Et pour les trois personnes maniaques et à la vie de merde qui posséderaient encore ce numéro (comme moi), NON, les quatre vignettes minables collées en dessous ne font pas office de photos live pour moi !

 La suite au prochain numéro…

Le CD Sampler 18 du mois de novembre 1999

053-18Un sampler dans la bonne moyenne avec une nouvelle reprise ce mois-là. C’était Moonspell qui s’y collait avec Sacred de Depeche Mode. On découvrait aussi le naufrage de Machine Head et on était ébloui par Opeth dont le morceau Moonlapse Vertigo était livré dans son intégralité. Je dis ça pour ceux qui écoutent les samplers de Rock Hard à qui il faudra expliquer que sabrer un morceau n’en fait pas pour autant une « version inédite hors-commerce » ! Pour le reste, l’étal est varié : du heavy, du power, du black, de l’indus… (Réalisation : Jeff Veillet. Désign : Albert.)

  1. Moonspell : Sacred – Disponible dans la réédition de 2econd Skin
  2. Septic Flesh : Revolution – Revolution DNA
  3. Machine Head : The Blood, The Sweat, The Tears – The Burning Red
  4. Opeth : Moonlapse Vertigo – Still Life
  5. Royal Hunt : Lies – Fear
  6. Consortium Project : Humanitarium – The Consortium Project
  7. Virgin Steele : Kingdom Of The Fearless (The Destruction Of Troy) – The House Of Atreus – Act 1
  8. At Vance (on va être en retard) : All For One, One For All – No Escape
  9. Mob Rules : Secret Signs – Savage Land
  10. Bewitched : Let The Blood Run Red – At The Gates Of Hell
  11. Oversoul : Saison En Enfer – La Rage
  12. The Kovenant : Mirror’s Paradise – Animatronic
  13. Limbonic Art : The Dark Paranormal Calling – Ad Noctum Dynasty Of Death

 

gros-maleOui, ben râlez autant que vous voudrez mais je ne peux me permettre d’ignorer le nombre sans cesse croissant de lectrices qui visitent ce site et qui ne m’ont jamais vu après avoir terminé un de mes articles (c’était l’été, j’avais un peu chaud…). Dont acte !

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Dans Les Brumes Électriques #39

052 Bonjour à tous !

Vous n’y croyiez plus ? Moi non plus ! Et d’ailleurs, je n’y croirais vraiment qu’une fois le dernier mot de cet article tapé et publié. Après deux (trois) (quatre) faux départs, je suis en droit d’être méfiant envers moi-même. Je pourrai m’étendre sur les raisons de ce long silence, même si celui-ci fut entrecoupé de quelques articles qui ont eu leur petit succès, mais ma réserve naturelle et une volonté d’arrêter de rabâcher de vieilles lunes prendront le dessus avec raison. Disons qu’il est temps que ma passion régissent de nouveau ma vie et qu’une bonne piqure de rappel est nécessaire. Ce sera donc tout pour cette introduction, je développerai des bêtises sur les prochaines (oui, j’y crois !).

 Un état de fait qui nous permet ainsi de rentrer plus vite dans le vif du sujet, ce nouveau numéro étant particulièrement costaud et trois coudées plus intéressant que le 51 de sinistre mémoire. Mais si, je l’avais publié avant que vous ayez des enfants. Sinon, retournez le lire, ça me fera un peu de vue en plus. Un Hard N’ Heavy 52 qui profite de sa rentrée de septembre 1999 pour se refaire un look à neuf. Au bout de cinq ans d’existence, sortir de son ronron mensuel est nécessaire afin de ne pas lasser le lecteur. Sauf que là, nous sommes passés de la jeune fille timide et son maquillage discret à l’ado rebelle et sa truelle ronde 20 cm Mac Allister. C’est quoi ce bordel ? J’ai déjà tempêté sur le maquettiste mais là, c’est l’overdose ! Déjà, la couverture, c’est le syndrome Fan2 : y’en a partout ! Par-tout ! Pour la sobriété des précédentes unes, on repassera. C’est à peine si on sait de quoi il en retourne tellement l’accumulation de news chocs fait que plus rien n’est lisible, donc important. Et quelle bonne idée de choisir LA photo où Dani de Cradle Of Filth se cache le visage, c’est lumineux ! Et l’en-dedans n’est guère plus folichon puisque la mise en page oscille entre très réussie et le carrément moche (mention spéciale à l’interview de Moonspell !). Et pour finir dans les bonnes idées, la partie discographie a été partagé en trois… avec interviews supplémentaires !!! Et comment je fais, moi ? Vous y avez pensé ?

 Bon, commençons par le début, c’est encore le mieux et penchons-nous sur l’entretien avec le Berceau De Saletés qui, apparemment, a plein de projets dans sa besace, assez en tout cas pour justifier un « Du nouveau chez Cradle » en titre de Une. Au final, si on garde la partie texte, ça tient sur deux pages (super !) et le maquettiste, pas encore redescendu de son petit nuage avec ses métalleux roses, profite de l’absence de ses moyens pour nous coller, six pages durant, plein de petits Dani Filth un peu partout façon gommettes et ce, à des looks tirés d’époques totalement différentes. Bonjour la continuité. Bref, que se passe-t-il chez Cradle en septembre 1999 ? Pour changer, ils ont viré le guitariste Gian, suite à un « conflit de personnes » et le dernier batteur engagé a rendu ses baguettes. Pour ce dernier, le poste n’est pas resté vacant longtemps puisque c’est Adrian Erlandsson (déjà évoqué dans un numéro précédent) qui tient toujours le poste. Par contre, que Dani affirme qu’il « est un meilleur batteur que Nick ne l’était« , c’est un peu fort. Mettons cela sur le compte de la rancœur et embrayons sur la tournée américaine, source de petits tracas de la part du gouverneur du Wisconsin. Ce dernier les accusait de répandre la musique du Diable et avait tenté d’interdire le concert. C’est marrant, on dirait du Marilyn Manson… Toujours est-il que le concert a bien eu lieu mais en intérieur à la place d’un plein air peut-être plus propice à des perturbations extérieures malvenues. Je vous passe le reste de la tournée, globalement réussie, l’annonce d’une date spéciale à Paris le 16 décembre avec grosse production à l’appui et nouveaux morceaux, et l’écriture du nouvel album. Dani s’attarde ensuite sur le nouvelle vidéo longue durée du groupe et dans laquelle il trouve « des passages un peu superflus mais pour les fans du groupe, je crois que c’est essentiel. » De quoi ? Que ce soit superflu ? Et comme le petit chanteur vante les louanges du clip gorissime From The Cradle To Enslave, Rabasse approfondit un poil le sujet et j’en profite aussi pour vous balancer (une deuxième fois) le clip. Magnéto, Serge !

