Dans Les Brumes Électriques #39

052 Bonjour à tous !

Vous n’y croyiez plus ? Moi non plus ! Et d’ailleurs, je n’y croirais vraiment qu’une fois le dernier mot de cet article tapé et publié. Après deux (trois) (quatre) faux départs, je suis en droit d’être méfiant envers moi-même. Je pourrai m’étendre sur les raisons de ce long silence, même si celui-ci fut entrecoupé de quelques articles qui ont eu leur petit succès, mais ma réserve naturelle et une volonté d’arrêter de rabâcher de vieilles lunes prendront le dessus avec raison. Disons qu’il est temps que ma passion régissent de nouveau ma vie et qu’une bonne piqure de rappel est nécessaire. Ce sera donc tout pour cette introduction, je développerai des bêtises sur les prochaines (oui, j’y crois !).

 Un état de fait qui nous permet ainsi de rentrer plus vite dans le vif du sujet, ce nouveau numéro étant particulièrement costaud et trois coudées plus intéressant que le 51 de sinistre mémoire. Mais si, je l’avais publié avant que vous ayez des enfants. Sinon, retournez le lire, ça me fera un peu de vue en plus. Un Hard N’ Heavy 52 qui profite de sa rentrée de septembre 1999 pour se refaire un look à neuf. Au bout de cinq ans d’existence, sortir de son ronron mensuel est nécessaire afin de ne pas lasser le lecteur. Sauf que là, nous sommes passés de la jeune fille timide et son maquillage discret à l’ado rebelle et sa truelle ronde 20 cm Mac Allister. C’est quoi ce bordel ? J’ai déjà tempêté sur le maquettiste mais là, c’est l’overdose ! Déjà, la couverture, c’est le syndrome Fan2 : y’en a partout ! Par-tout ! Pour la sobriété des précédentes unes, on repassera. C’est à peine si on sait de quoi il en retourne tellement l’accumulation de news chocs fait que plus rien n’est lisible, donc important. Et quelle bonne idée de choisir LA photo où Dani de Cradle Of Filth se cache le visage, c’est lumineux ! Et l’en-dedans n’est guère plus folichon puisque la mise en page oscille entre très réussie et le carrément moche (mention spéciale à l’interview de Moonspell !). Et pour finir dans les bonnes idées, la partie discographie a été partagé en trois… avec interviews supplémentaires !!! Et comment je fais, moi ? Vous y avez pensé ?

 Bon, commençons par le début, c’est encore le mieux et penchons-nous sur l’entretien avec le Berceau De Saletés qui, apparemment, a plein de projets dans sa besace, assez en tout cas pour justifier un « Du nouveau chez Cradle » en titre de Une. Au final, si on garde la partie texte, ça tient sur deux pages (super !) et le maquettiste, pas encore redescendu de son petit nuage avec ses métalleux roses, profite de l’absence de ses moyens pour nous coller, six pages durant, plein de petits Dani Filth un peu partout façon gommettes et ce, à des looks tirés d’époques totalement différentes. Bonjour la continuité. Bref, que se passe-t-il chez Cradle en septembre 1999 ? Pour changer, ils ont viré le guitariste Gian, suite à un « conflit de personnes » et le dernier batteur engagé a rendu ses baguettes. Pour ce dernier, le poste n’est pas resté vacant longtemps puisque c’est Adrian Erlandsson (déjà évoqué dans un numéro précédent) qui tient toujours le poste. Par contre, que Dani affirme qu’il « est un meilleur batteur que Nick ne l’était« , c’est un peu fort. Mettons cela sur le compte de la rancœur et embrayons sur la tournée américaine, source de petits tracas de la part du gouverneur du Wisconsin. Ce dernier les accusait de répandre la musique du Diable et avait tenté d’interdire le concert. C’est marrant, on dirait du Marilyn Manson… Toujours est-il que le concert a bien eu lieu mais en intérieur à la place d’un plein air peut-être plus propice à des perturbations extérieures malvenues. Je vous passe le reste de la tournée, globalement réussie, l’annonce d’une date spéciale à Paris le 16 décembre avec grosse production à l’appui et nouveaux morceaux, et l’écriture du nouvel album. Dani s’attarde ensuite sur le nouvelle vidéo longue durée du groupe et dans laquelle il trouve « des passages un peu superflus mais pour les fans du groupe, je crois que c’est essentiel. » De quoi ? Que ce soit superflu ? Et comme le petit chanteur vante les louanges du clip gorissime From The Cradle To Enslave, Rabasse approfondit un poil le sujet et j’en profite aussi pour vous balancer (une deuxième fois) le clip. Magnéto, Serge !

 Ah oui, c’est dégueulasse, je vous l’avais dit !

 Ce grand moment de douceur provient des cerveaux dérangés de Dani et Alex Chandon (le réalisateur), décrit par le leader comme « un vrai cinglé. » Un tournage assez dingue : « Je devais me lever tous les matins à huit heures, rester dans ce studio glacial et attendre la plus grande partie de la journée, à regarder des créatures bizarres se balader dans tous les sens. » Mais cela n’a pas découragé le lutin criard pour autant, même s’il regrette que le résultat ne soit pas aussi extrême (!!!) qu’il l’aurait souhaité : « Certaines personnes auraient eu peur que le clip ne passe pas assez souvent à l’antenne pour que celui-ci puisse rentabiliser l’investissement. » C’est vrai, c’est dommage, je n’ai vomi que deux fois… D’autant que MTV ayant diffusé la version uncut, Dani voit ça comme un échec. Toujours est-il qu’il souhaite, avec Alex Chanson derechef, tourner un nouveau clip le plus rapidement possible et lance un appel : « S’il y a un riche noble, quelque part en France, qui veut investir dans le cinéma et qui a, disons, un demi-million de livres pour commencer, qu’il n’hésite pas à nous contacter ! » De l’argent sûrement bien dépensé, leur présente horreur ayant coûté la modeste somme de 30.000 £ (300.000 brouzoufs français de l’époque). Rabasse lui précisant que les « nobles » se sont faits couper la tête il y a quelques siècles de ça, Dani ne se démonte pas : « Ça n’est pas très grave si ce n’est pas un noble. Qui que ce soit avec de l’argent sera le bienvenu ! » Aux dernières nouvelles, le Qatar n’était toujours pas sur le coup. Quand à ce prochain méfait pour les rétines innocentes, il servira de mise en image d’un titre initialement prévu pour un jeu vidéo sur Playstation. Oui oui, vous avez bien lu, et le P.D.G. de la célèbre console aussi apparemment vu que le titre, Of Dark, Blood And Fucking, a vite fait de retourner aux enfers. En même temps, sur Crash Bandicoot, ça aurait sonné bizarre…

