Pause vidéo

 Il est des journées de merde qu’un rien peut embellir. Alors que François Rollin annonce quitter l’art de la scène car elle ne lui permet plus d’en vivre, que les acteurs, réalisateurs et musiciens décèdent à tour de bras (Claude Rich, Chris Cornell, Georges Romero…) tandis que Kev Adams pète la santé et que Christine Angot devient la nouvelle chroniqueuse de Ruquier, j’apprends que Converge va sortir un nouvel album. Cerise sur la gâteau, Converge sort un premier single. Rayon de soleil, sourire niais qui barre mon visage, renflement des corps caverneux… Nous sommes peu de choses, surtout moi.

 Comme vous êtes de sombres ignorants, je rappelle que Converge est un groupe de hardcore, probablement le plus influent par son mélange de punk, de metal et de noise. Apparu au début des années 90, le groupe est co-fondé par le guitariste/technicien du son/bidouilleur Kurt Ballou et l’âme damné Jacob Bannon, chanteur écorché vif. Converge explose vraiment à la face du monde avec leur indispensable quatrième album Jane Doe paru en 2002, alchimie improbable d’une musicalité féroce et d’une poésie noire. Loin de s’en tenir aux clichés de son « style », Converge baguenaude entre hardcore ultra-violent et expérimentation mélodique, voix claires et passages hypnotiques, rage et désespoir. Tout est noir, brutal et sans espoir mais parfois la beauté perce et se fraie un chemin vers nos cœurs cyniques.

 Bref, Converge évolue, grandit et sort donc aujourd’hui un nouveau morceau qu’il serait criminel de zapper. Un titre qui met de suite dans l’ambiance : I Can Tell You About Pain. Tout est dit ! Et alors que l’on pourrait craindre un ramollissement dû à une carrière déjà bien longue, le morceau démarre en trombe, vous attrape à la gorge et ne vous lâchera plus jusqu’à son final APOCALYPTIQUE ! 2 minutes au garrot, un Ben Koller virevoltant derrière ses fûts, un déluge de notes, des amplis au bord du malaise vagal et un Jacob Bannon au stade terminal dans son chant versatile. Il faut l’entendre pousser ses derniers soupirs sur « You Don’t Know What My Pain Feels Like » pour comprendre que le bonhomme trempe toujours dans un mal-être effroyable. Et c’est être d’un cynisme honteux que de dire « tant mieux » tant cela forge l’identité de ce groupe et nous sauve de la multitude de formations metalcore qui se copient les uns les autre sans fond ni passion. Mais voilà, comme il serait inconcevable de voir un jour Glen Benton présenter Le Jour Du Seigneur, Converge ne peut se départir de ce saut dans le vide que représente chacune de ses chansons et qui nous colle la chair de poule à leur écoute. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de triche, pas de pose, pas de jeu. Ce groupe est brutalement honnête.

 La vidéo tirée de ce brûlot campe bien sur ces positions puisque nous baignons joyeusement dans une mise en images inspirées par David Lynch, avec un caméo de Shawn Knight des Child Bite (sosie officiel, barbe comprise, de Neil Fallon de Clutch. J’ai cru que c’était lui la première fois !) et un acteur principal que je suis persuadé d’avoir déjà vu quelque part. Pour le reste… Douleur, solitude et amour lointain.

 Le boss est bientôt de retour et c’est très excitant.

Dans les Brumes Électriques #40

053Bonjour à tous !

Alors que cet édito était bien parti pour remettre une couche sur cette plaie que représente l’écriture de ces Brumes, travail de fourmi pour une contrepartie quasi-nulle, voilà-t-y pas qu’au gré de mes pérégrinations sur la toile pour savoir quand les billets pour le Hellfest 2017 seront enfin mis en vente (ils l’ont été depuis !), je visite la page Facebook du festival. Et sur cette page FB, à la suite d’une interview sur un « inconnu du festival », une discussion prend feu dans les commentaires. Point de départ de la rixe, je vous le donne en mille : le Hellfest, ben c’était mieux avant ! Autant vous dire qu’il n’a pas fallu 2 réponses pour que tout cela parte gentiment en vrille et se termine par quelques insultes (le metalleux étant poli à la base, ça n’a pas dépassé le stade du « con »). Ainsi, après plus de 10 ans d’existence, le Hellfest devient bel et bien victime de son succès et ce, par la main des « intégristes », ceux là même qui se proclament fans de metal. Ceux-là qui vous expliquent que le Hellfest, c’était mieux quand il y avait moins de groupes, moins de monde et que cela était réservé aux « vrais fans« . Ok, alors primo, depuis quand le metal devient une affaire d’élites ?  Il faut quoi pour être un « trve » ? Quel CV faut-il afficher ? Deuzio, pour un style dont les « fans » se veulent plus tolérants et ouverts que les clichés auxquels ils font face, comment peut-on faire des raccourcis aussi débiles que « y’a du monde que pour les têtes d’affiche et les mecs c’est que des touristes » ? Rammstein, c’est grand public ? Gojira, c’est grand public ? Faudrait arrêter de se la jouer deux minutes et stopper l’hémorragie de conneries comme quoi aller écouter les groupes qui passent sous les tentes (thématiques) est plus intéressant que se déplacer pour ceux sur les mainstages (génériques, et encore !). Quand on voit le prix du billet, qui avoisine les 200 euros, c’est évident que la majorité du public (qui avoisine, selon un commentaire éclairé, les 95% au doigt mouillé) ne vient que pour voir Rammstein et c’est marre. C’est vrai que le billet à ce prix, acheté sans savoir qui serait à l’affiche (en plus !), c’est vraiment donné. Quel dommage que le vrai metalleux soit pauvre, il se fait piquer la place par des opportunistes qui n’aiment même pas cette musique ! Les salauds ! Ils ont dénaturé notre festival qui n’appartenaient qu’à nous, entre consanguins bien contents d’être les seuls à écouter nos groupes inconnus qui refusent de percer parce qu’ils ne veulent pas être mainstream. Et dire que maintenant, ce sont des familles entières qui se rendent à ce festoche ! Des familles avec des ENFANTS !!! Mais ce sont même pas de vrais « fans » !!! Si par curiosité vous voulez toucher du doigt la philosophie de ce genre de pisse-aigre, essayez de supporter l’indigente vidéo d’un abruti qui compile tous les clichés du « vrai metalleu à ki on la fé pa, non mais ! » C’est ici ! Non, je ne fais pas apparaitre la vidéo sur ma page, je ne veux pas souiller mon travail.

 Bref, sorti de ce baratin de vieux croupis (qui continueront à exister) et sans vouloir entrer dans un détail et un débat sans fin, le Hellfest est la meilleure chose qui me soit arrivé cette année. Pour ma première édition, j’ai été transcendé car ce festival m’a emmené au-delà de mes espérances les plus folles. J’ai écouté de la musique, j’ai bu, mangé, ri, headbangué… Je me suis rarement senti aussi bien et aussi « chez moi » qu’à ce festival où tous les gens que j’ai pu croiser étaient gentils. Tout simplement gentils. Juste quelques centaines de milliers de kikis qui se rassemblent pour se sentir bien et se couper d’un monde absurde. 3 jours de paradis sur terre, sans haine ni violence, sans peur ni préjugés. Alors oui, tout n’était pas parfait : j’ai raté plein de groupes pour raisons diverses et variées, la boue, il faut faire la queue pour tout, avoir les yeux derrière la tête pour éviter un slammer fourbe… mais cela pèse assez peu comparée à l’euphorie durant ces trois jours. Alors si quelques dinosaures trouvent que « leur » festival a changé, rien ne les empêche de rester chez eux l’année prochaine et de faire la place à des gamins comme moi qui s’émerveilleront pendant ce long week-end. D’autant que d’autres sortent de terre et n’attendent que la passion de ces fiers auditeurs pour perdurer. Alors si le Hellfest ne vous plait plus parce que c’est très français de cracher dans la soupe, allez porter votre passion dans d’autres festoches plus confidentiels, ils n’attendent plus que vous. Après, vous pourrez consciencieusement les pourrir une fois qu’ils marcheront. Prochaine victime : le Motocultor ?