 Ah oui, c’est dégueulasse, je vous l’avais dit !

 Ce grand moment de douceur provient des cerveaux dérangés de Dani et Alex Chandon (le réalisateur), décrit par le leader comme « un vrai cinglé. » Un tournage assez dingue : « Je devais me lever tous les matins à huit heures, rester dans ce studio glacial et attendre la plus grande partie de la journée, à regarder des créatures bizarres se balader dans tous les sens. » Mais cela n’a pas découragé le lutin criard pour autant, même s’il regrette que le résultat ne soit pas aussi extrême (!!!) qu’il l’aurait souhaité : « Certaines personnes auraient eu peur que le clip ne passe pas assez souvent à l’antenne pour que celui-ci puisse rentabiliser l’investissement. » C’est vrai, c’est dommage, je n’ai vomi que deux fois… D’autant que MTV ayant diffusé la version uncut, Dani voit ça comme un échec. Toujours est-il qu’il souhaite, avec Alex Chanson derechef, tourner un nouveau clip le plus rapidement possible et lance un appel : « S’il y a un riche noble, quelque part en France, qui veut investir dans le cinéma et qui a, disons, un demi-million de livres pour commencer, qu’il n’hésite pas à nous contacter ! » De l’argent sûrement bien dépensé, leur présente horreur ayant coûté la modeste somme de 30.000 £ (300.000 brouzoufs français de l’époque). Rabasse lui précisant que les « nobles » se sont faits couper la tête il y a quelques siècles de ça, Dani ne se démonte pas : « Ça n’est pas très grave si ce n’est pas un noble. Qui que ce soit avec de l’argent sera le bienvenu ! » Aux dernières nouvelles, le Qatar n’était toujours pas sur le coup. Quand à ce prochain méfait pour les rétines innocentes, il servira de mise en image d’un titre initialement prévu pour un jeu vidéo sur Playstation. Oui oui, vous avez bien lu, et le P.D.G. de la célèbre console aussi apparemment vu que le titre, Of Dark, Blood And Fucking, a vite fait de retourner aux enfers. En même temps, sur Crash Bandicoot, ça aurait sonné bizarre…

cradle Dani

 L’interview se termine sans accrocs (de vampire ! Ha ha ha… Non, je ne sors pas !) avec quelques menus détails sur des travaux futurs (nouvel album, nouveaux titres, reprises et remixes), l’inévitable changement de personnel et cette réflexion qui en découle : « Je pense que certains n’arrivent pas à réaliser qu’on ne peut, dans un groupe, être amis 24 heures sur 24 car le temps passé à travailler ensemble est déjà énorme. C’est une erreur que les gens font. Ne pas se rendre compte que ce rythme de travail inclus parfois des conflits. » La vie de groupe et ses vicissitudes…

 Ce papier inintéressant achevé, reprenons le cours normal de notre émission en recommençant du début. Une introduction pleine de pep’s saisit le lecteur, annonçant fièrement les chamboulements de maquette pour un « magazine plus direct » ! Oui mais non ! Après un petit coup de gueule contre le prix anormalement élevé du disque en France et un coup de cirage aux formidables lecteurs, je tique un peu en remarquant que ceci est signé par… La Rédaction ! Ils nous ont perdu Bonnet ? Réponse au prochain numéro.

 S’ensuit l’interminable courrier des lecteurs (quasiment quatre pages !) qui démarre par Romain Gillard de Plestin-Les-Grèves qui est fan de death-metal mais pas fan du tout du hors-série que HnH a consacré au style, trop mélodique à son goût et avec trop peu de bon « death old school » bien brutasse. Le plus beau, c’est que le magazine s’excuserait presque dans sa réponse ! Un comble ! Bertrand Khan de La Denillère gâche un timbre pour nous expliquer qu’il adore Kiss tandis que Amzorth (à vos souhaits !) ne comprend pas que Emperor ne soit pas plus énorme que Dimmu Borgir. Vaste débat qui ne trouvera pas sa place dans ses colonnes maintenant, on n’a pas le temps. Steeve Camboly du 90 pousse un coup de gueule contre le Wacken et son organisation, Frédéric Pelletier aussi mais contre la rédaction du journal qui s’acharne à descendre Metallica alors que c’est injuste vu que c’est le plus grand groupe du monde (selon Pelletier Frédéric). Une lettre suintant toute la haine du fan déçu que les journalistes puissent émettre des critiques contre son groupe favori, se permettant même de tirer à vue sur les petits camarades (Megadeth en tête) qui sont tous moins bons que les Four Horsemen. HnH ne répond même pas, pour donner une idée de l’importance qu’ils accordent à la chose. Chris n’aime pas le chant black/death, Laurent trouve The Burning Red de Machine Head ridicule, Fabrice Mathoux raconte n’importe quoi (mais lui, il le fait exprès !) et Jean Bulbe s’indigne du manque de respect des médias envers le metal. C’était sur MCM en 1999. Comme le temps a passé…