cradle Dani

 L’interview se termine sans accrocs (de vampire ! Ha ha ha… Non, je ne sors pas !) avec quelques menus détails sur des travaux futurs (nouvel album, nouveaux titres, reprises et remixes), l’inévitable changement de personnel et cette réflexion qui en découle : « Je pense que certains n’arrivent pas à réaliser qu’on ne peut, dans un groupe, être amis 24 heures sur 24 car le temps passé à travailler ensemble est déjà énorme. C’est une erreur que les gens font. Ne pas se rendre compte que ce rythme de travail inclus parfois des conflits. » La vie de groupe et ses vicissitudes…

 Ce papier inintéressant achevé, reprenons le cours normal de notre émission en recommençant du début. Une introduction pleine de pep’s saisit le lecteur, annonçant fièrement les chamboulements de maquette pour un « magazine plus direct » ! Oui mais non ! Après un petit coup de gueule contre le prix anormalement élevé du disque en France et un coup de cirage aux formidables lecteurs, je tique un peu en remarquant que ceci est signé par… La Rédaction ! Ils nous ont perdu Bonnet ? Réponse au prochain numéro.

 S’ensuit l’interminable courrier des lecteurs (quasiment quatre pages !) qui démarre par Romain Gillard de Plestin-Les-Grèves qui est fan de death-metal mais pas fan du tout du hors-série que HnH a consacré au style, trop mélodique à son goût et avec trop peu de bon « death old school » bien brutasse. Le plus beau, c’est que le magazine s’excuserait presque dans sa réponse ! Un comble ! Bertrand Khan de La Denillère gâche un timbre pour nous expliquer qu’il adore Kiss tandis que Amzorth (à vos souhaits !) ne comprend pas que Emperor ne soit pas plus énorme que Dimmu Borgir. Vaste débat qui ne trouvera pas sa place dans ses colonnes maintenant, on n’a pas le temps. Steeve Camboly du 90 pousse un coup de gueule contre le Wacken et son organisation, Frédéric Pelletier aussi mais contre la rédaction du journal qui s’acharne à descendre Metallica alors que c’est injuste vu que c’est le plus grand groupe du monde (selon Pelletier Frédéric). Une lettre suintant toute la haine du fan déçu que les journalistes puissent émettre des critiques contre son groupe favori, se permettant même de tirer à vue sur les petits camarades (Megadeth en tête) qui sont tous moins bons que les Four Horsemen. HnH ne répond même pas, pour donner une idée de l’importance qu’ils accordent à la chose. Chris n’aime pas le chant black/death, Laurent trouve The Burning Red de Machine Head ridicule, Fabrice Mathoux raconte n’importe quoi (mais lui, il le fait exprès !) et Jean Bulbe s’indigne du manque de respect des médias envers le metal. C’était sur MCM en 1999. Comme le temps a passé…

La Heavy Rotation passée (Rhapsody, Iron Maiden et… Marduk ??!! Qui gagne 17 places d’un coup ??! Holy Shit !!!), on mord dans les news et… la mise en page, mon Dieu ! Enfin bref, on y rentre sans aucune forme de procès ou de présentation et on apprend direct que Roy Mayorga quitte Soulfly. Le batteur fait suite à une longue liste de musiciens ayant traversé le groupe sous la coupe quasi-exclusive de Max Cavalera (ex-Sepultura pour les deux du fond qui ne suivent pas), ce qui tempère le discours très « tribu » que nous ressort le musicien à longueur d’interviews. Mötley Crüe donne de ses nouvelles aussi puisque, outre être en tournée avec Scorpions (on ne rit pas… Si, allez, un peu quand même !), Nikki Six s’est fait embarqué par la police « pour incitation à l’émeute lors d’un concert à Las Vegas« , Vince Neil attaque une compagnie aérienne qu’il rend responsable de la mort de sa fille et Tommy Lee bosse sur son bousin nouveau groupe, Methods Of Mayhem. Seul le guitariste ne fait rien et c’est tout à son honneur. Slayer enregistre un nouveau titre pour une émission de catch de la WCW (Big Papa comblera mes immenses lacunes sur le sujet), Todd McFarlane, papa du comics Spawn, lance une figurine Ozzy Osbourne et un Ozzy Osbourne Magazine (le pied !). Tool, de son côté, nous fait languir, déjà à l’époque, sur son futur nouvel album pendant que Keenan, le chanteur, multiplie les projets annexes… dont un certain Perfect Circle. Steve Harris (je dois encore vous le présenter ??) crée son propre label, Beast Records avec le succès que l’on sait. Non, cherchez pas, c’est une vanne ! Fear Factory réenregistre le titre Cars de Gary Numan mais cette fois avec le gus au micro. Passionnant ! On termine ce compte-rendu palpitant avec le film Metal Gods avec Mark Wahlberg dont le scénario a été inspiré par l’histoire de Ripper Owens, jeune chanteur de tribute band à la gloire de Judas Priest avant de devenir le chanteur officiel dudit groupe. Remarque pleine d’humilité du bonhomme : « J’espère qu’ils laisseront à Wahlberg l’extension pénienne qu’ils lui ont donné pour Boogie Nights. Elle ira plutôt bien à mon personnage ! » Ha ha ha, lol mdr ! Gros bouillon à l’arrivée, comme quoi, ça tient pas à grand chose.