 Bon allez, on attaque ce numéro 53, novembre 1999, 38 FF. Pardon ? Où est passé octobre 1999 ? Mystère de la publication, mon cher lecteur. Et si tu insistes, je serai encore plus tenté de te répondre dans ton cReconnaissons déjà qu’il y a du mieux niveau couverture. C’est la même idée, c’est un portrait comme le mois dernier mais, au moins, cette fois on voit le visage. Bon, Fernando Ribeiro semble revenir de la mine avec son air maussade mais ne pinaillons pas, l’ensemble fait moins mille-feuille que précédemment. Tout est plus clair et lisible, mieux rangé et moins flashy… sauf les intertitres aux jeux de mots bien pourraves et surtout le petit Zack « force rouge » de la Rocha en bas à gauche !? WTF ? Il est dans la position du mec qui va te tordre les petites cuillères par la pensée (Uri Geller, si tu nous lis…). Bref, il y a du mieux et pas seulement niveau couv’, le magasine semble retrouver un peu ses marques. Je dis « un peu » parce que c’est encore corné par endroits mais j’ai la désagréable sensation que le numéro précédent n’était qu’un gros brouillon. D’autant qu’on y retrouve un peu les mêmes groupes, dont Moonspell qui a droit à une VRAIE interview et de vraies belles photos. Justice lui est rendue et il n’est pas le seul mais ne nous précipitons pas. Le chanteur lusitanien a donc loisir de s’exprimer plus avant sur ce nouvel album, The Butterfly Effect, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est une véritable pipelette. Cinq questions en tout, vous me direz que ça ne fait pas beaucoup, mais le bonhomme nous remplit tranquillement deux pages. Déjà, il nous expose le concept de l’effet papillon, que tout le monde a découvert en regardant Jurassic Park (et si vous ne l’avez pas vu, arrêtez tout de suite cette lecture, allez emprunter le film à un ami qui a bon goût et revenez une fois cette faute réparée !). Le chanteur ramène ce concept à un « niveau social et humain » et s’en sert comme « métaphore pour souligner l’importance de l’insignifiant. » Il développe l’idée que nos vies sont bien plus conditionnées par « les petits événements, par l’aléatoire que par toutes les choses que nous considérons comme absolues » et que ces « petites choses sans importance que nous vivons génèrent des émotions intenses et deviennent nos priorités.« 

 (Bon, faisons une pause. Histoire de joindre l’utile à l’agréable, je vous propose un petit interlude détente afin de parfaire votre art de l’origami en réalisant un superbe papillon en papier (rapport à l’album, tout ça…). Ne me remerciez pas, c’est cadeau ! Et suivez bien les numéros, un mauvais pliage peut tout foutre par terre !)

origami-cocotte

 Mais attention, car si « tout est conceptualisé« , The Butterfly Effect n’est pas un concept-album car même si on y trouve « une tension générale entre les morceaux qui se répondent mutuellement« , il s’agit surtout… d’un album de Moonspell ! « Un voyage qui, à la fois, t’emmène quelque part mais te permet aussi d’avoir ton propre espace de recherche. » Voyez ? Du coup, la religion, thème récurrent de leurs albums précédents, semble moins présente sur ce nouvel album et à cette question, le beau Fernando s’emballe et on commence à entrer dans une formulation rhétorique biscornue. Pour la faire simple, il est fasciné par les « effets totalitaires » de la religion, nous parle du matérialisme de l’église et mélange tout cela avec ses nouvelles chansons. On passe un peu du coq à l’âne, comme, par exemple, quand il nous parle d’une chanson (Soulitary Vice) qui traite au départ de la masturbation et qui finit par « la création de quelque chose ou quelqu’un par une autre personne » : « C’est l’idée que la mythologie égyptienne ou les dieux ont été créés par la masturbation. » Voyez ? Mais tout cela n’est qu’un échauffement : à la question suivante, le journaliste, cet inconscient, dresse un parallèle « lyriquement parlant » entre Moonspell et Marilyn Manson, au sujet de la religion et de leur intérêt pour l’humanité. Et alors là mes petits poulets, arrêtez de mâcher votre chewing-gum, coupez Maitre Gims qui passe en fond sonore pendant que vous lisez cet article et respirez un grand coup car je vais reproduire la réponse du musicien à cette question somme toute assez attrapable. Action !

 « C’est sûr qu’il est plus difficile de parler de sujets réalistes, mais ça l’est encore plus d’éviter d’en parler.Je crois que les Européens ont toujours été plus abstraits que les Américains. Je pense que tout le concept de la pop culture a détérioré beaucoup de choses. Même dans la culture abstraite européenne, les choses prennent aujourd’hui des significations qu’elles n’avaient pas avant. Si Andy Warhol était là, il prendrait sans doute cette bouteille de Perrier, la poserait sur la table et l’exposerait dans un musée. Il aurait soustrait l’objet son utilité première et fonctionnelle pour créer une œuvre d’art à partir de la réalité. C’est quelque chose qui est parfois difficile à endurer pour les Européens et que j’ai compris en lisant beaucoup de litterature americaine. Pas en l’étudiant, mais en étant du moins attentif à toute cette culture pop junk, si l’on peut appeler ça comme ça. Mais mis à part ces formes culturelles, quand tu réfléchis sur tes paroles ou sur le message et les valeurs qui se dégagent de ta musique, ils sont toujours humains. Si tu parles de dragons, tu en parles avec une approche humaine. Je ne crois pas que les dragons existent, mis à part dans l’esprit des gens. C’est une vision assez simpliste (ah bon ?!?) mais quand tu commences à réfléchir, disséquer et humaniser toutes ces choses, tu te retrouves devant une réalité qui est même plus étrange que la fiction. Je ne parle pas de réalité qui se manifeste quotidiennement mais de ce pont fragile entre la réalité et la fiction. C’est sur cette confusion que je base mes paroles.« 

Drunk 2

 On viendra me dire que les metalleux sont des viandards assoiffés de bières après ça. Heureusement qu’il y a Manowar pour se dégager un peu la tête. Bref, tout ça pour au final expliquer que les paroles de Marilyn Manson sont plus réalistes et personnelles que les siennes et que la différence tient au style d’écriture, plus dans l’abstrait et dans le jeu avec les différentes significations d’un mot. Et comme l’interview est sous le signe de la philosophie, il conclue sans prévenir par un « plus un groupe se développe et grandit, moins il fait la différence entre sa vie et sa musique et devient du coup plus transparent, plus cristallin. » J’ai pas compris !

 Je vous fais grâce de la dernière question qui aborde le sujet des femmes, autre thématique commune aux précédents albums, mais sachez que le brave Fernando y pense toujours beaucoup même s’il a laissé tomber l’idée de les comprendre. Et je ne peux qu’être d’accord avec lui sur sa dernière phrase : « Tout cela est vraiment déroutant. » A noter que le chanteur s’est aussi prêté à l’explication de textes de chaque titre de l’album, nous donnant sa version des choses, ses inspirations et ses sujets. Intéressant, comme cet entretien dans son ensemble.

 Bon, comme j’ai rien trouvé de bien probant de cette époque, je vous place un clip récent, vous n’y perdez pas au change.