La Heavy Rotation passée (Rhapsody, Iron Maiden et… Marduk ??!! Qui gagne 17 places d’un coup ??! Holy Shit !!!), on mord dans les news et… la mise en page, mon Dieu ! Enfin bref, on y rentre sans aucune forme de procès ou de présentation et on apprend direct que Roy Mayorga quitte Soulfly. Le batteur fait suite à une longue liste de musiciens ayant traversé le groupe sous la coupe quasi-exclusive de Max Cavalera (ex-Sepultura pour les deux du fond qui ne suivent pas), ce qui tempère le discours très « tribu » que nous ressort le musicien à longueur d’interviews. Mötley Crüe donne de ses nouvelles aussi puisque, outre être en tournée avec Scorpions (on ne rit pas… Si, allez, un peu quand même !), Nikki Six s’est fait embarqué par la police « pour incitation à l’émeute lors d’un concert à Las Vegas« , Vince Neil attaque une compagnie aérienne qu’il rend responsable de la mort de sa fille et Tommy Lee bosse sur son bousin nouveau groupe, Methods Of Mayhem. Seul le guitariste ne fait rien et c’est tout à son honneur. Slayer enregistre un nouveau titre pour une émission de catch de la WCW (Big Papa comblera mes immenses lacunes sur le sujet), Todd McFarlane, papa du comics Spawn, lance une figurine Ozzy Osbourne et un Ozzy Osbourne Magazine (le pied !). Tool, de son côté, nous fait languir, déjà à l’époque, sur son futur nouvel album pendant que Keenan, le chanteur, multiplie les projets annexes… dont un certain Perfect Circle. Steve Harris (je dois encore vous le présenter ??) crée son propre label, Beast Records avec le succès que l’on sait. Non, cherchez pas, c’est une vanne ! Fear Factory réenregistre le titre Cars de Gary Numan mais cette fois avec le gus au micro. Passionnant ! On termine ce compte-rendu palpitant avec le film Metal Gods avec Mark Wahlberg dont le scénario a été inspiré par l’histoire de Ripper Owens, jeune chanteur de tribute band à la gloire de Judas Priest avant de devenir le chanteur officiel dudit groupe. Remarque pleine d’humilité du bonhomme : « J’espère qu’ils laisseront à Wahlberg l’extension pénienne qu’ils lui ont donné pour Boogie Nights. Elle ira plutôt bien à mon personnage ! » Ha ha ha, lol mdr ! Gros bouillon à l’arrivée, comme quoi, ça tient pas à grand chose.

La bande annonce de ce chef-d’œuvre oublié par tous, y compris par ceux qui l’ont fait !

 Je saute trois news inutiles et je découvre que les rubriques Quizzzz et Mes Skeuds A Moi sont passés de la fin au début du magazine et je sais que, comme moi, cela vous chamboule total. Nous retrouvons donc Max Cavalera pour le Quizzzz (rien de mémorable là-dedans) et Kerry King pour les Skeuds. Le bonhomme est assez ouvert puisqu’il arrive à citer Van Halen, Pantera, Nine Inch Nails, Sepultura et Machine Head, tout en sachant qu’il se fâchera avec la moitié d’entre eux. Sacré lui ! Petite surprise : une brève vient dauber sur Bon Jovi en ces termes : « Enfer ! Selon nos informateurs (…), il y a de fortes chances pour que l’innommable (carrément…) Bon Jovi revienne empester nos ondes très prochainement avec l’album qu’il est actuellement en train d’enregistrer. » Quelle virulence ! Surtout quand on se rappelle qu’il y a quelques années, le journal lui tendait le micro avec plaisir. Petite crise d’adolescence ou mémoire courte ?

 Allez, on reprend le cours de l’émission et on continue le cauchemar puisque, après le désastre Cradle Of Filth dont je vous ai fait part au début, le journal continue sur sa lancée WTF avec l’interview de Moonspell. Alors, ça se passe en deux temps. D’abord, la maquette, d’évidence laissée à un graphiste sous influences illicites. Une double page de photos (moches) qui annoncent… une simple page d’interview ! L’effet douche froide, comme quand je vois une bande-annonce qui déchire et qu’après, je vois le film sur pattes. Quand à l’interview en elle-même, deuxième temps, outre de nous coller un cliché envahissant d’un des musicos affalé dans un fauteuil cuir et entouré d’un fond violet du meilleur dégout, elle nous raconte QUE DALLE ! Pour faire ça, faites rien, vous le faites mieux ! Donc, après une introduction interminable sur leur séjour anglais pour enregistrer leur nouvel album, on arrive péniblement à quelques infos pour le fan et lecteur. Un album qui a un « concept« , enregistré à Londres plutôt qu’à Berlin, et qui dévoile « des intentions claires. » Même en le relisant, j’ai rien compris. Enfin, si, à la fin, quand après des lignes de blabla, le chanteur avoue en avoir eu marre de traiter de sujets occultes et qu’aujourd’hui, « Moonspell est inspiré par lui-même. » Super !

Bon, laissons parler la musique, ça vaudra mieux…

 Le gros dossier de ce mois, c’est la « rentrée discographique metal » avant l’an 2000. D’ailleurs, puisque vous n’en parlez pas, je le soulève à votre attention mais l’excellent 99 albums avant l’an 2000 a tout simplement sauté ! Reviendra-t-il le mois prochain ? Vous le saurez dans 8 mois ! Bon, on ne va pas s’étendre plus que de raisons sur tous ces disques à venir, on en reparlera en temps et en heures et ça nous permet de dégommer allégrement 10 pages. A la louche, on y retrouve du connu et du moins connu : Luca Turilli, Oversoul, Pantera, Hate Eternal, Korn, Nightmare, Satyricon, Marilyn Manson (qui annonçait un futur opus « le plus dur et le plus laid qui soit« ), Nine Inch Nails (dont nous ignorions encore à ce moment-là que son futur bébé serait double mais qu’il s’appellerait The Fragile) et consorts. Voilà, attardons nous plutôt sur la suite.

 Et la suite s’appelle Type O Negative. L’immense « Type O » du non moins immense Peter Steele, malheureusement disparu trop tôt. Mon Dieu que ce groupe me manque… Bref, le groupe de Brooklyn nous revient avec son album le plus difficile, World Coming Down. Difficile car lourd, introspectif et peu enclin à la dérision affectionnée jusqu’alors. C’est donc un Peter Steele morose, accompagné de Josh Silver (claviers) et Kenny Hickey (guitares), qui répond aux questions, toujours aussi franc mais moins porté sur l’humour noir.