La bande annonce de ce chef-d’œuvre oublié par tous, y compris par ceux qui l’ont fait !

 Je saute trois news inutiles et je découvre que les rubriques Quizzzz et Mes Skeuds A Moi sont passés de la fin au début du magazine et je sais que, comme moi, cela vous chamboule total. Nous retrouvons donc Max Cavalera pour le Quizzzz (rien de mémorable là-dedans) et Kerry King pour les Skeuds. Le bonhomme est assez ouvert puisqu’il arrive à citer Van Halen, Pantera, Nine Inch Nails, Sepultura et Machine Head, tout en sachant qu’il se fâchera avec la moitié d’entre eux. Sacré lui ! Petite surprise : une brève vient dauber sur Bon Jovi en ces termes : « Enfer ! Selon nos informateurs (…), il y a de fortes chances pour que l’innommable (carrément…) Bon Jovi revienne empester nos ondes très prochainement avec l’album qu’il est actuellement en train d’enregistrer. » Quelle virulence ! Surtout quand on se rappelle qu’il y a quelques années, le journal lui tendait le micro avec plaisir. Petite crise d’adolescence ou mémoire courte ?

 Allez, on reprend le cours de l’émission et on continue le cauchemar puisque, après le désastre Cradle Of Filth dont je vous ai fait part au début, le journal continue sur sa lancée WTF avec l’interview de Moonspell. Alors, ça se passe en deux temps. D’abord, la maquette, d’évidence laissée à un graphiste sous influences illicites. Une double page de photos (moches) qui annoncent… une simple page d’interview ! L’effet douche froide, comme quand je vois une bande-annonce qui déchire et qu’après, je vois le film sur pattes. Quand à l’interview en elle-même, deuxième temps, outre de nous coller un cliché envahissant d’un des musicos affalé dans un fauteuil cuir et entouré d’un fond violet du meilleur dégout, elle nous raconte QUE DALLE ! Pour faire ça, faites rien, vous le faites mieux ! Donc, après une introduction interminable sur leur séjour anglais pour enregistrer leur nouvel album, on arrive péniblement à quelques infos pour le fan et lecteur. Un album qui a un « concept« , enregistré à Londres plutôt qu’à Berlin, et qui dévoile « des intentions claires. » Même en le relisant, j’ai rien compris. Enfin, si, à la fin, quand après des lignes de blabla, le chanteur avoue en avoir eu marre de traiter de sujets occultes et qu’aujourd’hui, « Moonspell est inspiré par lui-même. » Super !

Bon, laissons parler la musique, ça vaudra mieux…

 Le gros dossier de ce mois, c’est la « rentrée discographique metal » avant l’an 2000. D’ailleurs, puisque vous n’en parlez pas, je le soulève à votre attention mais l’excellent 99 albums avant l’an 2000 a tout simplement sauté ! Reviendra-t-il le mois prochain ? Vous le saurez dans 8 mois ! Bon, on ne va pas s’étendre plus que de raisons sur tous ces disques à venir, on en reparlera en temps et en heures et ça nous permet de dégommer allégrement 10 pages. A la louche, on y retrouve du connu et du moins connu : Luca Turilli, Oversoul, Pantera, Hate Eternal, Korn, Nightmare, Satyricon, Marilyn Manson (qui annonçait un futur opus « le plus dur et le plus laid qui soit« ), Nine Inch Nails (dont nous ignorions encore à ce moment-là que son futur bébé serait double mais qu’il s’appellerait The Fragile) et consorts. Voilà, attardons nous plutôt sur la suite.

 Et la suite s’appelle Type O Negative. L’immense « Type O » du non moins immense Peter Steele, malheureusement disparu trop tôt. Mon Dieu que ce groupe me manque… Bref, le groupe de Brooklyn nous revient avec son album le plus difficile, World Coming Down. Difficile car lourd, introspectif et peu enclin à la dérision affectionnée jusqu’alors. C’est donc un Peter Steele morose, accompagné de Josh Silver (claviers) et Kenny Hickey (guitares), qui répond aux questions, toujours aussi franc mais moins porté sur l’humour noir.

Type o in bedIn bed with Type O ?

  D’entrée de jeu, l’imposant leader présente leur nouvel effort comme un album cauchemardesque, « un cauchemar devenu réalité, malheureusement. L’ensemble est assez sombre, négatif, dépressif… vrai ! » Voilààà… L’ambiance est bien posée, je crois. En même temps, l’histoire personnelle du chanteur (et des autres membres) a directement influencé le ton de l’album : « Chacun a besoin de faire ressortir des éléments qu’il considère comme hostiles, qu’il s’agisse de colère, de ressentiment ou de tristesse. Certains boivent pour tenter d’évacuer leurs soucis, d’autres battent leur femme. (Ironie inside un peu quand même…) Nous, c’est par la musique que ça passe. » Et d’avouer avoir procédé à une « thérapie sonore » qui ne manquera pas  de lui valoir moultes questions de la part des journalistes.