  Allez, on reprend tout depuis la couverture, comme d’habitude. Et comme d’habitude, l’édito pose LA bonne question : « Le metal serait-il intelligent ? » Je vous épargne la réponse (regardez vous dans la glace si vous avez des doutes…) et, sacrebleu, « La rédaction » signe de nouveau ce navet cette bafouille. L’angoisse nous étreint. Ont-ils mangé Bonnet, excédés par ses phrases interminables dont le sens lui-même se perdait en route ? Autant stopper net ce suspens insoutenable : en réponse au courrier du Trasheur Fou (qui vomit sur le magazine « nouvelle formule » avec presque les mêmes remarques que moi et non je n’ai pas copié sa lettre !) s’interrogeant sur la disparition du sieur de ces augustes pages, HnH confirme qu’effectivement, Bonnet a pris la tangente « pour écrire ailleurs et sur tout autre chose que le metal. » Voilà, plus vague, tu meurs ! Et n’oublie pas d’envoyer une carte de temps en temps, hein. De mon souvenir, le bonhomme s’était reconverti en journaliste pour magazines avec de grosses carrosseries dedans. (WARNING : Blague machiste ahead !!!) C’est con, la vague des female-bands n’allait pas tarder à déferler sur une scène metal qui n’en demandait pas tant. (Vous pouvez revenir.)(Mais si, revenez, je déconnais je vous dis !)

 Pour le reste du courrier (interminable), citons Mathieu Lety qui vomit la nouvelle formule du magazine (décidément !) et trouve qu’il y a trop de black-metal au menu. Il a pas fini, le pauvre ! Oscar Aburto Hernandez (« El Oui-Oui ») d’Aix-En-Provence passe un petit coup de cirage, ce qui ne fait de mal à personne. Kurt trouve que les groupes de metal sonnent trop dark et que ce revival gothique n’est pas intéressant. Il prédit même qu’à ce rythme « les années 2000 risquent d’être glaciales et, à mon avis, on ne rira pas beaucoup. » C’est pas faux, mon gars ! Mlle Pauline Gerald de St-Jean de la Ruelle nous décrit avec une naïveté confondante sa passion pour le metal, le tout enrobé d’un art de la poésie sombre dont je vous fais grâce par pure charité chrétienne. Enfin, Corben Tanathos du 29 gueule que les groupes de metal français soient si peu représentés dans la presse spécialisée. Pas bégueule, HnH répond à sa longue lettre d’un lapidaire : « C’est promis et enregistré, on fera plus sur la scène française. » Et va jouer maintenant, tu nous embêtes ! Le pire, c’est que le monsieur avait raison, les groupes étrangers bouffaient tout l’espace pendant que des groupes bossaient dur pour essayer de faire vivre cette scène hexagonale. Ceci dit, mis à part quelques noms, la majorité n’était pas encore franchement intéressant. Mais ça va venir, c’est bientôt là, soyez patients…

 La Heavy Rotation affiche le tiercé gagnant suivant : Rhapsody, Iron Maiden (pour Virtual XI… heu… hein ?) et Children Of Bodom. Passons aux news qui sont… attendez… non… pas là non plus… non… mais mais… HO PUTAIN !!! C’est tellement bourré de pubs qu’on ne les voit même plus ! Sans rire, à titre d’exemple, sur deux pages, les news tiennent sur une DEMI-PAGE ! UNE DEMI-PUTAIN-DE-PAGE ! C’est la banqueroute à ce point pour en foutre partout ? C’est plus un magazine, c’est le site web de Canal + ! Enfinbref, serrées comme des sardines, on y trouve quelques news intéressantes comme la sortie de pleins de live en vidéos de Queen, du plus culte (Live At Wembley) aux plus rares (Rare Live le bien nommé), ainsi que tous leurs vidéoclips (Box of Flix), documentaires (Magic Years, Champions Of The World) et concert hommage (The Freddy Mercury Tribute de 1992). Un menu copieux dont on bouffe encore les restes aujourd’hui, ô joie du marketing à outrance ! Mais ne faisons pas les dédaigneux, Queen est un très grand groupe dont le line-up n’a pas changé en près de 20 ans d’existence. Un exploit ! C’est pas Iron Maiden qui dira le contraire !

Et si ça te plaît pas, tu retournes chez ta mère !

 On poursuit avec l’arlésienne Guns N’Roses (ou le Axel Rose Band, je ne sais plus trop…) qui annonce UN nouveau titre à paraitre sur la bande originale du film End Of Days (La Fin Des Temps pour les anglicistes raffinés), un gros navet avec Arnold « T2 » Schwarzenegger. Le morceau est présenté comme « une description des émotions vécues lors d’une agonie » ce qui résume parfaitement l’état du groupe en 1999 ainsi que celui de ses fans encore vivants (27 au dernier recensement avant l’an 2000). Loin de tout ça, le groupe bordelais Nihil s’attelait à la tâche de leur premier album, comme Deftones avec son futur White Pony tandis que Metallica se voit biographer d’une honteuse merde d’un petit bouquin dans la collection CD Rock, encore trouvable aujourd’hui à 15 euros (de trop) sur Amazon. La rubrique nécrologique ce mois-ci se rallonge grâce à l’arrivée en France du label grec Black Lotus, via Wet Music (déjà « responsable« , comme le souligne le journal, des sorties des Semitones, Artsonic, Shovel et Watcha, tous décédés depuis) qui va se charger de distribuer quelques poulains en nos vertes contrées. Je vous passe les noms des trois gagnants qui iront bouffer les pissenlits par la racine en moins de deux, j’ai une âme charitable. Et en parlant de funérailles, un ‘tite news sur Type O Negative qui a tourné le clip de Everything Dies. Petite explication du chanteur/bassiste Peter « Green Man » Steele : « (…) je ne suis pas très content de la façon dont la vie est faite et je ne suis pas très satisfait de Dieu qui, s’il existe, donne puis reprend. Si c’est censé me rendre plus fort, alors ça a l’effet inverse. » Clap your hands if you’re happy ! Toujours dans le domaine du clip, Marilyn Manson s’est encore attiré les foudres de la bien-pensante Amérique avec sa nouvelle vidéo, Coma White, remake de l’assassinat de JFK avec Manson dans le rôle du président, président qui se fait mettre en croix d’ailleurs à la fin du clip. Évidemment, ça coince (l’eusses-tu cru ?) et Manson se justifie de façon alambiquée, jurant qu’il ne voulait pas offenser mais rendre hommage « à des hommes comme Jésus Christ et JFK, morts entre les mains d’une humanité assoiffée de violence. » Ouais mais trop compliqué quand même, Mary ! Et puisque nous sommes dans la religion, parlons des punks de Amen (ces enchainements, mes enfants ! Tu verrais pas ça dans L’Obs !). Vous ne le savez pas encore mais ces joyeux troubadours ont à leur tête un zozo du nom de Casey Chaos (toute une promesse !) qui n’a rien trouvé de mieux, durant une session d’enregistrement, que de se couper la main avec une lame de rasoir, sectionnant l’artère principale au passage. Et il s’est aussi fracturé une côte en fendant une étagère. L’histoire n’explique ni pourquoi, ni comment et c’est bien dommage, les occasions de rigoler un peu manquent en ce moment. Loudblast sort une compilation mettant un point définitif à sa carrière (on en rit encore !) et des rumeurs mauvaises annoncent un avenir mal emboité pour Alice In Chains. Malheureusement, elles auront raison.