Type o in bedIn bed with Type O ?

  D’entrée de jeu, l’imposant leader présente leur nouvel effort comme un album cauchemardesque, « un cauchemar devenu réalité, malheureusement. L’ensemble est assez sombre, négatif, dépressif… vrai ! » Voilààà… L’ambiance est bien posée, je crois. En même temps, l’histoire personnelle du chanteur (et des autres membres) a directement influencé le ton de l’album : « Chacun a besoin de faire ressortir des éléments qu’il considère comme hostiles, qu’il s’agisse de colère, de ressentiment ou de tristesse. Certains boivent pour tenter d’évacuer leurs soucis, d’autres battent leur femme. (Ironie inside un peu quand même…) Nous, c’est par la musique que ça passe. » Et d’avouer avoir procédé à une « thérapie sonore » qui ne manquera pas  de lui valoir moultes questions de la part des journalistes.

 La suite de l’interview traite de quelques points techniques concernant l’enregistrement et d’une volonté d’éviter la « surenchère » de October Rust pour revenir aux racines, à savoir Black Sabbath, les Doors et les Beatles, dont le groupe fait une reprise à sa sauce de Day Tripper (avec un petit mélange de If I Needed Someone et de I Want You (She’s So Heavy)). Après Cinnamon Girl de Neil Young, Light My Fire des Doors ou Black Sabbath de… Black Sabbath (bravo, y’en a deux qui suivent !), le groupe explique sa façon d’aborder la reprise : « Comment aurait-elle sonné si nous l’avions écrite ? » Ce qui est loin d’être con, vous l’avouerez ! Mais assez juste quand il pointe du doigt les 99% des groupes qui ne font que copier tel ou tel titre, note pour note, mot pour mot : « Ça, c’est bon quand tu as 15-16 ans et que tu répètes dans ton garage.« 

Enfin, une question anodine relance la discussion et nous retrouvons, l’espace d’un instant, le Peter Steele qui nous faisait rêver de lui la nuit, les draps se souvenant au petit matin… Comment ça, pas vous ? Bref, sur la question du faible nombre de titres concernant les femmes, Kenny Hickey sort de sa torpeur et balance : « Ce qui devait arriver est arrivé : nous sommes tous devenus homosexuels ! » Et Peter de renchérir : « Voire hermaphrodites ! » Il avoue ensuite avoir trop forcé sur le trip sexe, donnant du groupe et de lui-même une image trop statique au final : « Ça finissait par devenir cliché… Quelque part, j’aimerais que l’on me regarde pour ce que j’ai dans le cœur et pas forcément dans le pantalon ! » Le genre de problème qu’a connu Big Papa dans ses jeunes années mais ne nous égarons pas. Car Peter se livre. Si si ! « J’ai fini par ne plus trouver drôle de n’être perçu que comme une sorte de Musclor lubrique. » Et l’orientation plus personnelle de ce nouvel album de remettre quelques pendules à la bonne heure (du lundi au vendredi, 11 heures – 12h30 sur RTL !). Lucide, Steele reconnait que Type O Negative souffre encore d’erreurs d’interprétation, souvent dues au groupe lui-même. « Avec Type O, il devrait toujours y avoir matière à pleurer et rire en même temps. Et ça, peu de gens l’ont assimilé. » Et tout cela se termine sur une question concernant la scène gothique en plein essor, sujet que Steele balaye de sa grosse paluche : gothique, oui un peu, mais pas que ! « Notre base, c’est le rock et le metal. Après ça, libre aux médias et au public (…) de nous ranger dans telle ou telle catégorie. Tant qu’ils ne nous rangent pas dans le rap, tout ira bien ! » Et hop ! Une petite praline pour terminer !

Tout est dans le titre !

 Allez, on va détendre un peu l’atmosphère avec l’interview accordée à Coal Chamber. Pour le coup, l’entretien est long, les p’tits gars (leur chanteur Dez Fafara en tête) ayant la causette bien entretenue. Niveau questions, c’est un peu décousue et on passe du coq à l’âne avec l’aisance d’un footballer italien se claquant l’orteil dans la surface de réparation adverse. Cela commence par un classique mais intemporel « cet album est meilleur que le précédent » et qu’ils ont juste voulu enregistrer le meilleur qui soit, sans être influencés par le reste de la scène neo-metal, même si le batteur nuance le propos par un « plutôt envie de rester nous-même. » Et sur les 35 (!!) chansons enregistrées, ils n’en ont gardé « que » 16 : « Nous, on veut enregistrer un disque pour nos fans. (…) On ne veut pas n’en mettre que 10 (chansons) sur un album de 30 minutes. Quand tu vois le prix du disque… Alors on veut montrer qu’on sait faire des chansons et qu’on n’a pas peur d’en faire beaucoup. » Oui, mais en se faisant l’avocat du diable, on peut aussi pointer un excès de remplissage et/ou une incapacité de trier le bon du mauvais. Oui, d’accord, il parle de 35 chansons mais déjà 1. J’étais pas là donc il peut aussi bien raconter des bobards, et 2. combien de chansons étaient abouties au final ? Histoire d’enfoncer le clou, le chanteur répétera plus tard que l’intérêt d’autant de chansons est que le fan pourra piocher à sa guise selon ses humeurs du moment. Mouais…

 Arrive une petite partie amusante où, forcément, les « copains » Korn entrent dans la danse quand le journaliste, Thomas VDB en l’occurrence, rappelle qu’une partie des fans de leur premier album provient de ceux des cinq de Bakersfield. Alors ça, le Dez, ça le gonfle, au point de répondre d’abord à côté (« Je te défie de trouver des points communs entre le dernier Korn et Chamber Music. » Ok, mais c’est pas la question…), de sortir Lemmy comme influence majeure et unique pour ce disque (Super mais alors AUCUN rapport !) et de dérouler avec un melon pas possible comme quoi, c’est Korn qui leur a tout piqué. Ah oui, carrément ! « On  a commencé en même temps. (…) Ils ont été signés en premier. On arrive juste après et on se fait traiter de clones. » Et attention, conclusion modeste incoming : « Mais notre atout est d’avoir compris qu’il ne fallait pas exploser tout de suite. On veut que nos albums soient progressivement meilleurs. » Le coup du succès à retardement volontaire, on me l’avait jamais faite ! Quand au « notre cinquième album écrasera Chamber Music », on en sera loin puisque le reste de leur carrière tournera en boudin.