 La suite de l’interview traite de quelques points techniques concernant l’enregistrement et d’une volonté d’éviter la « surenchère » de October Rust pour revenir aux racines, à savoir Black Sabbath, les Doors et les Beatles, dont le groupe fait une reprise à sa sauce de Day Tripper (avec un petit mélange de If I Needed Someone et de I Want You (She’s So Heavy)). Après Cinnamon Girl de Neil Young, Light My Fire des Doors ou Black Sabbath de… Black Sabbath (bravo, y’en a deux qui suivent !), le groupe explique sa façon d’aborder la reprise : « Comment aurait-elle sonné si nous l’avions écrite ? » Ce qui est loin d’être con, vous l’avouerez ! Mais assez juste quand il pointe du doigt les 99% des groupes qui ne font que copier tel ou tel titre, note pour note, mot pour mot : « Ça, c’est bon quand tu as 15-16 ans et que tu répètes dans ton garage.« 

Enfin, une question anodine relance la discussion et nous retrouvons, l’espace d’un instant, le Peter Steele qui nous faisait rêver de lui la nuit, les draps se souvenant au petit matin… Comment ça, pas vous ? Bref, sur la question du faible nombre de titres concernant les femmes, Kenny Hickey sort de sa torpeur et balance : « Ce qui devait arriver est arrivé : nous sommes tous devenus homosexuels ! » Et Peter de renchérir : « Voire hermaphrodites ! » Il avoue ensuite avoir trop forcé sur le trip sexe, donnant du groupe et de lui-même une image trop statique au final : « Ça finissait par devenir cliché… Quelque part, j’aimerais que l’on me regarde pour ce que j’ai dans le cœur et pas forcément dans le pantalon ! » Le genre de problème qu’a connu Big Papa dans ses jeunes années mais ne nous égarons pas. Car Peter se livre. Si si ! « J’ai fini par ne plus trouver drôle de n’être perçu que comme une sorte de Musclor lubrique. » Et l’orientation plus personnelle de ce nouvel album de remettre quelques pendules à la bonne heure (du lundi au vendredi, 11 heures – 12h30 sur RTL !). Lucide, Steele reconnait que Type O Negative souffre encore d’erreurs d’interprétation, souvent dues au groupe lui-même. « Avec Type O, il devrait toujours y avoir matière à pleurer et rire en même temps. Et ça, peu de gens l’ont assimilé. » Et tout cela se termine sur une question concernant la scène gothique en plein essor, sujet que Steele balaye de sa grosse paluche : gothique, oui un peu, mais pas que ! « Notre base, c’est le rock et le metal. Après ça, libre aux médias et au public (…) de nous ranger dans telle ou telle catégorie. Tant qu’ils ne nous rangent pas dans le rap, tout ira bien ! » Et hop ! Une petite praline pour terminer !

Tout est dans le titre !

 Allez, on va détendre un peu l’atmosphère avec l’interview accordée à Coal Chamber. Pour le coup, l’entretien est long, les p’tits gars (leur chanteur Dez Fafara en tête) ayant la causette bien entretenue. Niveau questions, c’est un peu décousue et on passe du coq à l’âne avec l’aisance d’un footballer italien se claquant l’orteil dans la surface de réparation adverse. Cela commence par un classique mais intemporel « cet album est meilleur que le précédent » et qu’ils ont juste voulu enregistrer le meilleur qui soit, sans être influencés par le reste de la scène neo-metal, même si le batteur nuance le propos par un « plutôt envie de rester nous-même. » Et sur les 35 (!!) chansons enregistrées, ils n’en ont gardé « que » 16 : « Nous, on veut enregistrer un disque pour nos fans. (…) On ne veut pas n’en mettre que 10 (chansons) sur un album de 30 minutes. Quand tu vois le prix du disque… Alors on veut montrer qu’on sait faire des chansons et qu’on n’a pas peur d’en faire beaucoup. » Oui, mais en se faisant l’avocat du diable, on peut aussi pointer un excès de remplissage et/ou une incapacité de trier le bon du mauvais. Oui, d’accord, il parle de 35 chansons mais déjà 1. J’étais pas là donc il peut aussi bien raconter des bobards, et 2. combien de chansons étaient abouties au final ? Histoire d’enfoncer le clou, le chanteur répétera plus tard que l’intérêt d’autant de chansons est que le fan pourra piocher à sa guise selon ses humeurs du moment. Mouais…

 Arrive une petite partie amusante où, forcément, les « copains » Korn entrent dans la danse quand le journaliste, Thomas VDB en l’occurrence, rappelle qu’une partie des fans de leur premier album provient de ceux des cinq de Bakersfield. Alors ça, le Dez, ça le gonfle, au point de répondre d’abord à côté (« Je te défie de trouver des points communs entre le dernier Korn et Chamber Music. » Ok, mais c’est pas la question…), de sortir Lemmy comme influence majeure et unique pour ce disque (Super mais alors AUCUN rapport !) et de dérouler avec un melon pas possible comme quoi, c’est Korn qui leur a tout piqué. Ah oui, carrément ! « On  a commencé en même temps. (…) Ils ont été signés en premier. On arrive juste après et on se fait traiter de clones. » Et attention, conclusion modeste incoming : « Mais notre atout est d’avoir compris qu’il ne fallait pas exploser tout de suite. On veut que nos albums soient progressivement meilleurs. » Le coup du succès à retardement volontaire, on me l’avait jamais faite ! Quand au « notre cinquième album écrasera Chamber Music », on en sera loin puisque le reste de leur carrière tournera en boudin.

 Je passe rapidement sur le contenu des paroles (« En fait, je crée des situations négatives pour les tourner ensuite de manières positives » Dieu que c’est original ! Et que ça ne veut rien dire !) et les gens rencontrés en tournée « tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-gentil. » Un petit mot sur leur parrain musical Ozzy Osbourne qui chante un titre sur le nouvel album (une reprise de Shock The Monkey de Peter Gabriel) et on fait rebelote sur le fait d’avoir écrit 35 chansons : « On s’est demandé s’il ne fallait pas en enregistrer 35 autres pour compléter le choix. » Mais bien sûr…

