Pause Vidéo #3

 Les side-projects me font toujours peur. Plus généralement, les side-projects m’emmerdent. Quelques vedettes se rassemblent pour créer un « super groupe » qui, au mieux, sortira un album unique et vaguement potable, rapidement oublié. Ce n’est pas tant le geste qui me rend perplexe et méfiant, certaines de ces formations éphémères ayant donné naissance à de beaux bébés (Nailbomb avec Max Cavalera (Sepultura) et Alex Newport (Fudge Tunnel), pour ne citer qu’eux), mais le baratin vendu autour de la chose où chaque musicien annonce, la main sur le cœur, que « ce projet est aussi important que les autres, qu’il ne s’agit pas d’une récréation musicale et gnégnégné… » avant que tout cela ne finisse au grenier.

 Death Breath a été fondé en 2005 par Robert Pehrsson (Thunder Express) et Nicke Andersson (Entombed) et oui, le groupe est suédois au cas où la sonorité des noms ne vous auraient pas sauté aux yeux. Désireux de revenir à un death-metal de tradition (comme un groupe sur deux basé dans ces riantes contrées), Death Breath a connu la vie de la majorité de ces formations d’anciens combattants du metal : 2 albums et puis s’en vont, merci madame ! Reconnaissons à leur décharge un amour du travail bien fait, rendant ces compositions bien crasseuses et glauques comme au bon vieux temps des 90’s où le genre était représenté par Entombed, Dismember, Unleashed et autres Grave et où tout cela sonnait comme une tronçonneuse rouillée.

 Histoire de faire perdurer la nostalgie de la chose, les cinéphiles les plus perspicaces d’entre vous auront reconnu un hommage à La Nuit Des Morts-Vivants du regretté Georges Romero : noir et blanc, petits moyens, zomblard maquillé vite fait et jeune fille terrorisée. L’ensemble est joliment torché et l’introduction, jusqu’à ce que les instruments s’emballent, bien mise en scène. Les plus logiques d’entre vous se demanderont aussi comment ce zombie un peu égaré, qui peine à faire trois pas sans se casser la gueule et se traine péniblement comme un metalleux au Hellfest le jeudi soir, arrive TOUJOURS à coller au train de la jolie blonde qui a toutes ses capacités, elle. Pour ma part, j’ai deux explications. Primo, ce physique typiquement suédois a un gros déficit de jugeote puisque, au lieu de courir tous escarpins au vent, elle se planque au-to-ma-ti-que-ment derrière le premier caillou venu. Et elle attend. Elle attend que le défraichi la retrouve pour repartir de plus belle et recommencer ce petit jeu ENCORE UNE FOIS ! ESPÈCE DE… DE… BLONDE !

 Quand à mon deuzio, il découle en partie de mon primo : le zombie est un gros obsédé des blondes à fortes poitrines (je le comprends) et ne veut pas perdre sa chance de procéder à une petite approche physique à la Trump. Ce n’est que mon point de vue mais, personnellement, même mort et avec une haleine chargée, je ne m’interdirai pas une petite tentative subtile et raffinée, du genre : « Graaaah Grml, Grrh Brnhr ? » Et c’est dans la poche !

Ha, excusez-moi, Héphaïstos me souffle dans l’oreillette que si l’héroïne blonde tape un sprint laissant le plus très frais sur place, le clip s’arrêterait alors avant le refrain. Oui, c’est aussi une explication plausible.

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Pause Vidéo #2

 Avant d’être un formidable robinet à merdes en tout genre, Youtube est aussi un lieu de potentielles découvertes. Le suivi personnalisé de vos vues reste, quand on est un peu curieux, un moyen pratique et pas fatigant pour mettre les oreilles sur quelques pépites.

 C’est ainsi qu’au gré de mes clics sur le mulot via les vidéos proposées et supposément censées m’intéresser, j’ai découvert This Gift Is A Curse, groupe fondé en 2008 à Stockholm. Évoluant dans le créneau assez « niche » du post-hardcore/sludge/black/y’en a un peu plus je vous le mets quand même, This Gift Is A Curse débarque avec un premier album, I, Gvilt Bearer, à la violence hallucinante et pose les bases d’un univers noir, torturé et asphyxiant. Ils transforment l’essai avec leur deuxième méfait, All Hail The Swinelord, aux ambiances encore plus sépulcrales au milieu d’un déluge de saturation et de hurlements.

 C’est alors vierge de toutes ces connaissances que j’ai découvert le clip de XI : For I Am The Fire et… Wow ! Près de 9 minutes d’un visuel charbonneux où la luminosité est poussée (volontairement ?) trop fort et d’une imagerie flirtant avec un occultisme dérangeant. Dérangeant est d’ailleurs le maitre-mot ici. Alors qu’on imagine très bien une bande gus en pleine forêt en train de se filmer avec un appareil photo HD, costumés à la va-vite en Nazgul de chez Franprix (je suis certain que les acteurs n’y voyaient rien !), le montage, les gros plans et l’ambiance absolument délétère qui suinte de chaque image leur permettent de ne pas tomber dans un ridicule kitsch plombant l’entreprise. En même temps, avec un chanson aussi lourde, même un pot de cornichons filmé en gros plan aurait été terrifiant. Un chanteur qui a perdu pied, des chœurs féminins sans espoir et un final qui rend fou…

 Pour les cœurs vaillants et les grands garçons !