 Je passe rapidement sur le contenu des paroles (« En fait, je crée des situations négatives pour les tourner ensuite de manières positives » Dieu que c’est original ! Et que ça ne veut rien dire !) et les gens rencontrés en tournée « tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-gentil. » Un petit mot sur leur parrain musical Ozzy Osbourne qui chante un titre sur le nouvel album (une reprise de Shock The Monkey de Peter Gabriel) et on fait rebelote sur le fait d’avoir écrit 35 chansons : « On s’est demandé s’il ne fallait pas en enregistrer 35 autres pour compléter le choix. » Mais bien sûr…

grosse flute

 Et le margoulin continue sur sa lancée : « De même, j’écris tout le temps des lyrics. Tiens, juste aujourd’hui, j’ai composé des paroles pour trois chansons dans ce petit carnet que tu vois là. Mais je ne me considère pas comme un songwriter. Plutôt comme une personne de mots. Et ceux qui me reprochent de chanter trois fois le même couplet n’ont justement pas compris ma démarche. C’est justement en chantant trois fois ce même couplet que je lui donne sa force. » Oh purée… Ça explique donc pourquoi il répète trois fois la même chose dans les interviews. Et cet entretien de se conclure, de but en blanc, sur… leurs disques achetés récemment ! Nous avons droit à WASP, Judas Priest mais le chanteur nous fait une JCVD et commence alors à citer Sade et P.J. Harvey : « Mais tout ça, c’est la même chose, tu vois, c’est, ahhh… c’est l’ouverture d’esprit, tu comprends ? » Le journaliste acquiesce. « Un jour on écoute du rap, un autre jour, on écoute Barry White ou Marvin Gaye. » Là, le journaliste re-acquiesce et le musicien finit en roue libre en citant pêle-mêle le black-metal, l’assimilation de la musique à cerrtains « drames », Marilyn Manson… « N’ayez pas peur de vivre ! Affirmez votre opinion ! C’est le message de Chamber Music. » Je vous l’avais dit qu’on rigolerait bien…

melonDez Fafara (portrait)

 Et puisqu’on se gondole, on continue avec Megadeth dont l’interview est ridiculement petite pour un groupe de cette stature. 3 pages pour un Coal Chamber qui avait tout à prouver et une demi-page (sans déconner, tout le texte mis à la suite tient dans ça !) pour Mustaine et sa bande ? Merde ! Bon alors d’accord, on parle de Risk, l’album qui a marqué le début de la fin mais quand même… Quand Metallica pond Load, le magazine en fait des tonnes ! Bref, on apprend d’entrée que Dave Mustaine est mal réveillé d’une grosse sieste (super !) et que pour le taquiner un brin, le journaliste (Thomas VDB derechef !) lui demande s’il fait quelque chose le soir même, vu que ses anciens compères de Metallica jouait à Bercy. Génial ! Deux colonnes perdues pour une connerie, deux pouces bleus les gars ! Toujours est-il que si l’album s’appelle Risk, ça n’a « rien à voir avec le jeu » (misère…) mais « qu’un disque est toujours un risque pour l’artiste : il se heurte à la critique de ses fans, des médias, de la presse. D’une certaine façon, n’importe quel album de Megadeth aurait pu s’appeler Risk. » Si on veut mais il est vrai que la chose appuie sur plus de mélodies et même… de l’électronique ! Ah oui, mazette, ça fait beaucoup… Mais ça ne dérange pas le père Mustaine car cela donne « un petit côté nouveau metal. » Noooon, pas toi ! Grisé par le succès du single Crush’em, pourtant annonciateur de la catastrophe, le groupe a mis les pieds dedans : « J’aime beaucoup l’aspect simple de la techno. Ses lyrics, quand il y en a, sont extrêmement simples à se souvenir, et c’est un aspect qui a beaucoup inspiré le processus de création de Risk. » Bordel, on dirait une citation de David Guetta ! Et on plante un dernier clou dans le cercueil sur la participation de JCVD dans le clip de la chanson Crush’em, qui a aussi servi d’entrée en scène au catcheur Bill Goldberg (Big Papa me corrigera si je me trompe). Triple H avait Motörhead, chacun son truc. Quand au départ du batteur Nick Menza (décédé en cette année 2016, repose en paix), on n’en saura guère plus que le ripoliné « nous prenions deux chemins différents, la séparation s’est faite d’elle-même mais c’est un type formidable et je lui souhaite bonne chance. » De la langue de bois chez Dave Mustaine ? Oui, il y a avait vraiment quelque chose qui avait fêlé…

Paroles indigentes, musicalité atroce, clip minable… Heureusement, il y a Bill Goldberg !

  Et là, nous nous retrouvons aux pages Skeudz (qui ne s’appellent plus comme ça depuis longtemps mais je m’en fous, je le garde !). « Déjà ! » s’exclame… personne, puisque personne ne suit de toutes façons. Ouiiii mais attendez, vous allez rire. Comme je l’évoquais au début, continuant dans leur volonté de dynamiter l’ancienne formule du journal, toute la partie chronique de disques se retrouve chamboulée. Histoire de faire plus simple, tout cela est découpé en trois parties : Heavy, Extreme et Neo-Metal. Pourquoi pas ? Sur le papier, l’idée est bonne. Dans la pratique, c’est une autre paire de manches. Mais surtout, trouvaille du siècle, ils rajoutent des interviews AU MILIEU des chroniques ! Et comme tout cela a été mis en page par le cousin du stagiaire, le résultat est un b.o.r.d.e.l. visuel assez inhumain. Alors, on va commencer par le commencement et on va faire rapido les interviews avant de passer aux disques. Retour de la rubrique Spots (#LesVraisSavent) :