grosse flute

 Et le margoulin continue sur sa lancée : « De même, j’écris tout le temps des lyrics. Tiens, juste aujourd’hui, j’ai composé des paroles pour trois chansons dans ce petit carnet que tu vois là. Mais je ne me considère pas comme un songwriter. Plutôt comme une personne de mots. Et ceux qui me reprochent de chanter trois fois le même couplet n’ont justement pas compris ma démarche. C’est justement en chantant trois fois ce même couplet que je lui donne sa force. » Oh purée… Ça explique donc pourquoi il répète trois fois la même chose dans les interviews. Et cet entretien de se conclure, de but en blanc, sur… leurs disques achetés récemment ! Nous avons droit à WASP, Judas Priest mais le chanteur nous fait une JCVD et commence alors à citer Sade et P.J. Harvey : « Mais tout ça, c’est la même chose, tu vois, c’est, ahhh… c’est l’ouverture d’esprit, tu comprends ? » Le journaliste acquiesce. « Un jour on écoute du rap, un autre jour, on écoute Barry White ou Marvin Gaye. » Là, le journaliste re-acquiesce et le musicien finit en roue libre en citant pêle-mêle le black-metal, l’assimilation de la musique à cerrtains « drames », Marilyn Manson… « N’ayez pas peur de vivre ! Affirmez votre opinion ! C’est le message de Chamber Music. » Je vous l’avais dit qu’on rigolerait bien…

melonDez Fafara (portrait)

 Et puisqu’on se gondole, on continue avec Megadeth dont l’interview est ridiculement petite pour un groupe de cette stature. 3 pages pour un Coal Chamber qui avait tout à prouver et une demi-page (sans déconner, tout le texte mis à la suite tient dans ça !) pour Mustaine et sa bande ? Merde ! Bon alors d’accord, on parle de Risk, l’album qui a marqué le début de la fin mais quand même… Quand Metallica pond Load, le magazine en fait des tonnes ! Bref, on apprend d’entrée que Dave Mustaine est mal réveillé d’une grosse sieste (super !) et que pour le taquiner un brin, le journaliste (Thomas VDB derechef !) lui demande s’il fait quelque chose le soir même, vu que ses anciens compères de Metallica jouait à Bercy. Génial ! Deux colonnes perdues pour une connerie, deux pouces bleus les gars ! Toujours est-il que si l’album s’appelle Risk, ça n’a « rien à voir avec le jeu » (misère…) mais « qu’un disque est toujours un risque pour l’artiste : il se heurte à la critique de ses fans, des médias, de la presse. D’une certaine façon, n’importe quel album de Megadeth aurait pu s’appeler Risk. » Si on veut mais il est vrai que la chose appuie sur plus de mélodies et même… de l’électronique ! Ah oui, mazette, ça fait beaucoup… Mais ça ne dérange pas le père Mustaine car cela donne « un petit côté nouveau metal. » Noooon, pas toi ! Grisé par le succès du single Crush’em, pourtant annonciateur de la catastrophe, le groupe a mis les pieds dedans : « J’aime beaucoup l’aspect simple de la techno. Ses lyrics, quand il y en a, sont extrêmement simples à se souvenir, et c’est un aspect qui a beaucoup inspiré le processus de création de Risk. » Bordel, on dirait une citation de David Guetta ! Et on plante un dernier clou dans le cercueil sur la participation de JCVD dans le clip de la chanson Crush’em, qui a aussi servi d’entrée en scène au catcheur Bill Goldberg (Big Papa me corrigera si je me trompe). Triple H avait Motörhead, chacun son truc. Quand au départ du batteur Nick Menza (décédé en cette année 2016, repose en paix), on n’en saura guère plus que le ripoliné « nous prenions deux chemins différents, la séparation s’est faite d’elle-même mais c’est un type formidable et je lui souhaite bonne chance. » De la langue de bois chez Dave Mustaine ? Oui, il y a avait vraiment quelque chose qui avait fêlé…

Paroles indigentes, musicalité atroce, clip minable… Heureusement, il y a Bill Goldberg !

  Et là, nous nous retrouvons aux pages Skeudz (qui ne s’appellent plus comme ça depuis longtemps mais je m’en fous, je le garde !). « Déjà ! » s’exclame… personne, puisque personne ne suit de toutes façons. Ouiiii mais attendez, vous allez rire. Comme je l’évoquais au début, continuant dans leur volonté de dynamiter l’ancienne formule du journal, toute la partie chronique de disques se retrouve chamboulée. Histoire de faire plus simple, tout cela est découpé en trois parties : Heavy, Extreme et Neo-Metal. Pourquoi pas ? Sur le papier, l’idée est bonne. Dans la pratique, c’est une autre paire de manches. Mais surtout, trouvaille du siècle, ils rajoutent des interviews AU MILIEU des chroniques ! Et comme tout cela a été mis en page par le cousin du stagiaire, le résultat est un b.o.r.d.e.l. visuel assez inhumain. Alors, on va commencer par le commencement et on va faire rapido les interviews avant de passer aux disques. Retour de la rubrique Spots (#LesVraisSavent) :

 – Helloween qui a survenu aux années 80 revient avec Metal JukeBox. Reboosté avec l’arrivée de Andi Deris au chant, le groupe bricole un album récréation fait de reprises de Cream, Deep Purple ou encore… Abba (!?!). Une promotion assez molle, les musiciens défendant du bout des lèvres leur œuvre, sauf pour expliquer que reprendre les Beatles suit une logique puisque, enfant, jouer de la guitare permettait de « ressembler » aux quatre de Liverpool, surtout pour impressionner les filles. Mais tout ça ne vaut pas tripette car, avouant que ce disque a été enregistré un peu à droite et à gauche par des musiciens qui ont papillonné sur des projets parallèles, le plus important désormais est le prochain album « 100% Helloween cette fois ! » Putain, j’en ai déjà marre…

 – Saxon est aussi de retour avec Metalhead, nouvel album enregistré en Allemagne, « nettement plus ouverte au metal que la Grand-Bretagne. » Tu veux qu’on parle de la France ? Une petite papote innocente, juste histoire de dire que le groupe a perdu de sa superbe au milieu des 80’s suite à quelques hésitations stylistiques, entre Def Leppard et Motörhead selon le journal. Heu, ça fait un sacré grand écart, non ? Yannouche confirmera quand il sortira de ses cartons. Tout cela à cause de Crusader, disque mal accueilli à sa sortie et surtout calibré pour le marché américain. Mais c’est de l’histoire ancienne désormais, grâce à des producteurs capables de mélanger mélodies travaillées et gros son heavy. Et le chanteur Biff de conclure que jamais au grand jamais il ne se coupera les cheveux : « Je suis certain que les mecs de Metallica vont regretter dans cinq ou six ans quand ils verront que leurs cheveux ne repoussent pas aussi bien qu’avant (rires) ! » Ha ha hasuivant !