 Allez, pour se remonter le moral, on rejoint Peter Steele une nouvelle fois pour la rubrique Mes Skeuds A Moi et vu la tronche qu’il tire (une imitation réussie de François Fillon lisant son programme !), ça va être une bonne tranche de rire. Le gars reste assez sobre, citant pêle-mêle les Beatles, Cocteau Twins, Black Sabbath, My Bloody Valentine et… Type O Negative pour la pochette d’album la plus laide avec The Origin Of The Feces. C’est un peu dur, elle est pas si mal (je parle de la version « censurée »). Pour le Quizzzz, c’est Flake Lorenz, le clavier de Rammstein qui se fait humilier de toutes les manières possibles à chaque show, qui s’y colle et c’est illustré par une photo de Till Lindemann au micro. Tout va bien… Pour le reste, Flake nous apprend que si il était président de son pays, il arrêterait la production de voitures, qu’il aime bien Nina Hagen, que le malentendu le plus répandu sur le groupe est qu’il joue pour un public de fachos et qu’être le jouet sexuel de Till sur scène ne le dérange plus : « C’est un jeu !« 

buck dichIl y a des jeux qui finissent en prison pour moins que ça…

 Alors, n’ayant pas eu l’occasion de m’organiser un peu mieux lors de la rédaction du précédent numéro, je chamboule le nouvel ordre de notre HnH pour revenir à l’ancienne méthode. Comme je vous l’avais expliqué, les courtes interviews Spots sont désormais reléguées parmi les chroniques de disques. Pourquoi pas, l’idée n’est pas plus mauvaise qu’une autre. De mon côté, afin de rendre l’ensemble un peu plus digeste et moins bordélique, j’ai décidé de reprendre ces mini-interviews ici avant d’attaquer les « grosses » interviews et terminer avec les chroniques de disques. Je me doute que vous vous en foutez éperdument mais cela permettra de garder une lecture plus facile. Dont acte, voici les Spots :

 – Bewitched nous présente son troisième album, At The Gates Of Hell, qualifié de « black-metal old-school » au milieu des chroniques heavy. Ce dernier terme convient mieux à la musique du trio de cuir vêtu, tant sa musique se rapproche plus d’un Venom avec une voix plus criarde mais loin des canons black du genre. Pour le reste, départ et remplacement de musiciens et un discours sur le satanisme moins bas du front qu’à l’accoutumé, le chanteur ayant lu la Bible en entier afin d’analyser son contenu. Chapeau !

 – Nightmare était de retour, se reformant après un hiatus de douze ans. Je ne comprends rien à l’article (qui n’est même pas une interview mais une lettre d’amour de Rabasse au groupe). Bon, faudrait mener plus avant l’enquête mais vu que j’en ai rien à branler de Nightmare et de cette scène metal française poussive des années 80… Raus !

 – Je passe l’entretien avec At Vance (sauf si leurs trois derniers fans me le demandent… Non ? Merci !) pour prendre un peu plus de temps avec Opeth. Permettez-moi d’ailleurs de revêtir ma cape de vieux con une minute, tel un Dr Strange du metal.

shazam-logoTransformation !

 Opeth, c’était mieux avant ! Voilà, c’est dit, j’assume ! C’était beau, c’était fort, c’était mélodique et, surtout, c’était metal, un terme que Mikaël Akerfeldt ne semble plus apprécier aujourd’hui. Tant pis pour lui si il dédaigne avoir gravé des chefs-d’œuvre au prétexte d’une liberté musicale qui lui paraissait étranglée dans ce style. Alors c’est bien sûr un vaste débat et j’accepte qu’un artiste veuille « évoluer » mais cracher dans la soupe comme il le fait depuis trois albums, je l’avale de travers. Du coup, pardon Mika mais tes divagations progressives et autres libertés musicales, rien à foutre ! Qui plus est, quand on fait Storm Of Corrosion, on aurait même plutôt tendance à s’excuser par la suite d’avoir pris ses fans pour des dindons. Donc, le vrai Opeth est là, en 1999 et quelques années encore avant l’épiphanie musicale qui va suivre. C’est un choc de revoir un Akerfeldt au visage rond et bien portant, lui qui a dû suivre un régime Dukan hardcore pour ressembler à une brindille désormais. Enfinbref, 1999, Still Life, quatrième album, magnifique, mais Opeth restait un « petit » groupe qui avançait vaillamment, sans le moindre compromis, avec une musique labyrinthique, travaillée et émotionnelle. Et c’est un Akerfeldt timide qui analyse les prémisses du succès, notamment de la part de fans de la première heure trouvant les morceaux de l’album précédent, My Arms, Your Hearse, trop courts : « La majorité faisait quand même entre six et huit minutes ! » Si Still Life renoue avec des compositions plus longues, il est aussi basé sur une « nouvelle dynamique » qui amplifie « chaque émotion, chaque riff, chaque parole. » Et pour lui, le terme « progressif » n’est pas un genre musical mais « un état d’esprit, l’envie de repousser ses propres limites, de progresser tout simplement ! » Un état d’esprit qu’il suivra donc jusqu’au bout. Toute cette papote se termine autour de ses différents projets parallèles : Steel, Särskogen… et un certain Bloodbath, né d’une bonne biture entre lui, Dan Swano et le chanteur de Katatonia : « On a écrit et enregistré en une soirée 3 morceaux 100% pur death, rapide, violent et ne parlant que de cadavres et d’occultisme. On n’a pas pris la chose très au sérieux, contrairement à la maison de disques qui veut le sortir ! » Les choses naissent parfois de drôles de manières.

 – Un petit mot avec Agressor (cocorico !), notre père à tous qui revient d’entre les morts avec un nouvel album, Medieval Rites. Un parcours semé d’embûches pour un groupe qui était un peu là avant tout le monde et dont le leader Alex Colain-Tocquaine avait jeté l’éponge en 1996 : problèmes avec le label (avec un album enregistré mais jamais sorti au final), problèmes d’argent, problèmes de line-up… Mais après quelques boulots alimentaires, le voilà qui réanime la bête et s’entoure de musiciens de studio pour mettre en boite ce nouvel opus aux ambiances variées : death, black, acoustique, vocaux féminins… « Je n’ai rien fait pendant trop longtemps et je suis bien décidé à montrer à tous les groupes d’aujourd’hui qu’ils n’ont rien à m’apprendre !« 

 – Gothic a un nom trompeur car c’est bien de death/hardcore/grind, plus plein d’autres sons dans la tambouille (techno, rap, trip-hop, n’en jetez plus !), que l’on parle ici. « On voulait faire un album hardcore dans le sens noble du terme. (…) Notre but était que l’ensemble soit homogène et extrême (…) On ne veut pas faire du death comme on en faisait en 1988. Merde, c’est bientôt l’an 2000 ! Il est essentiel de se réinventer si on veut survivre et perdurer. » Un discours un poil présomptueux mais chargé de bien belles ambitions. D’autant que Gothic a un autre message à délivrer : « On vient de la rue, des cités dortoirs de la banlieue parisienne. Désolé mais des mecs qui se baladent avec des épées en plastoc dans la forêt, cela me fait rire. Nous, c’est le quotidien qui nous entoure : le chômage, des amis en taule, la drogue, la solitude… » Punk dans l’esprit, c’est sur leur propre label, Mafia Underground, qu’ils se développent. Indépendance, volonté de faire avancer le schmilblick, « Do It Yourself »… La scène metal française n’a jamais baissé les bras.

 – On croise Betray My Secrets, groupe allemand, et l’on sent poindre la limite de ces mini-interviews à travers ce portrait qui dresse la liste des musiciens itinérants ayant participé à ce projet et son leader devenu végétarien, écologique et très méfiant envers les médias. Ouais ouais… Et cette impression de prendre de la place sans avoir rien à dire de perdurer avec Inhaler, groupe anglais faisant de l’indus-metal et dont le leader passe son temps à composer, est très timide et écrit des chansons de science-fiction. Mais le pic est atteint avec Scheitan dont le Spots consacré n’est qu’une simple biographie du groupe sans aucune interview. Super, surtout que leur nouvel album se fait défoncer dans la colonne à côté. Pourquoi y perdre une demi-page alors ? Mystère et bubble-gum…

Comment ça, vous ne connaissez pas Jared Dines ?