 – Helloween qui a survenu aux années 80 revient avec Metal JukeBox. Reboosté avec l’arrivée de Andi Deris au chant, le groupe bricole un album récréation fait de reprises de Cream, Deep Purple ou encore… Abba (!?!). Une promotion assez molle, les musiciens défendant du bout des lèvres leur œuvre, sauf pour expliquer que reprendre les Beatles suit une logique puisque, enfant, jouer de la guitare permettait de « ressembler » aux quatre de Liverpool, surtout pour impressionner les filles. Mais tout ça ne vaut pas tripette car, avouant que ce disque a été enregistré un peu à droite et à gauche par des musiciens qui ont papillonné sur des projets parallèles, le plus important désormais est le prochain album « 100% Helloween cette fois ! » Putain, j’en ai déjà marre…

 – Saxon est aussi de retour avec Metalhead, nouvel album enregistré en Allemagne, « nettement plus ouverte au metal que la Grand-Bretagne. » Tu veux qu’on parle de la France ? Une petite papote innocente, juste histoire de dire que le groupe a perdu de sa superbe au milieu des 80’s suite à quelques hésitations stylistiques, entre Def Leppard et Motörhead selon le journal. Heu, ça fait un sacré grand écart, non ? Yannouche confirmera quand il sortira de ses cartons. Tout cela à cause de Crusader, disque mal accueilli à sa sortie et surtout calibré pour le marché américain. Mais c’est de l’histoire ancienne désormais, grâce à des producteurs capables de mélanger mélodies travaillées et gros son heavy. Et le chanteur Biff de conclure que jamais au grand jamais il ne se coupera les cheveux : « Je suis certain que les mecs de Metallica vont regretter dans cinq ou six ans quand ils verront que leurs cheveux ne repoussent pas aussi bien qu’avant (rires) ! » Ha ha hasuivant !

 – Nocturnus revient d’entre les morts et finira par y retourner aussi sec, d’ailleurs. Bon, on va pas y passer trois jours : le groupe est apparu au début des années 90 avec The Key et Threshold, premiers albums à rehausser le niveau technique du death metal de trois coudées et à inclure des synthétiseurs (si si !) ! Pas étonnant que personne ne se soit intéressé à eux à l’époque… et aujourd’hui encore ! Pourquoi j’en parle ? Parce qu’un de mes camarades au lycée m’avait prêté Threshold en me prédisant une grosse tuerie et que j’avais trouvé cela assez répulsif. Si aujourd’hui mes goûts ont (beaucoup) évolué et me permettent d’écouter quelques ignominies avec un sourire béat, Nocturnus ne me fait plus peur mais m’ennuie gentiment, comme à chaque fois qu’un groupe ultra-technique se branle le manche pendant 60 minutes. D’ailleurs, pour ce nouveau disque, le groupe freine considérablement ses ambitions pour des parties plus « catchy ». Rien n’y fera malgré tout.

 – Pour les amateurs de grosse bidoche faisandée qui dégouline, Mortician nous revient en pleine forme avec Chainsaw Dismemberment. Leur guitariste Roger Beaujard apparait pourtant comme un gros fan de… Star Wars ! Ben dites donc ! Pour le reste, le groupe tente une greffe avec un vrai batteur, une nouveauté tant la boite à rythmes poussée au maximum faisait partie de leur formule de base : « Mais bon, on va voir ce que cela donne et surtout s’il tient physiquement le coup ! » Musicalement, ça reste inécoutable (« Pourquoi changer une équipe qui gagne ?« ) et tout cela est accordé le plus bas possible (en Fa, pour les musiciens qui se seraient égarés en ces pages) : « Seul problème : il nous faut des cordes qui tiennent plus de câbles électriques que de cordes de guitares ! » Dans la mesure où leur concept tourne exclusivement autour du gore à outrance et que leur bassiste s’inspire des 500 films d’horreur de sa collection, le groupe a de quoi voir venir. « Autant d’inspiration pour remplir une bonne dizaine d’albums. » Oui mais sans moi, alors…

 – Today Is The Day passe en coup de vent nous dire que son album n’est pas du black mais un « concept contre toutes les religions organisées » et qu’il est « beaucoup plus complexe, psychédélique et émotionnel. » Cool… Soilwork en raconte à peine plus (avec exactement la même photo de présentation que celle de la page news au début du magazine, chapeau les gars ! On sent que ça bosse !), d’autant que, à peine leur tétine sortie de la bouche, ils commencent déjà à casser les couilles : ils ne font pas du death-metal mais du « thrash mélodique avec une bonne dose d’énergie. » Ce qui ne veut RIEN DIRE !!! La comparaison avec Arch Enemy ne les gêne pas, ils sont potes avec eux et on apprend que c’est l’oncle du chanteur qui tient une des deux guitares désormais. Le reste est oubliable, on passe au suivant…

 – Woputain, S.U.P. ! Gros morceau, les enfants ! Sauf qu’il n’y a aucune interview, juste le compte-rendu en avant-première au mixage de leur quatrième album avec premières impressions sur cinq morceaux et une critique à chaud extrêmement positive et enthousiasmante… sauf que l’album est chroniqué à la page suivante ! Se foutrait-on du monde ? Je pose la question. D’autant que ceci est vendu comme une « rencontre avec les cinq Wallers. » Ils avaient piscine ? Bref, une bonne grosse meringue.

 – Katatonia ne sauvera pas les meubles, réduit à une portion congrue alors qu’il y avait véritablement rencontre pour le coup. Tout ça pour dire qu’ils ont eu un plus gros budget et qu’ils ont réussi à mixer grosses guitares et chant fragile. Pour la peine, je zappe Dreadful Shadows dont personne ne se souvient pour terminer sur les mésestimés Will Haven dont on apprend qu’ils sont très contents de savoir que Max Cavalera ait beaucoup aimé leur premier album El Diablo. Et aussi que leur deuxième album est plus metal alors qu’ils sont hardcore dans l’âme. Voilà voilà… Cet embryon d’article de conclure : « On en reparlera. » Même pas vrai, en plus !