 – Nocturnus revient d’entre les morts et finira par y retourner aussi sec, d’ailleurs. Bon, on va pas y passer trois jours : le groupe est apparu au début des années 90 avec The Key et Threshold, premiers albums à rehausser le niveau technique du death metal de trois coudées et à inclure des synthétiseurs (si si !) ! Pas étonnant que personne ne se soit intéressé à eux à l’époque… et aujourd’hui encore ! Pourquoi j’en parle ? Parce qu’un de mes camarades au lycée m’avait prêté Threshold en me prédisant une grosse tuerie et que j’avais trouvé cela assez répulsif. Si aujourd’hui mes goûts ont (beaucoup) évolué et me permettent d’écouter quelques ignominies avec un sourire béat, Nocturnus ne me fait plus peur mais m’ennuie gentiment, comme à chaque fois qu’un groupe ultra-technique se branle le manche pendant 60 minutes. D’ailleurs, pour ce nouveau disque, le groupe freine considérablement ses ambitions pour des parties plus « catchy ». Rien n’y fera malgré tout.

 – Pour les amateurs de grosse bidoche faisandée qui dégouline, Mortician nous revient en pleine forme avec Chainsaw Dismemberment. Leur guitariste Roger Beaujard apparait pourtant comme un gros fan de… Star Wars ! Ben dites donc ! Pour le reste, le groupe tente une greffe avec un vrai batteur, une nouveauté tant la boite à rythmes poussée au maximum faisait partie de leur formule de base : « Mais bon, on va voir ce que cela donne et surtout s’il tient physiquement le coup ! » Musicalement, ça reste inécoutable (« Pourquoi changer une équipe qui gagne ?« ) et tout cela est accordé le plus bas possible (en Fa, pour les musiciens qui se seraient égarés en ces pages) : « Seul problème : il nous faut des cordes qui tiennent plus de câbles électriques que de cordes de guitares ! » Dans la mesure où leur concept tourne exclusivement autour du gore à outrance et que leur bassiste s’inspire des 500 films d’horreur de sa collection, le groupe a de quoi voir venir. « Autant d’inspiration pour remplir une bonne dizaine d’albums. » Oui mais sans moi, alors…

 – Today Is The Day passe en coup de vent nous dire que son album n’est pas du black mais un « concept contre toutes les religions organisées » et qu’il est « beaucoup plus complexe, psychédélique et émotionnel. » Cool… Soilwork en raconte à peine plus (avec exactement la même photo de présentation que celle de la page news au début du magazine, chapeau les gars ! On sent que ça bosse !), d’autant que, à peine leur tétine sortie de la bouche, ils commencent déjà à casser les couilles : ils ne font pas du death-metal mais du « thrash mélodique avec une bonne dose d’énergie. » Ce qui ne veut RIEN DIRE !!! La comparaison avec Arch Enemy ne les gêne pas, ils sont potes avec eux et on apprend que c’est l’oncle du chanteur qui tient une des deux guitares désormais. Le reste est oubliable, on passe au suivant…

 – Woputain, S.U.P. ! Gros morceau, les enfants ! Sauf qu’il n’y a aucune interview, juste le compte-rendu en avant-première au mixage de leur quatrième album avec premières impressions sur cinq morceaux et une critique à chaud extrêmement positive et enthousiasmante… sauf que l’album est chroniqué à la page suivante ! Se foutrait-on du monde ? Je pose la question. D’autant que ceci est vendu comme une « rencontre avec les cinq Wallers. » Ils avaient piscine ? Bref, une bonne grosse meringue.

 – Katatonia ne sauvera pas les meubles, réduit à une portion congrue alors qu’il y avait véritablement rencontre pour le coup. Tout ça pour dire qu’ils ont eu un plus gros budget et qu’ils ont réussi à mixer grosses guitares et chant fragile. Pour la peine, je zappe Dreadful Shadows dont personne ne se souvient pour terminer sur les mésestimés Will Haven dont on apprend qu’ils sont très contents de savoir que Max Cavalera ait beaucoup aimé leur premier album El Diablo. Et aussi que leur deuxième album est plus metal alors qu’ils sont hardcore dans l’âme. Voilà voilà… Cet embryon d’article de conclure : « On en reparlera. » Même pas vrai, en plus !

 Bon, cette purge terminée, on va reprendre les chroniques de disque. Donc, comme vous avez pu le voir sur la couverture, c’est Moonspell qui décroche le trône ce mois-ci. 4 étoiles pour The Butterfly Effect et la grosse bouille boudeuse du chanteur en photo déco (la classe internationale !). Rien à dire, vu que je n’ai jamais écouté cet album mais très certainement justifié car ils sont vraiment intéressants.

 Ne perdant pas totalement ses habitudes passées, les disques méritoires sont toujours isolés dans leur petite case spéciale. Dans la partie Heavy, Crimson Glory ramasse 3 étoiles avec Astronomica, Virgin Steele en fait 4 avec The House Of Atreus Act 1 et Iced Earth balance son Live In Athens, auquel Yannouche rêve encore avec une émotion dans son Éminence. 31 titres, trois heures de power metal, triple album… What else ? 4 étoiles ? Ok ! Sinon, on croise Jethro Tull, Lynyrd Skynyrd, Riot, Saxon… Le bon gros coup de jeune, quoi ! Saxon qui profite de l’inexpérience du maquettiste pour se retrouver avec deux fois la jaquette de son album sur deux pages d’intervalle. Des flèches, je vous dis ! Sinon, Skew Siskin sort What The Hell et, pour l’anecdote, je les avais vus en première partie de Motörhead il y a un bail. Luca Turilli décroche 4 étoiles avec King Of The Nordic Twilight et je suis sûr que Héphaïstos doit rager d’avoir été aussi méchant avec lui et son Rhapsody d’amour. Sonata Artica se fait déchirer avec son premier album, Unopened. Pas grave, ça viendra plus tard… Steve Vai se fait encore plus déchirer pour son The Ultra Zone. 1 étoile pour un album dédié aux esthètes qui n’écoutent que les soli des chansons. Si, ça existe, j’en ai rencontré !