 Allez, on reprend les grosses interviews avec Septic Flesh, des grecs que HnH signifie par ce joli titre « Hellénique ta mère. » Nous avons failli flirter avec le bon goût mais non ! Un entretien dense lui aussi à l’instar de Moonspell, non pas par la longueur du texte mais par les thématiques abordées. On apprend ainsi que Revolution DNA aborde les phénomènes cosmologiques et astronomiques, l’histoire (vraie ?) d’un scientifique parti au pôle nord et y sacrifiant sa vie pour le bénéfice de la science, la mémoire et, comme l’indique son titre, l’A.D.N. et les « évolutions scientifiques et technologiques actuelles et plus particulièrement [le] décodage des molécules d’A.D.N. que l’on trouve dans le noyau des cellules des êtres vivants, y compris l’Homme » avec tout ce que cela peut induire de modifications de la race humaine. Spiros, le guitariste à qui on a tendu le microphone, explique aussi que DNA pourrait se traduite par Dark New Ages à cause du passage au nouveau millénaire. Vous sentez poindre une petite migraine ? Alors, allez chercher du Nurofen parce que la suite va être d’un autre niveau ne touchant plus une minute à la sphère metal. Et tout ça démarre pourtant d’une question anodine concernant la chanson Chaostar. L’évolution de leur style musical s’éloignant drastiquement de leurs débuts, le groupe a un temps songé transformer son nom Septic Flesh en Chaostar. Le reste appartient à l’histoire : les fans rejetteront l’idée en bloc et Chaostar deviendra un projet solo néo-classique. Jusqu’ici, rien de grave. Sauf que…

 « C’est moi qui ait mélangé les termes chaos et star, cela symbolise bien mon idéologie. Cela a la même signification que Phénix ou Dragon. C’est le numéro un, la Matrice. » Donc là, Rabasse secoue son téléphone, se nettoie l’oreille et pense que c’est Bonnet qui lui fait une mauvaise blague. Du coup, il répond ce que tout homme sensé répondrait à ce moment-là : « Hein ? » Spiros, prenant ça pour une invitation à continuer, continue : « Disons que notre réalité constitue une entité et qu’il existe une multitude d’entités qui compose un grand tout. Mais la chose la plus importante, primordiale, est celle que l’on retrouve dans tous les aspects de la réalité. Ce que les alchimistes appelait (paye ta faute !) l’essence, l’Or, la pierre philosophale. C’est ce que moi j’appelle Chaostar. La conscience première. » Et quand Rabasse, le fou, le lance alors sur l’astronomie et le Big Bang et que le guitariste rétorque aussi sec : « Je ne crois pas à la théorie du Big Bang. Je ne suis pas le seul d’ailleurs« , vous comprenez que question metal, c’est mort ! Je vous fais donc grâce de la suite, sauf si parler de modèle stationnaire, d’Univers persistant, de phase d’expansion, de contraction et de Hubble vous rend tout chose auquel cas, je ne peux rien faire pour vous. Alors certes, ça sort des sentiers battus mais niveau musique et composition, vous pouvez vous brosser le crin vigoureusement.

aspirine-dans-verre-deauComme ça, on reste dans l’ambiance.

 On va se détendre un peu les neurones avec Rage Against The Machine, non pas que leur discours soit bas de plafond mais il restera plus terre-à-terre. D’autant que l’interview se faisant par fax interposé (trop rebelle !), entrainant un échange réduit à zéro, ça donne un Tom Morello (guitares) qui peut dérouler comme il veut, personne ne va le contredire. Et ça commence pied au plancher avec un « cet album est meilleur que le précédent, les chansons sont géniales, tout va très bien ! » jamais entendu ailleurs ! Et bien sûr, on en met une couche sur le côté politique de la troupe : « Rage est un groupe de rock « politique » qui ne s’excuse pas de l’être ! Aux USA, le terme « politically correct » a été inventé par les Conservateurs pour rabaisser les artistes ou les gens qui avaient décidé de prendre position sur les questions politiques. » Première nouvelle ! Le bonhomme n’hésite pas à rappeler leur concert en faveur de Mumia Abu-Jamal, un condamné à mort « injustement emprisonné dans le New Jersey« , pour mettre en exergue le pouvoir de la musique en réponse à l’injustice puisque qu’ils ont pu lever suffisamment de fonds pour pourvoir son procès en appel. Là où ça devient cocasse, c’est la façon dont Tom Morello parle de ce prisonnier : « C’est un important dissident politique que le système judiciaire américain essaie d’écraser depuis des années. » Tout est dans le choix des mots, tous empreints d’un sens de la mesure évident. Moi, ça me rappelle quelque chose…

  Compte tenu de la condition initiale de l’entretien, les questions passent du coq à l’âne et rendent tout ça fort décousu. On aborde donc le succès (évidemment inattendu puisque les riffs sont violents avec « un contenu politique révolutionnaire extrêmement agressif » et qu’ils n’ont « jamais eu d’ambitions commerciales« … À se demander pourquoi ils sortent des disques !), que le groupe n’est jamais plus fort qu’ensemble, que RATM est le pur produit de la Californie, melting-pot de punk, heavy et culture urbaine et que former un groupe de rock entraine de grosses pressions personnelles pouvant rejaillir sur la créativité. Comment, on ne le saura pas ! Si on passe l’aspect carrément auto-proclamé de Zorro musical et politique, et la certitude d’être un acteur turbulent dans l’engagement politique, Tom Morello répond exactement là où on l’attend, figé dans l’image que Rage souhaitait se créer depuis le début. Quand on démarre et qu’on est mort de faim, ça passe. Quand on sort son troisième album chez Epic/Sony Music, c’est que quelque part on arrange aussi un peu le système. Certains artistes l’acceptent, d’autres surjouent. Particulièrement quand on en rajoute plusieurs fois sur le côté « lonesome cowboy » (« Compte tenu de la particularité de notre engagement idéologique, c’est vrai que nous sommes toujours plutôt isolés sur le terrain US.« ) au point de développer une condescendance par rapport aux autres groupes qui frise le ridicule (« Cela ne nous empêche cependant pas de partager quelques fois et au coup par coup certaines valeurs avec d’autres artistes. » Messire est trop généreux…) avant de se mordre la queue (« Et puis il y a tous les artistes avec lesquels nous nous sentons bien et avec lesquels nous aimons travailler sans pour autant partager les mêmes vues. » Donc, en gros, on traîne avec tout le monde, quoi… « Et ils sont trop nombreux pour que je les nomme » No comment !). Après quelques dernières tirades sur la pression politique personnelle et l’absence de pression financière (bizarrement non développée), que la pauvreté n’est pas seulement d’ordre économique (« Je connais des gens extrêmement riches qui sont très pauvres dans d’autres domaines. Et inversement… » Wow ! Je vous laisse avec ça.) et qu’être américain n’est pas spécifiquement biologique mais plutôt culturel (surtout pour le pire, dit-il), on conclue avec un auto-compliment où, à la question de savoir si Tom Morello s’apprécie en tant qu’individu, celui-ci répond qu’il est assez content de lui. Heu… C’est moi ou il passe un peu à côté de la question ? En tout cas, une telle modestie dans le discours, un tel sens de la mesure, une telle humilité… Pfiou, j’avais pas vu ça depuis Glen Danzig dites donc.

Ceci dit, plaisanterie mise à part, RATM a été une grenade dégoupillée salvatrice dans les années 90 et quatre excellents musiciens animés d’un discours politique hérité de la ligne dure du Rap US et du hardcore ne peuvent pas faire de mal. On se retrouve aux chroniques pour parler du disque et on va se décrasser un peu les oreilles en attendant.

 Moins nombriliste (encore que…), Bruce Dickinson présentait à l’époque Scream For Me Brazil, un live enregistré… au Brésil (merci Héphaïstos !) ! Alors, pour resituer l’ambiance, le bonhomme était revenu depuis peu au sein de Iron Maiden qu’il avait quitté avec quelques pertes et fracas, les deux entités s’étant par la suite échangés quelques noms d’oiseaux par presse interposée… et voilà qu’il sort un live de sa période solo ! Sachant que c’était ce genre d’envie d’ailleurs qui avait créé cette scission originelle, n’y a-t-il pas dans cette démarche une forme de provocation ? Le journaliste de HnH prend alors sa déontologie à deux mains et s’en est allé interroger le gaillard, une interview menée par… Xavier Bonnet ?? Wtf ?? Mais c’est le Sarkozy de la presse metal ou quoi ?