 Bon, cette purge terminée, on va reprendre les chroniques de disque. Donc, comme vous avez pu le voir sur la couverture, c’est Moonspell qui décroche le trône ce mois-ci. 4 étoiles pour The Butterfly Effect et la grosse bouille boudeuse du chanteur en photo déco (la classe internationale !). Rien à dire, vu que je n’ai jamais écouté cet album mais très certainement justifié car ils sont vraiment intéressants.

 Ne perdant pas totalement ses habitudes passées, les disques méritoires sont toujours isolés dans leur petite case spéciale. Dans la partie Heavy, Crimson Glory ramasse 3 étoiles avec Astronomica, Virgin Steele en fait 4 avec The House Of Atreus Act 1 et Iced Earth balance son Live In Athens, auquel Yannouche rêve encore avec une émotion dans son Éminence. 31 titres, trois heures de power metal, triple album… What else ? 4 étoiles ? Ok ! Sinon, on croise Jethro Tull, Lynyrd Skynyrd, Riot, Saxon… Le bon gros coup de jeune, quoi ! Saxon qui profite de l’inexpérience du maquettiste pour se retrouver avec deux fois la jaquette de son album sur deux pages d’intervalle. Des flèches, je vous dis ! Sinon, Skew Siskin sort What The Hell et, pour l’anecdote, je les avais vus en première partie de Motörhead il y a un bail. Luca Turilli décroche 4 étoiles avec King Of The Nordic Twilight et je suis sûr que Héphaïstos doit rager d’avoir été aussi méchant avec lui et son Rhapsody d’amour. Sonata Artica se fait déchirer avec son premier album, Unopened. Pas grave, ça viendra plus tard… Steve Vai se fait encore plus déchirer pour son The Ultra Zone. 1 étoile pour un album dédié aux esthètes qui n’écoutent que les soli des chansons. Si, ça existe, j’en ai rencontré !

Allez, un p’tit coup de heavy pour respirer…

 Concernant la partie Extreme, dans la catégorie « on a bien aimé, on vous les met en avant« , Badin perd les eaux (et une partie de l’audition, je pense) sur le premier méfait de Hate Eternal, Conquering The Throne. Formé par Erik Rutan, ex-Morbid Angel, voilà un album de pur death-metal, s’ouvrant et se concluant sur une explosion. Un tabassage en règles sans une once de remords et une seconde de relâchement, 33 minutes de combustion sonore qui fait le tri dans les metalleux… Et dire que ça va être encore pire après ! Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, c’est au « jeune » groupe Amon Amarth d’être distingué pour The Avenger. Mélodique et frontal, si vous vous retrouvez à chanter du death en mangeant vos chocapics, c’est en grande partie grâce à eux. Du coup, Gardenian s’est fait complétement oublier par l’histoire avec son Soulburner, y compris par moi, ce qui est encore plus grave.

 Pour le reste des sorties, Ancient, Aneroxia Nervosa qui, avec le mini-album Sodomizing The Archangel, commence doucement à chasser sur les terres du black-metal, on retrouve Mortician avec un Chainsaw Dismemberment qui ressemble comme deux gouttes de sang au précédent Zombie Apocalypse et qui ressemblera à coups sûr comme deux morceaux de tripes au prochain. Une musique insoutenable, des textes horribles, une pochette ignoble… Une certaine idée du bonheur ! Soulgrind sort Kalma pour trois étoiles et c’est peu mais Rabasse n’est pas plus emballé que ça. Sinon, beaucoup d’albums de gros death, des chroniques expédiées en deux phrases, Today Is The Day qui décroche 4 étoiles quand même et tout cela se conclue sur Angel Corpse avec The Inexorable. Vous ne connaissez pas non plus ? Un manque vite réparé…

… ou pas ?

 Vient maintenant la partie Neo-Metal et c’est là qu’on va rigoler un bon coup puisqu’elle sert pratiquement de poubelle à tous les disques qui n’ont pas trouvé leur place dans les sous-rubriques précédentes. Sachant que « Neo-Metal » fait plus penser à Korn et Limp Bizkit qu’à Deicide, je ne peux m’empêcher de rire (jaune) quand j’y retrouve Christian Death, 69 Eyes, Katatonia, The Misfits ou Type O Negative.  Les gars de la rédaction pensaient à quoi quand ils ont eu l’idée de ce truc ?

DrunkAh oui, c’est plausible…

 Bon, dans ce bazar, on trouve quand même de la bonne came et ça démarre aussi sec par Amen, le groupe de punk furibard emmené par le non-moins furibard Casey Chaos. Ça cogne, ça hurle, ça déboite et c’est très fatiguant à la longue mais vu qu’on va en reparler bientôt, notez-vous le dans un coin de la tête. Et ils sont adoubés par LE producteur star de l’époque, Ross Robinson. Si vous ne savez toujours pas qui est Ross Robinson, faites comme ma comptable, vous allez chercher sur Internet. Allez mon petit, allez… S.U.P. fait une excellente impression avec Chronophobia et fait un royal flush avec 5 étoiles ! Pourquoi n’est-il pas disque du mois, me direz-vous alors ? Ben…

 Filter détourne la conversation ramasse trois étoiles avec Title Of Record, un bien joli disque sachant savamment mixer le côté brut des compositions et les jolies balades dont une, Take My Picture, qui leur fera gagner une popularité monstre. Même en France. Non je mens pas !

Même que ça passait à la radio quand il y avait encore la radio chez nous !

 Côté grosse sortie, on retrouve Coal Chamber avec Chamber Music et si je les ai charrié pour leur interview surréaliste, il faut avouer qu’avec le recul, cet album s’écoute encore assez bien, le groupe se permettant des morceaux mélodiques et/ou planants pas mal ficelés et qui casse la monotonie des gros riffs accordés au niveau des genoux. Bon, ça pète clairement pas haut mais c’est recommandable. Surprise : Type O Negative a droit à une mise en avant mais se mange deux étoiles et une critique au fiel de l’ami Rabasse. Est-ce la « popularité » du groupe qui lui vaut cette place ? A ce moment-là, s’il s’agit de mieux l’exposer pour lui chier sur la gueule (il n’y a pas d’autres mots !), c’est de la cruauté. Certes, World Coming Down est loin de la clarté d’October Rust et à des années lumières de Bloody Kisses (chef-d’œuvre, soit dit en passant). Certes l’album est difficile, trop long, pénible parfois… mais cela mérite-t-il un tel dédain et une conclusion telle que « Tchao pantins ! » ? Non ! Alors, désolé mais cher Rabasse, là pour le coup, t’as été con !