Allez, un p’tit coup de heavy pour respirer…

 Concernant la partie Extreme, dans la catégorie « on a bien aimé, on vous les met en avant« , Badin perd les eaux (et une partie de l’audition, je pense) sur le premier méfait de Hate Eternal, Conquering The Throne. Formé par Erik Rutan, ex-Morbid Angel, voilà un album de pur death-metal, s’ouvrant et se concluant sur une explosion. Un tabassage en règles sans une once de remords et une seconde de relâchement, 33 minutes de combustion sonore qui fait le tri dans les metalleux… Et dire que ça va être encore pire après ! Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, c’est au « jeune » groupe Amon Amarth d’être distingué pour The Avenger. Mélodique et frontal, si vous vous retrouvez à chanter du death en mangeant vos chocapics, c’est en grande partie grâce à eux. Du coup, Gardenian s’est fait complétement oublier par l’histoire avec son Soulburner, y compris par moi, ce qui est encore plus grave.

 Pour le reste des sorties, Ancient, Aneroxia Nervosa qui, avec le mini-album Sodomizing The Archangel, commence doucement à chasser sur les terres du black-metal, on retrouve Mortician avec un Chainsaw Dismemberment qui ressemble comme deux gouttes de sang au précédent Zombie Apocalypse et qui ressemblera à coups sûr comme deux morceaux de tripes au prochain. Une musique insoutenable, des textes horribles, une pochette ignoble… Une certaine idée du bonheur ! Soulgrind sort Kalma pour trois étoiles et c’est peu mais Rabasse n’est pas plus emballé que ça. Sinon, beaucoup d’albums de gros death, des chroniques expédiées en deux phrases, Today Is The Day qui décroche 4 étoiles quand même et tout cela se conclue sur Angel Corpse avec The Inexorable. Vous ne connaissez pas non plus ? Un manque vite réparé…

… ou pas ?

 Vient maintenant la partie Neo-Metal et c’est là qu’on va rigoler un bon coup puisqu’elle sert pratiquement de poubelle à tous les disques qui n’ont pas trouvé leur place dans les sous-rubriques précédentes. Sachant que « Neo-Metal » fait plus penser à Korn et Limp Bizkit qu’à Deicide, je ne peux m’empêcher de rire (jaune) quand j’y retrouve Christian Death, 69 Eyes, Katatonia, The Misfits ou Type O Negative.  Les gars de la rédaction pensaient à quoi quand ils ont eu l’idée de ce truc ?

DrunkAh oui, c’est plausible…

 Bon, dans ce bazar, on trouve quand même de la bonne came et ça démarre aussi sec par Amen, le groupe de punk furibard emmené par le non-moins furibard Casey Chaos. Ça cogne, ça hurle, ça déboite et c’est très fatiguant à la longue mais vu qu’on va en reparler bientôt, notez-vous le dans un coin de la tête. Et ils sont adoubés par LE producteur star de l’époque, Ross Robinson. Si vous ne savez toujours pas qui est Ross Robinson, faites comme ma comptable, vous allez chercher sur Internet. Allez mon petit, allez… S.U.P. fait une excellente impression avec Chronophobia et fait un royal flush avec 5 étoiles ! Pourquoi n’est-il pas disque du mois, me direz-vous alors ? Ben…

 Filter détourne la conversation ramasse trois étoiles avec Title Of Record, un bien joli disque sachant savamment mixer le côté brut des compositions et les jolies balades dont une, Take My Picture, qui leur fera gagner une popularité monstre. Même en France. Non je mens pas !

Même que ça passait à la radio quand il y avait encore la radio chez nous !

 Côté grosse sortie, on retrouve Coal Chamber avec Chamber Music et si je les ai charrié pour leur interview surréaliste, il faut avouer qu’avec le recul, cet album s’écoute encore assez bien, le groupe se permettant des morceaux mélodiques et/ou planants pas mal ficelés et qui casse la monotonie des gros riffs accordés au niveau des genoux. Bon, ça pète clairement pas haut mais c’est recommandable. Surprise : Type O Negative a droit à une mise en avant mais se mange deux étoiles et une critique au fiel de l’ami Rabasse. Est-ce la « popularité » du groupe qui lui vaut cette place ? A ce moment-là, s’il s’agit de mieux l’exposer pour lui chier sur la gueule (il n’y a pas d’autres mots !), c’est de la cruauté. Certes, World Coming Down est loin de la clarté d’October Rust et à des années lumières de Bloody Kisses (chef-d’œuvre, soit dit en passant). Certes l’album est difficile, trop long, pénible parfois… mais cela mérite-t-il un tel dédain et une conclusion telle que « Tchao pantins ! » ? Non ! Alors, désolé mais cher Rabasse, là pour le coup, t’as été con !