 Bref, dès la première ligne, nous retrouvons ce sens de l’écriture Bonnetienne (qui va me manquer, si si…) avec une anecdote hilarante puisqu’on apprend que le sieur Dickinson, pilote professionnel de son état, a failli mourir en plein air après qu’un incendie s’est déclarée dans son appareil. Ha ha ha, arrêtez, j’en peux plus ! Donc, cette petite digression faite, on papote du public sud-américain et son rapport chaud-bouillant à notre musique favorite : « Depuis 10 ans, le Brésil est peut-être le pays le plus fidèle au metal. (…) Les gens là-bas n’hésitent pas à se laisser aller aux émotions que la musique leur suggère… Ils ont gardé cette fraicheur qu’un public européen, américain, voire japonais, ont un peu perdu. » Pour une fois, ce n’est pas de la langue de bois car qui a déjà vu l’ambiance et la ferveur d’un public metal d’Amérique du Sud s’en souvient longtemps. Bon, Dickinson reste Dickinson et ne peut s’empêcher d’écraser la craie quand il développe le sujet : « Quand tu vas en Amérique du Sud, tu sais que le public va vraiment écouter et tout partager avec toi qui es sur scène. (…) Là où dans d’autres endroits comme Los Angeles ou Londres, tu sais que tu n’as rien à attendre parce que les gens sont trop occupés à regarder leur reflet dans un miroir ! » Ben n’y va pas si ça t’emmerde ! Et rien ne l’arrête : « (…) devant un public comme en Amérique du Sud, tu te mets à son service, tu travailles pour lui, tu travailles pour lui offrir quelque chose… » ; « Sao Paulo est à bien des niveaux la capitale brésilienne du metal. Tout le monde parle de Rio-ci, Rio-là, alors que Sao Paulo a toujours été plus intense. » Blablabla…

savMerci Bruce !

Ensuite, Bruce nous joue au con. Quand Bonnet lui demande si la sortie de cet album ne va pas encore gratter quelques derniers deniers dans le porte-monnaie des fans déjà heureux mais exsangues de la grande tournée de reformation de Iron Maiden, il répond du tic-et-tac que cela n’a rien à voir. Bonnet, précurseur de Médiapart, insiste, ce qui donne un grand numéro de ping-pong :

« – Tu sais parfaitement bien qui ira l’acheter…

  – Oui, mes fans !

 – Et tu sais que c’est chez Maiden qu’on les trouve pour une grande part !

 – Oui, mais ce sont AUSSI mes fans.« 

 Cette naïveté de croire que tout ça n’interfère pas et que les fans, ces vaches à lait respectables, n’y verront que du feu. Que sortir un live est logique après tant d’albums solo mais qui si on agite un calendrier de sortie assez orienté « pognon » sous son nez, ben non, il dit qu’il voit pas le rapport… Pour Bruce « le public est tout à fait à même de faire ses propres choix » et caetera… Être le chanteur d’un des plus grands groupe de metal du monde et penser que tout ce qu’on fait ne sera pas associé l’un à l’autre, ça me laisse un peu perplexe. Ceci dit, il a raison : les gens font ce qu’ils veulent mais un « fan » peut-il être encore considéré comme une personne lambda ? D’autant que quand Bonnet lui met à plat que son activité solo forcenée peut être vue comme un retour à « mi-temps » chez Maiden, le chanteur lui saute à la gorge : « Non, non, trois fois non. Je me consacre à Maiden à 100% et l’éventualité d’un prochain album solo, je n’y pense même pas à l’heure actuelle ! » Et, si faire des albums solo est « fun« , pour prouver sa bonne foi, il précise bien que si une idée forte lui vient à l’esprit, « c’est à Maiden que je la proposerai en priorité. » C’est beau… sauf qu’à la fin de l’interview, il extrapole sur son possible futur album qui sera « étrange » et loin des desiderata commerciales… ce qui donnera Tyranny Of Souls en 2005… MOUAIS ! Pour le geste anti-commercial et l’expression artistique qui ne rentre pas dans le cadre (comme il le dit lui-même), on repassera ! Pour le reste, ça cause de ses volontés d’avenir au sein de Maiden. Bref, un Dickinson en mode mineur au final.

Et voici donc, dans une qualité dégueulasse, un extrait de ce futur album « étrange et dégagé de ses contraintes commerciales ».

 Nous terminerons avec les français de S.U.P., qui ont donc enfin droit à une véritable place et non un misérable coin de page pour rien dire comme ce fut le cas au dernier numéro. Hein ? Oui, je m’arrête avec eux puisque les groupes qui suivent, à savoir Virgin Steele, Crimson Glory, Luca Turilli (au grand désespoir de Héphaïstos !) et Consortium Project, je m’en bats les pelotes avec une force qui frise l’admiration dans certains milieux autorisés. Si vous croyiez encore que j’allais me taper TOUTES les interviews de chaque magasine, c’est que vous n’avez toujours pas compris ce blog. Voilà, ceci étant posé, revenons à S.U.P. (Spherical Unit Provided) qui fait donc suite à Supuration et SUP et est toujours tenu par les frères Loez. Un nouvel album, Chronophobia, encensé en ces pages et une ambiance de fête digne d’une première partie de Patrick Sébastien.

supPouet-pouet les n’enfants !

 S.U.P. a toujours été un groupe « difficile » à suivre, évoluant au gré de ses envies, de ses changements de nom et de style, perdant l’auditeur lambda dans ses univers tortueux. Il reste malgré tout une exigence de qualité qui ne se dément pas dans l’ensemble de ses travaux et chaque album est une occasion d’aborder un thème particulier et, en général, très peu traité dans la sphère metal. Loin des classiques paroles guerrières, sataniques ou satanico-guerrières, S.U.P. parle de l’absurdité de la vie, de la mort, de l’intelligence artificielle, de l’autisme ou, comme c’est le cas présentement, de la gémellité. Vous vous souvenez des sorties précédentes de Moonspell et de Septic Flesh ? Mesdames et Messieurs, Ludovic Loez !

 « Au départ, j’avais écrit un texte sur un mec qui vivait sa vie à l’envers. Le lendemain, c’est la veille. Le surlendemain, l’avant-veille, etc. Le mec a une trentaine d’années, donc il a vécu trente ans. Ça fait qu’il a soixante ans, mais en fait il en a toujours trente. Je le faisais mourir à la fin, dans un hôpital. Il arrive trente ans avant pour assister à sa naissance, mais avec la même apparence. Et, là, surprise, il y a des jumeaux ! Il a donc un frère. Il ne le savait pas parce que ses parents sont morts. Sa mère à sa naissance et son père après le décès de sa femme (il court dans la rue et se fait renverser par un poids lourd). Comme ça, en français, c’est assez bizarre, mais bon…« 

running-gifAttendez ! C’est pas fini !!

 « Il devait mourir à la fin normalement mais là, il s’aperçoit qu’il y a des jumeaux. Le truc, c’est que depuis le début du disque, les sept premiers morceaux en fait, il est déjà mort, coincé dans la glace. En fait, il délire complétement. Ces sept morceaux durent le temps de sa mort si tu veux. Alors, pourquoi est-il mort coincé dans la glace ? Parce qu’il est parti rejoindre son frère jumeau qui, ayant décidé d’aller vivre seul, abandonné de tous, s’est exilé dans le Grand Nord. Les trois derniers morceaux du disque, c’est la vision de l’autre frère. Celui qui vivait isolé. Comme le premier frère est en lévitation (????), il se voit marcher. Mais en fait, non ! C’est son frère jumeau qu’il voit. Après à la fin, c’est un peu comme Notre Dame De Paris (rires). Il y a un des frères jumeaux, celui qui est toujours vivant, qui, sentant la présence de son frère approcher, décide de partir à sa rencontre. Mais quand il arrive, son frère est mort gelé, coincé à la taille, et il se laisse mourir à ses cotés pour ne plus jamais être seul. Parce qu’il s’est rendu compte que l’amour fraternel est plus important que n’importe quel autre amour.« 

tex-averyMais calmez-vous, voyons, c’est fini !