 Sinon, quoi d’autres ? Ah oui, y’avait du skeud, je vous avais pas menti. Donc, The Melvins avec The Bootlicker, leur album annuel et 69 Eyes qui s’est fait passer pour un groupe gothique avec Wasting The Dawn sauf qu’à ce niveau, ça frise surtout la parodie involontaire. Jugez sur pièce :

La chanson est bien (même si répétitive) mais quand on exhibe tout le matos de façon aussi ostentatoire, ça pue du bec…

 Katatonia gagne 3 étoiles avec le touchant Tonight’s Decision. C’est un groupe qui est toujours sur le fil de l’emmerdant mais qui n’y bascule jamais. Une prouesse mais il faut avouer que c’est beau. The Misfits se fait gentiment cartonner avec son Famous Monster, album un peu flemme et volonté de gagner un peu de thunes. Powerman 5000 est « brillant » avec son Tonight The Stars Revolt… mais perso, j’ai rien vu. Formé par le frère de Rob Zombie, ça ne reste qu’un sous-White Zombie (ça vous étonne ?), le génie en moins et le son de batterie Playskool en plus. Non, toute la production est pourrie en fait ! Si on rajoute la mauvaise copie, la note est salée. Préférez l’original ! On retrouve Will Haven avec WHVN et une critique complétement accro de Frank Frejnik qui les glorifie de « metal du nouveau millénaire« , carrément ! Sauf que le groupe n’ira malheureusement pas jusque là mais il inspirera beaucoup plus que ne l’avoueront certains par ce son de guitare, ces rythmiques et ces hurlements névrosés. La définition même du groupe culte. Et on va terminer avec Chris Cornell qui mettait Soundgarden en sourdine pour un looong moment et sortait son premier album solo, Euphoria Morning. Qualifier cela de « vaccin anti-grunge » par un Bonnet versatile, c’est un peu fort de thé mais le père Cornell ne fait pas dans la facilité tant son effort s’éloigne autant qu’il peut de ses racines originelles. Presque entièrement acoustique, l’album surprend par son côté intimiste même si on retrouve la voix puissante du beau gosse. Après, faut aussi dire ce qui est, au bout de 50 minutes, ça devient un peu chiant… Mais si votre copine ne comprend pas que l’on puisse agiter son début de calvitie sur des cris de goret, cet album saura réconcilier votre couple.

 Les chroniques Imports (toujours sponsorisées par la FNAC) existent toujours et l’on retrouve… Houlala… que du beau monde ! Night To Die, Acid King, Candiria… Ils ne vous disent rien ? Moi non plus ! Mais on retrouve aussi Mr Bungle avec California et son melting-pot musical qui n’a plus grand-chose à voir avec la musique noise de ses débuts. C’est comme ça, c’est fait exprès ! On retrouve Infectious Grooves avec Borracho et ça n’en vaut pas la peine puisque, en disque du mois importé, on retrouve Unida avec Coping With The Urban Coyote, sorte de Kyuss ressuscité (normal, c’est le même chanteur, John Garcia) et fleuron de la guitare qui vrombit dans l’huile de moteur.

 Allez, on termine doucement cette reprise d’activités par l’indéboulonnable Born Killers et dans les démos de ce mois-là, on trouve My Darkest Dream, Dismal (et une pochette moche pour la 12 !), les excellents Bullshit Inc. qui sont démo du mois… mais c’est vers ce petit groupe venu de Marseille que nos regards de (désormais) vieux se posent. 4 petites titres qui allaient lancer la machine Dagoba vers des sommets. Et dire que j’ai croisé Franky Costanza à son stand au Hellfest… Snif, excusez-moi… Et passé les live dont on continue à se foutre, nous voilà (enfin) arrivés à la fin de ce numéro 52. Un calvaire, je vous l’avoue, que j’espère ne vous avoir pas trop fait ressentir les effets, du moins pas plus que d’habitude.

 La suite au prochain numéro… On y croit !

Le CD Sampler #17 du mois de septembre 1999

052-17LE titre « introuvable » (faut pas pousser non plus…) qui met ce sampler sur orbite et la main rouge de colère, c’est l’impressionnante reprise du Hell Awaits de Slayer par Cradle Of Filth et elle est excellente puisque, tout en gardant la trame initiale du morceau, le groupe anglais se l’approprie totalement. Bluffant et désormais trouvable sur Youtube. Pas mal de bonnes choses pour le reste et un début de futurs samplers à dominance bourrine qui ne fera que s’amplifier par la suite. À noter que j’avais détesté le morceau de Satyricon. Comme quoi…

  1. Cradle Of Filth : Hell Awaits – Dusk… And Her Embrace dans sa version collector
  2. Moonspell : soulsick – The Butterfly Effect
  3. Crimson Glory : New World Machine – Astronomica
  4. Nightmare : The Legend – Astral Deliverance
  5. Vision Divine : New Eden – Vision Divine
  6. S.U.P. : Shout (1994 version) – Chronophobia
  7. Katatonia : Right Into The Bliss – Tonight’s Decision
  8. Satyricon : Filthgrinder – Rebel Extravaganza
  9. Soilwork : Chainheart Machine – Chainheart Machine
  10. Angel Corpse : Solar Wills – The Inexorable
  11. Mortician : Fleshripper – Chainsaw Dismemberment
  12. Malevolence : Hunters Of The Red Moon – Martyrialized
  13. Bullshit Inc. : Snapcase – Life Under Pressure

Darcie Dolce2– Rhalala, ces vacances qui se terminent déjà… Heureusement que les Brumes Électriques reprennent !

– Attends, on fait un selfie, hihihi…