 Sinon, quoi d’autres ? Ah oui, y’avait du skeud, je vous avais pas menti. Donc, The Melvins avec The Bootlicker, leur album annuel et 69 Eyes qui s’est fait passer pour un groupe gothique avec Wasting The Dawn sauf qu’à ce niveau, ça frise surtout la parodie involontaire. Jugez sur pièce :

La chanson est bien (même si répétitive) mais quand on exhibe tout le matos de façon aussi ostentatoire, ça pue du bec…

 Katatonia gagne 3 étoiles avec le touchant Tonight’s Decision. C’est un groupe qui est toujours sur le fil de l’emmerdant mais qui n’y bascule jamais. Une prouesse mais il faut avouer que c’est beau. The Misfits se fait gentiment cartonner avec son Famous Monster, album un peu flemme et volonté de gagner un peu de thunes. Powerman 5000 est « brillant » avec son Tonight The Stars Revolt… mais perso, j’ai rien vu. Formé par le frère de Rob Zombie, ça ne reste qu’un sous-White Zombie (ça vous étonne ?), le génie en moins et le son de batterie Playskool en plus. Non, toute la production est pourrie en fait ! Si on rajoute la mauvaise copie, la note est salée. Préférez l’original ! On retrouve Will Haven avec WHVN et une critique complétement accro de Frank Frejnik qui les glorifie de « metal du nouveau millénaire« , carrément ! Sauf que le groupe n’ira malheureusement pas jusque là mais il inspirera beaucoup plus que ne l’avoueront certains par ce son de guitare, ces rythmiques et ces hurlements névrosés. La définition même du groupe culte. Et on va terminer avec Chris Cornell qui mettait Soundgarden en sourdine pour un looong moment et sortait son premier album solo, Euphoria Morning. Qualifier cela de « vaccin anti-grunge » par un Bonnet versatile, c’est un peu fort de thé mais le père Cornell ne fait pas dans la facilité tant son effort s’éloigne autant qu’il peut de ses racines originelles. Presque entièrement acoustique, l’album surprend par son côté intimiste même si on retrouve la voix puissante du beau gosse. Après, faut aussi dire ce qui est, au bout de 50 minutes, ça devient un peu chiant… Mais si votre copine ne comprend pas que l’on puisse agiter son début de calvitie sur des cris de goret, cet album saura réconcilier votre couple.

 Les chroniques Imports (toujours sponsorisées par la FNAC) existent toujours et l’on retrouve… Houlala… que du beau monde ! Night To Die, Acid King, Candiria… Ils ne vous disent rien ? Moi non plus ! Mais on retrouve aussi Mr Bungle avec California et son melting-pot musical qui n’a plus grand-chose à voir avec la musique noise de ses débuts. C’est comme ça, c’est fait exprès ! On retrouve Infectious Grooves avec Borracho et ça n’en vaut pas la peine puisque, en disque du mois importé, on retrouve Unida avec Coping With The Urban Coyote, sorte de Kyuss ressuscité (normal, c’est le même chanteur, John Garcia) et fleuron de la guitare qui vrombit dans l’huile de moteur.

 Allez, on termine doucement cette reprise d’activités par l’indéboulonnable Born Killers et dans les démos de ce mois-là, on trouve My Darkest Dream, Dismal (et une pochette moche pour la 12 !), les excellents Bullshit Inc. qui sont démo du mois… mais c’est vers ce petit groupe venu de Marseille que nos regards de (désormais) vieux se posent. 4 petites titres qui allaient lancer la machine Dagoba vers des sommets. Et dire que j’ai croisé Franky Costanza à son stand au Hellfest… Snif, excusez-moi… Et passé les live dont on continue à se foutre, nous voilà (enfin) arrivés à la fin de ce numéro 52. Un calvaire, je vous l’avoue, que j’espère ne vous avoir pas trop fait ressentir les effets, du moins pas plus que d’habitude.

 La suite au prochain numéro… On y croit !

Le CD Sampler #17 du mois de septembre 1999

052-17LE titre « introuvable » (faut pas pousser non plus…) qui met ce sampler sur orbite et la main rouge de colère, c’est l’impressionnante reprise du Hell Awaits de Slayer par Cradle Of Filth et elle est excellente puisque, tout en gardant la trame initiale du morceau, le groupe anglais se l’approprie totalement. Bluffant et désormais trouvable sur Youtube. Pas mal de bonnes choses pour le reste et un début de futurs samplers à dominance bourrine qui ne fera que s’amplifier par la suite. À noter que j’avais détesté le morceau de Satyricon. Comme quoi…

  1. Cradle Of Filth : Hell Awaits – Dusk… And Her Embrace dans sa version collector
  2. Moonspell : soulsick – The Butterfly Effect
  3. Crimson Glory : New World Machine – Astronomica
  4. Nightmare : The Legend – Astral Deliverance
  5. Vision Divine : New Eden – Vision Divine
  6. S.U.P. : Shout (1994 version) – Chronophobia
  7. Katatonia : Right Into The Bliss – Tonight’s Decision
  8. Satyricon : Filthgrinder – Rebel Extravaganza
  9. Soilwork : Chainheart Machine – Chainheart Machine
  10. Angel Corpse : Solar Wills – The Inexorable
  11. Mortician : Fleshripper – Chainsaw Dismemberment
  12. Malevolence : Hunters Of The Red Moon – Martyrialized
  13. Bullshit Inc. : Snapcase – Life Under Pressure

Darcie Dolce2– Rhalala, ces vacances qui se terminent déjà… Heureusement que les Brumes Électriques reprennent !

– Attends, on fait un selfie, hihihi…

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2 réflexions au sujet de « Dans Les Brumes Électriques #39 »

  1. Qu’il est doux de te relire enfin ! Le style est toujours là, le personnage aussi… Et ça fait du bien

    À ma connaissance, la seule collaboration Slayer/WCW tournait autour de ce titre :

    Qui a brièvement servi de générique à l’une des émissions… Je ne crois cependant pas qu’il s’agisse d’une exclu.

    Pour ce qui est de Crush’em (que j’aime beaucoup – non ne tire pas, pose cette arme), je confirme que le titre a servi de Entrance Theme à Goldberg après qu’il ait joué (enfin, c’est un grand mot) dans Universal Soldier 2, puisque Crush’em fait partie de l’OST. Et le clip illustre au moins une chose, s’il en était encore besoin : même pour 20 mn de tournage entre 2 escaliers, JCVD, il y croit à bloc !

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