 Bref, inutile d’aller plus loin, nous avons tous notre petit début de migraine qui revient après Moonspell et Septic Flesh mais comme je m’en voudrai de réduire ce disque et ce groupe à un album concept au résumé imbitable, je vous résume le reste de l’entretien qui se concentre donc sur la gémellité, la part autobiographique des textes, la relation spéciale qui existe entre frères et/ou sœurs, une observation assez négative et pessimiste des autres (découlant d’un comportement très solitaire dudit Loez) et une conclusion sur l’utilité d’avoir un travail qui nous passionne afin de lutter contre l’oisiveté « mais pas pour faire n’importe quoi » : « Si tu as un boulot qui ne t’intéresse pas, autant ne rien faire. » Vaste débat, aujourd’hui encore. Pour terminer, l’album est fascinant, typique des univers hermétiques et froid des frères Loez mais avec un petit quelque chose qui ne les enferme pas dans un projet autiste pour autant. Et dernière particularité, les textes sont traduits en quatre langues !

 Les dernières interviews expédiées comme expliqué plus haut, nous nous retrouvons pour la partie Chroniques. Et on va continuer apparemment à faire au plus court puisque l’album du mois est le dernier Vanden Plas, Far Off Grace. La mise en page reste aussi moche que pour le mois d’avant : une photo ne mettant pas en valeur le groupe (là, on a un mec tout seul avec des lunettes noires assis sur des marches… Super !), la pochette (moche) de l’album représentée façon CD cristal et un texte en tout petit. Néanmoins, reconnaissons que toute la maquette concernant cette partie du magazine est beaucoup mieux présentée (rangée ?) que le numéro 52 de sinistre mémoire : tout est lisible, plus clair et mieux ordonné là aussi, à l’instar de la couverture. Toujours coupée en trois, certes mais tout cela fait plus professionnel, ce qui confirme l’idée que le magasine précédent fut réalisé à l’arraché. Et oui, vous avez bien lu : je ne parle absolument pas de l’album vu que je m’en fous !

 Trois partie, donc. Je ne m’attarderai pas sur la partie HEAVY parce que ça m’emmerde mais, professionnalisme oblige, pour les disques mis en avant, on retrouve Royal Hunt avec Fear et Dream Theater avec Scenes From A Memory. 4 étoiles pour chacun. Voilà voilà, je suis à fond… Bruce Dickinson se prend 4 aussi avec Scream For Me Brazil mais c’est normal, ce mec est un monstre sur scène. En cherchant bien, on trouve quand même Cathedral qui balance une réédition de In Memoriam et cela me rappelle à quel point ce groupe était formidable. Rabasse, au terme d’une critique incompréhensible, lâche « sacrément culte » pour désigner le combo et je ne peux qu’agréer. Pour le reste, Great White, Lefay, Lynyrd Skynyrd et, ho ben dites donc, comment il est entré ? Yngwie Malmsteen’s Rising Force, messieurs dames ! Mort de lol, comme disent les jeunes qui fument de l’herbe de Jamaïque en bas de chez moi. Évidemment, si je dis que le sieur sortait en 1999 un album de death progressif, personne ne me croirait puisque en 2016 il continue encore à sortir les mêmes disques de heavy-speed-néoclassique plein de soli exécutés à la vitesse de la lumière. L’hibernatus du metal !

 Je cite pour la beauté du geste l’album tribute Holy Dio, en hommage à… ? Personne ne suit ! Bref, on passe à la partie EXTREME et quasi d’entrée de jeu, Brutal Truth ! Oui, « quasi d’entrée » puisqu’on croise d’abord A.N.I.M.A.L. (du thrash argentin, enchanté !) et Autumn Leaves (plutôt bien noté), deux groupes passablement oubliés, si on prend « passablement » dans le sens de « carrément ». Bref, le culte de chez culte Brutal Truth qui jetait l’éponge à la presque fin du millénaire et balançait aux foules orphelines son double pavé Goodbye Cruel World – Live From Planet Earth, mi-live, mi-nawak. C’est inaudible, ça va trop vite, c’est punk, ça défoule. Et de toutes façons, quand on a sorti comme premier album une pierre angulaire du genre, on a à s’excuser de rien. Allez, pour le plaisir… Une douceur ?

 Mais Brutal Truth n’est que l’arbre qui cache l’immense forêt car le reste se décarcasse plutôt pas mal. En disque « pas du mois mais vraiment pas loin« , on y couche déjà Ravishing Grimness des affreux jojos de Darkthrone. Moins délibérément crado au niveau du son qu’un Transylvanian Hunger, il n’en reste pas moins un brouet infâme pour tout fan de Angra. Mais en se plongeant plus avant, on découvre un sens de la composition aiguisée et une ambiance à nulle autre pareille, du genre cave humide et misanthropie palpable. Essentiel, car derrière ce bric-à-brac occulte se trouve aussi une palanquée de riffs imparables suintant le mal. Oui oui, c’est à mettre dans le panier culte aussi.

 Autre disque mis en avant, Revolution DNA de Septic Flesh qui tournait le dos à son death metal mélodique des débuts pour s’égayer, façon de parler, vers le gothique. Jamais écouté cet album mais pour info, il a été remasterisé récemment. La pochette a été modifiée par la même occasion, ce qui n’est pas un mal devant la mocheté de la première version. Dieu que c’était laid ! Rien à voir avec celle, sublime, du Still Life de Opeth (dont la réédition a un poil trop forcé sur le rouge… Je dis ça…). D’ailleurs, tout l’album est au niveau de l’illustration : les compositions à tiroirs, passionnantes alors qu’elles font du 8 minutes en moyenne, les guitares acoustiques, le son, des musiciens impliqués, l’extrême qui taquine le folk et inversement, et surtout cette putain de VOIX ! Cette capacité à la balader des abysses à la clarté avec une aisance impressionnante, renforçant cet ensemble magnifique, cette beauté mélancolique, ce chef-d’œuvre trop souvent dans l’ombre de son écrasant successeur. Ne pas écouter ce disque est passible de sanctions sévères dans certains pays, vous savez. 4 étoiles sur 5, c’est trop peu !

 Le reste des chroniques n’est pas avare de très bonnes notes pour Gothic avec Criminal Art Motivation, Devilyn avec Reborn In Pain, Deranged avec III, Animatronic de The Kovenant (ex-Covenant qui avait sorti un album de black symphonique très intéressant) et Graveworm avec As The Angels Reach The Beauty, à la pochette chatoyante et au pompage à l’inspiration très Cradle Of Filth musicalement. Cannibal Corpse revenait aussi avec une nouvelle horreur intitulée Bloodthirst et des titres fleurant bon la violette tels que Dead Human Collection, Raped By The Beast ou Hacksaw Decapitation. Une brise délicate, une senteur de muguet au printemps comparé aux ignobles et purulents (il n’y a pas d’autres mots) Last Days Of Humanity qui atomisent la notion de musique, de mélodies, voir même de notes tout simplement. 23 morceaux absolument gerbants aux titres idoines (allez, vous avez une bonne tête, je vous en sers quelques uns : Maggot Feast On A Swollen Fetus, Rectal Bowell Inquisition, Orgasmic Abortion, Defecating Anal Sludge et ouvrez la fenêtre, je ne me sens pas très bien, merci !), une pochette atroce et une ambiance générale qui ferait passer les déjà bien fermentés Mortician pour du Adele. Équivalent musical à un micro posé sur votre estomac après un bon cassoulet, Hymns Of Indegistable de Last Days Of Humanity est le disque le plus répugnant que mes chastes oreilles aient jamais entendu et… Hein ? Bien sûr que j’ai un album d’eux, voyons ! Du coup, Mortiis parait bien pâle à côté de tout cet étalage de tripes avec son The Stargate atmosphérique. Est-ce son costume de scène délirant (le gus est habillé en elfe des pieds à la tête, maquillage inclus !) qui lui vaut sa place dans cette rubrique ? Non parce que musicalement, on est plus proche d’une B.O. pour un RPG sur Playstation (la 1 !) que d’un Dimmu Borgir. Enfin, 3 étoiles, c’est bien payé… Bien plus que pour Tristania qui se mange une beigne avec son Beyond The Veil. 2 étoiles sous prétexte que sa ligne musicale est difficile à suivre : wtf ?

Je suis charitable, j’ai choisi un morceau (très) court et la pochette la moins dégueulasse.

 Terminons avec la partie fourre-tout, aussi dénommée NEO-METAL, où l’on trouve du « gothique irlandais », du « thrash/death » et du « thrash metal core millesimé. » 3 grosses sorties remarquées. Primo, The Battle Of Los Angeles de Rage Against The Machine, troisième (et dernier) album, un cran au-dessus du précédent Evil Empire mais toujours loin derrière leur intouchable premier jet éponyme. Un héritage dont le groupe semble enfin se détacher. Le message est toujours revendicatif à souhait mais musicalement RATM décolle bien, expérimente bien comme il faut et grave un disque très varié, piochant dans le hip-hop, le jazz, le funk et plongeant tout ça dans un grand bain d’acide électrique. Des riffs comme s’il en pleuvait, quelques hymnes de plus (Testify, Guerilla Radio, Mic Check, Maria…) et des soli de guitares venus d’une autre dimension. Et les quatre de réaffirmer que tous les sons sont le fruit de guitares, basse, batterie et voix. Dommage que tout soit parti en eau de boudin pour en arriver à une copie pathétique aujourd’hui avec Prophets Of Rage.

Une chose inconnue jusqu’à alors fait aussi son apparition : l’humour !

 Deuxième grosse sortie et pas des moindres : The Fragile de Nine Inch Nails. Après 5 ans d’attente, le torturé Reznor nous livre enfin son troisième album et il ne va pas mieux. Ce doit même être la pire période pour le musicien qui semble mener une lutte désespérée contre ses démons via ce double disque culminant à près de 103 minutes de vide introspectif et de dépression démentielle. Bidouillé à l’extrême, complexe et déroutant, Reznor met de côté les « trucs » de The Downward Spiral et frustre par son aspect moins rentre-dedans autant qu’il fascine par les aspérités nouvelles qu’il donne à sa musique, entre creux abyssaux et pics d’une pureté absolue. Inconfortable et exigeant, The Fragile est un disque qui demande patience et abnégation, ainsi qu’une bonne prescription de Xanax et de Prozac pour en venir à bout. La longue tournée qui suivra verra Reznor s’enfoncer progressivement, ses concerts devenant de longues thérapies cathartiques. Effrayant mais absolument essentiel. 5 étoiles de rang, ça aurait du être le disque du mois mais bon… je ne vais pas me fâcher.

 Troisième grosse sortie, pas du tout mise en avant par contre, le sixième album de My Dying Bride, The Light At The End Of The World, qui revenait à des sonorités doom et misérables. Après un 34,788%… Complete qui a déconcerté beaucoup de fans dans ses expérimentations rock/gothique/électronique (pour un résultat honorable et moins tranché que ne le fit Paradise Lost avec Host), le sextet de Bradford reprend la recette qui a fait sa gloire : pesanteur, riffs graves, ambiance de plomb et chant de condamné à mort recevant sa taxe d’habitation. C’est beau, c’est triste comme un amour perdu (thème central de cet album), c’est funeste et c’est long ! 71 minutes à la ligne d’arrivée ! Mais quand on aime, on ne compte pas, c’est bien connu.

my-dying-bride-the-light-at-the-end-of-the-worldJ’ai mis des années à comprendre cette pochette…

 Pour le reste de ces sorties « neo-metal », pas de quoi se relever la nuit. On y retrouvait Creed, Human Clay et son rock chretien, Ebony Tears, Incubus avec Make Yourself (qui se fait dé-fon-cer !), Oomph! avec Plastik et Oversoul, des bordelais qui ont La Rage. Seul Stuck Mojo relevait un peu la tête mais ils n’ont jamais percé par nos contrées. À noter aussi la descente en flammes de Drain, groupe exclusivement féminin de quatre bonnasses suédoises propres sur elles et qui connaissaient bien leur petit Alice In Chains Pour Les Nul(le)s sur le bouts des ongles. J’étais tombé amoureux d’elles à l’époque mais que voulez-vous, j’étais trop jeune… Rhalala, ce temps perdu… Pour elles, hein ! Moi, ça va, merci.

 Je vous expédie les Chroniques Import toujours sponsorisés par la FNAC sauf si Parzival, Roadsaw, Skitsystem ou Global Noise Attack sont des noms qui vous émoustillent, auquel cas n’hésitez pas à m’en faire part dans la section commentaires, je me ferai une joie de vous bannir me pencher sur la question. Par contre, on peut ostensiblement se permettre de faire quelques lignes modestes sur The Desert Sessions 5 & 6, sorte de grande partouze stoner et blues à laquelle participe entre autres les musiciens de Queens Of The Stone Age ou Screaming Trees. On fait un mini tour, vu la taille riquiqui de la rubrique, chez Born Killers et parmi les trois démos sélectionnées du mois, je signale l’apparition importante de The Old Dead Tree avec le quatre titres The Blossom. Une pochette soignée et une ambiance mélancolique qui n’ira pas en s’arrangeant marquent l’entrée d’un futur grand qui n’aura cependant pas le succès mérité. Enfin, il en aura toujours plus que ses deux camarades en ce mois de novembre 1999, Namtar et Hord Of Mammouths. Dommage que ce dernier n’ait pas percé, j’aime beaucoup ce nom !

 Bon, la partie live, comme toujours, on l’oublie et, plus particulièrement dans le cas présent tant la mise en page et les textes sont d’un amateurisme décoiffant. Rien que pour le concert de Vanden Plas, on a une photo du groupe en énorme. Du groupe. Pas en concert. Pour illustrer un concert. ?????. Et pour les trois personnes maniaques et à la vie de merde qui posséderaient encore ce numéro (comme moi), NON, les quatre vignettes minables collées en dessous ne font pas office de photos live pour moi !

 La suite au prochain numéro…

Le CD Sampler 18 du mois de novembre 1999

053-18Un sampler dans la bonne moyenne avec une nouvelle reprise ce mois-là. C’était Moonspell qui s’y collait avec Sacred de Depeche Mode. On découvrait aussi le naufrage de Machine Head et on était ébloui par Opeth dont le morceau Moonlapse Vertigo était livré dans son intégralité. Je dis ça pour ceux qui écoutent les samplers de Rock Hard à qui il faudra expliquer que sabrer un morceau n’en fait pas pour autant une « version inédite hors-commerce » ! Pour le reste, l’étal est varié : du heavy, du power, du black, de l’indus… (Réalisation : Jeff Veillet. Désign : Albert.)

  1. Moonspell : Sacred – Disponible dans la réédition de 2econd Skin
  2. Septic Flesh : Revolution – Revolution DNA
  3. Machine Head : The Blood, The Sweat, The Tears – The Burning Red
  4. Opeth : Moonlapse Vertigo – Still Life
  5. Royal Hunt : Lies – Fear
  6. Consortium Project : Humanitarium – The Consortium Project
  7. Virgin Steele : Kingdom Of The Fearless (The Destruction Of Troy) – The House Of Atreus – Act 1
  8. At Vance (on va être en retard) : All For One, One For All – No Escape
  9. Mob Rules : Secret Signs – Savage Land
  10. Bewitched : Let The Blood Run Red – At The Gates Of Hell
  11. Oversoul : Saison En Enfer – La Rage
  12. The Kovenant : Mirror’s Paradise – Animatronic
  13. Limbonic Art : The Dark Paranormal Calling – Ad Noctum Dynasty Of Death

 

gros-maleOui, ben râlez autant que vous voudrez mais je ne peux me permettre d’ignorer le nombre sans cesse croissant de lectrices qui visitent ce site et qui ne m’ont jamais vu après avoir terminé un de mes articles (c’était l’été, j’avais un peu chaud…). Dont acte !